LUI
11 a bientôt deux ans. Parfois, quand je le gronde, Il baisse ses grands yeux qu’une larme a ternis;
Et puis, avec des airs de douceurs infinis,
Il relève vers moi sa belle tête blonde.
Et tout à coup, — l’enfance a ces retours bénis, — D’un sourire joyeux sa figure s’inonde;
Il jase en éclatant de rire, et sa faconde
Semble un gazouillement d’oiseaux au bord des nids.
Alors au fond de moi quelque chose remue;
De tendresses sans nom ma pauvre âme est émue; Sous mes cils à mon tour je sens des pleurs jaillir .
Merci, mon Dieu, merci ! vous dont la pitié sainte A mêlé ce rayon de miel à notre absinthe :
L’enfant aimé pour nous consoler de vieillir !