‹ Cent morceaux choisisChapitre 43 sur 89 · CHÈRE RELIQUE · texte numérisé non relu

CHÈRE RELIQUE

Je possède un bouquet de pauvres fleurs fanées, Que je garde, jaloux, comme on garde un trésor; Car dans ce cher débris je crois trouver encor Le parfum de la main qui me les a données.

Et quand mon souvenir remonte en son essor De mes jours de bonheur les rives fortunées, Sur ces roses, que seul le temps a profanées,

Un doux rayon d’amour sème des reflets d’or.

Pauvres fleurs !... bien souvent, inutiles rosées. Les larmes de mes yeux vous auront arrosées,

Sans rien vous rendre, hélas ! de votre éclat vermeil.

N’importe, je vous aime, ô reliques bénies !

Restez là sur mon coeur; et mes lèvres ternies Vous presseront encor dans mon dernier sommeil !

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