Voy. YUniversul du 21 janvier
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PROJET DE BRESNITZ VON SYDAROFF
(1898) Carte XV
Bresnitz von Sydakoff est le pseudonyme de M. Philipp Fr. Bresnitz, rédacteur de la Parlamentarischc Correspondenz de Vienne. La brochure : Soll die Tùrkei getheilt werden?1 parue après la guerre entre la Turquie et la Grèce, montre l'effervescence, de plus en plus menaçante, qui règne dans l'Orient européen : toute la péninsule balkanique sera bientôt en feu. La Turquie n'est plus susceptible de réformes, comme l'espèrent certains optimistes. L'Europe a donc le devoir d'introduire un nouvel ordre de choses : le temps des petits moyens est passé.
L'auteur passe en revue les révoltes de Crète, les mouvements de Bosnie en 1875 et la dernière guerre gréco-turque ; mais ce n'est pas pour la Grèce que la Russie tirera Fépée ; les enfants préférés de la Russie sont les Bulgares et les Monténégrins. Le temps est proche, où les émissaires russes prêcheront la nouvelle croisade contre le croissant musulman. La question albanaise est aussi une des plaies saignantes de la Turquie. M. Bresnitz reproduit le mémorandum de la nation albanaise chrétienne et musulmane, demandant que
1. Ein Mahnwort an Europa in zwolfter Slunde, Berlin und Leipzig, 1898, in-8 de 4-71 p. Du même Kônig Cari, Rumaenien und die Rumaenen, Leipzig, Luchhardt, 1897, in-8; Die Christenverfolgung in der Turkei, Berlin, 1896 ; Bulgarien und der bulgarische Furstenhof, Berlin, 1896 ; Geschichte Serbiens, Berlin, 1899; Dos Ende der Dynastie Obrenovic, Berlin, 1899.
les quatre vilayets de Skodra, Skopia (Usktib), Monastir et Janina forment une province autonome sous la suzeraineté du Sultan, avec fonctionnaires albanais et une organisation administrative où Ton use officiellement de la langue albanaise. La Porte fit la sourde oreille.
En Macédoine non plus, le gouvernement ottoman ne réalisa aucune réforme. C'est à l'Europe de s'en occuper, car les chrétiens macédoniens ne sauraient gagner eux-mêmes leur indépendance. Grecs, Bulgares, Serbes aspirent à la fois à la Macédoine. Les Roumains de la Macédoine sont un élément conservateur ; ils peuvent jouer un rôle cultural important. En tout cas, on doit songer sérieusement à mettre fin au régime du prince Bakshisch en Turquie; il est impossible que cette situation dure encore.
Si Ton ajourne le partage de la Turquie, il y aurait un plus grand danger pour l'Europe . On doit partager toute la péninsule balkanique en deux parties : une orientale et l'autre occidentale; comme frontière on leur donnerait, en partie la Struma, en partie le Wardar. Dans la partie occidentale, les royaumes serbe et grec, ainsi que la principauté monténégrine obtiendraient les circonscriptions qui contiennent leurs nationaux sans mélanges, tandis que le reste de l'Albanie et de la Macédoine serait administré par l'Autriche- Hongrie, dans les mêmes conditions qu'elle a administré la Bosnie et l'Herzégovine après le traité de Berlin.
La Crète serait annexée à la Grèce. Pour aider à la régénération de la Grèce, de la Serbie et du Monténégro, ces Etats s'uniraient avec F Autriche-Hongrie par une entente, comme celle qui existe entre la Prusse et les états allemands; l'auteur a en vue, évidemment, un Zollverein balkanique, sour la tutelle austro-hongroise.
Dans la partie orientale, la Roumanie prendra le rôle civilisateur de T Autriche-Hongrie. A cet effet, la Bulgarie s'uni-
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rait, en une union personnelle, avec la Roumanie, sous le sceptre du roi Charles Iorl; la seconde partie de la Macédoine serait partagée entre la Bulgarie et la Roumanie.
Gonstantinople et les territoires, jusqu'à Mustapha-Pacha au nord et jusqu'à la montagne de Rhodope au sud, appartiendraient à la Bulgarie et à la Roumanie par moitié et recevraient la même organisation que F Alsace-Lorraine dans l'Empire allemand.
Voilà, dit M. Bresnitz, le seul partage raisonnable et possible de l'Empire ottoman, parce qu'il garantirait non seulement les intérêts des chrétiens d'Orient, mais aussi les intérêts de l'Europe. De la sorte la Russie ne pourrait plus troubler constamment la paix, pour en arriver à planter son drapeau sur la Corne d'Or. La péninsule balkanique doit être européenne, ou bien l'Europe deviendra russe : il n'y a pas de tierce solution.
L'année suivante parut la brochure : La Question d'Orient an XXe siècle (Nice, 1899, in-8), où V. de Gorloff préconisait ces partages : Constantinople, le Bosphore, la Galicie et la Pologne autrichienne à la Russie , la Transylvanie à la Roumanie; l'Albanie du Sud à la Grèce; le Monténégro, la Bosnie et l'Herzégovine à la Serbie; la Macédoine avec Salonique et la Thrace avec Andrinople jusqu'à Tchataldja à la Bulgarie; la Hongrie et la Bohême indépendantes; le reste de l'Autriche, avec Vienne, à l'Allemagne.
1. Cette idée fut officiellement émise par Stamboulof, l'ancien Président du Conseil des Ministres de Bulgarie.
Djuvara.