‹ Cent projets de partage de la Turquie, 1281-1913 (volume 2)Chapitre 112 sur 280 · Hurmuzaki, IV. 2. p · texte numérisé non relu

Hurmuzaki, IV. 2. p

Djuvara. 14

au doge de Venise le 17 décembre 1645, avait été avisé de Fagression qui se préparait ; il informe qu'il a expédié la Princesse et les Dames de sa cour et que lui-même tient son cheval sellé, prêt à partir : « Et noi restiamo in piedi col solo cavallo espediti, aspettando d'hora in hora Fesito. » Il se lamente : qu'a t-il fait pour mériter cette incursion ? Le diable lui-même ne saurait l'expliquer : « Questo ne anco li Demonij comportarebbero ; quando ci hanno richiesto che non gli habbiamo dato?... Che disobbienza ? Che tradimento habbiamo fatto ? » * Mais il laisse entendre qu'il est homme à se venger, parce qu'il tient à la vie : « Perché la vitta è la più dolce cosa del mondo. »

Le Roi de Pologne, pour venger Fagression dont il avait été la victime, poursuivait le but de faire une alliance avec le Gzar de Moscou contre les Tartares. C'est alors que le vindicatif Basile-le-Loup conçut l'idée d'élargir cette action et de conclure une ligue générale de l'Orient et de l'Occident contre la puissance Ottomane. Son projet était de conquérir Azow, de reprendre la Crimée et de pousser ensuite jusqu'à Constantinople : « Il n'était pas le seul, dit M. Jorga, que les événements autorisaient à croire à la possibilité d'une attaque victorieuse contre Constantinople. »

Dans l'espoir de cette nouvelle croisade chrétienne, Basilele-Loup attendait le Roi de Pologne à Jassy. Mais la Diète de Pologne, convoquée en août 1646, mit fin aux plans du Prince moldave, avant que — octobre 1646 — un envoyé polonais fut arrivé à Constantinople ; celui-ci fit part à la Porte des intentions pacifiques du Roi.

En effet, Soranzo écrit au Doge le 10 août 1646 que,

4. Selon M. Al. Xenopol, Vasile Lupu n'était pas aussi innocent qu'il le proclamait. 11 aurait le premier attaqué les Tartares et leur aurait arraché le butin que ceux-ci avaient emporté de Russie ; les Tartares revinrent ensuite châtier l'acte d'inimitié des Moldaves, alliés des Turcs (II, p. 19).

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