RÉPONSE
au sonnet d’Arvers.
Non, non, votre secret n’était pas un mystère.
Cet amour éternel discrètement conçu.
Vous avez, ô poète, eu grand tort de le taire : Celle que vous aimiez l’a toujours fort bien su.
Vous n’avez point passé près d’elle inaperçu; Votre âme à ses côtés n’était pas solitaire;
Mais vous avez perdu votre temps sur la terre : N’osant rien demander, vous n’avez rien reçu.
Les femmes ont le coeur aussi subtil que tendre ; Pas une, soyez sûr, qui marche sans entendre Le moindre des soupirs exhalés sur ses pas.
A l’instinct de leur sexe uniquement fidèles.
Des centaines, croyant vos vers tout remplis d’elles, Raillaient votre silence ... et ne vous plaignaient pas.