‹ Cent morceaux choisisChapitre 38 sur 89 · A LUCIEN · texte numérisé non relu

A LUCIEN

Enfant de M. Chs Langelier.

Enfant, sous les langes de toile Dont s’enveloppe ton sommeil, Dis-nous, à ton premier réveil,

Le doux mystère qui te voile.

Dis, quelque chérubin vermeil T’a-t-il apporté dans son voile ?

Es-tu le reflet d’une étoile ?

N’es-tu qu’un rayon de soleil ?

Et le petit que l’on adore,

De son regard que le ciel dore.

De son regard tendre et vainqueur.

Répond : — Je suis l’être éphémère Né du sourire de ma mère Reflété dans un noble coeur.

A JEHIN-PRTJME

Tu m’as vu souvent applaudir, entraîné

Par ta verve attendrie et ta grâce énergique, Grand artiste inspiré que la noble Belgique,

En talents si féconde, un jour nous a donné.

Quand ton jeu sombre et doux, caressant ou tragique, Berçait ou remuait l’auditeur fasciné,

Comme le nerf sonore, ami, j’ai frissonné Bien des fois sous le coup de ton archet magique.

Et pourtant je sentais que l’ingrat instrument, Sur lequel tu faisais vibrer si puissamment Toute la passion qui te couvait dans l’âme,

Comme au poète ardent le rythme au son moqueur. Ne répondait qu’à peine aux élans de ton coeur . . . Mais, voyant le reflet, je devinais la flamme.

A Mme ANGELINA B ***

Au beau pays de l’or quel attrait vous enchaîne, Vous, la plus fraîche fleur de nos cercles aimés, Vous qu’on ravit un soir à nos regards charmés.

Et qu’on devait nous rendre à la saison prochaine !

Qui sait ? Peut-être, hélas ! qu’en ces lieux embaumés Où le jour est si pur et la nuit si sereine,

Et puis où vous régnez sans doute en souveraine,

Vous oubliez un peu nos cieux moins parfumés.

Oh ! revenez ! — Là-bas, sur ces rives fleuries.

Plus doux sont les parfums, plus vertes les prairies, Les bosquets plus touffus, les échos plus charmants;

Les oiseaux plus dorés ont la voix plus étrange . . .

Mais ici l’on soupire à votre cher nom d ange ;

Nos climats sont plus froids, mais les coeurs plus aimants.

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