‹ Cent morceaux choisisChapitre 65 sur 89 · RÉPONSE · texte numérisé non relu

RÉPONSE

au sonnet d’Arvers.

Non, non, votre secret n’était pas un mystère.

Cet amour éternel discrètement conçu.

Vous avez, ô poète, eu grand tort de le taire : Celle que vous aimiez l’a toujours fort bien su.

Vous n’avez point passé près d’elle inaperçu; Votre âme à ses côtés n’était pas solitaire;

Mais vous avez perdu votre temps sur la terre : N’osant rien demander, vous n’avez rien reçu.

Les femmes ont le coeur aussi subtil que tendre ; Pas une, soyez sûr, qui marche sans entendre Le moindre des soupirs exhalés sur ses pas.

A l’instinct de leur sexe uniquement fidèles.

Des centaines, croyant vos vers tout remplis d’elles, Raillaient votre silence ... et ne vous plaignaient pas.

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