‹ Cent projets de partage de la Turquie, 1281-1913 (volume 2)Chapitre 2 sur 280 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

« Dès qu'il y a eu des Turcs en Europe, il y a eu une question d'Orient », a dit Albert Sorel, et on peut ajouter qu'il y a eu des projets et même des tentatives pour les chasser. Voilà six siècles que les puissances chrétiennes, sous des formes variées, donnent l'assaut à la puissance ottomane. On ne trouverait pas d'autre exemple d'un Etat dont le démembrement a été projeté pendant des siècles et qui, jusqu'à ces derniers temps, a résisté dans ses parties essentielles au milieu de difficultés de toute sorte, d'ordre intérieur ou extérieur. Dans bien des cas, on l'a cru à la veille de sa fin, et il se relevait, soit par sa propre force, soit grâce à des secours imprévus, jusqu'à ce qu'en dernier lieu, les coups les plus rudes lui aient été portés dans des circonstances que l'on ne prévoyait guère. Lorsque la guerre balkanique s'est engagée en 1912, on ne supposait pas que la défaite de la Turquie serait aussi prompte et aussi complète ; on songeait plutôt à protéger éventuellement les états alliés contre les conséquences de ce que l'on regardait comme une singulière témérité de leur part.

La question d'Orient a été l'occasion de nombreux

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