PROJET DE PARTAGE DE CONSTANTINOPLE
Nous avons passé en revue une centaine de projets de partage de l'Empire ottoman ; ces partages devaient s'effectuer non seulement entre les puissances voisines, mais encore entre des Etats lointains. Gela ne suffisait pas. Gomme Gonstantinople fut toujours la pomme de discorde qui empêcha que l'entente s'établît, on pensa tout naturellement à se partager même cette ville.
L'idée fut émise par V Indépendance Belge, le 7 janvier 1912, c'est-à-dire quelques mois avant qu'éclatât la guerre de la quadruple alliance balkanique contre la Turquie; elle est formulée dans une correspondance datée de Salonique, 29 décembre 1911. L'auteur soutient que la question d'Orient constitue, au fond, le problème de savoir à qui appartiendra Gonstantinople et, par suite, qui détiendra la clef des Dardanelles. Il est incontestable que les Turcs ne pourront jamais rien faire pour Gonstantinople, où, pour tirer parti de l'incomparable configuration de la ville, il faudrait dépenser au moins dix milliards de francs en quinze années. La Turquie ne saurait se procurer cette somme, et pût-elle le faire, on lui avancerait ces fonds à des conditions onéreuses.
1. Appelée par les anciens Byzantium, par les Turcs lstamboul ou Stamboul. Un document de la Bibl. Arch. Impériale de Vienne (f° 698) daté du 15 mai 1599 et publié par M. Nie. Jorga {Hurmuzaki, t. XII, 1903, p. 433) nous révèle qu'on aurait voulu donner à Constantinople le nom de Clémentine en l'honneur du Pape Clément VIII ; « Et spero, non Constantinopoli, ma Clementina questa città doversi chiamare. »
1 1..|.. CJi.T)elam-.-.vB.!\i