GUERRE DE LA QUADRUPLE ALLIANCE BALKANIQUE
ses traditions nationales et fière de sa supériorité morale, elle s'engage, pleine de foi, dans la lutte où, par son sang, elle veut racheter la liberté des opprimés.
La Grèce, avec les Etats alliés ses frères, poursuivra à toutprix son but sacré en invoquant l'appui du Tout-Puissant dans sa juste lutte pour la civilisation.
Vive la Grèce !
Vive la nation !
Le roi Ferdinand de Bulgarie adressa également cette proclamation au peuple bulgare :
Bulgares !
Au cours de mon règne de vingt-cinq ans, j'ai toujours cherché dans un paisible travail de culture le progrès, le bonheur et la gloire de la Bulgarie, et c'est dans cette direction que je voulais voir marcher constamment la nation bulgare. Mais la Providence en a jugé autrement. Le moment est venu où la race bulgare est appelée à renoncer aux bienfaits de la paix et à recourir aux armes pour la réalisation d'un grand problème.
Par-delà le Rilo et le Rhodope, nos frères de sang et de religion n'ont pas eu le bonheur, jusqu'à ce jour, trente-cinq ans après notre libération, d'acquérir une vie humaine supportable. Tous les efforts faits pour atteindre ce but, aussi bien par les grandes puissances que par les divers gouvernements bulgares, ne réussirent pas à créer des conditions permettant à ces chrétiens de jouir des droits et de la liberté accordés à tous les humains.
Les larmes de l'esclave balkanique, le gémissement de millions de chrétiens n'ont pas pu ne pas ébranler nos cœurs, à nous, leurs congénères et coreligionnaires, qui sommes redevables de notre liberté et de notre vie paisible à une (grande libératrice chrétienne. Et la nation bulgare se souvient des paroles prophétiques du Czar libérateur. L'œuvre sacrée doit être menée à bout.
Notre amour de la paix est épuisé. Pour secourir la population chrétienne en Turquie, il ne nous reste plus d'autre moyen que de nous tourner vers les armes. Nous voyons que c'est par ce seul moyen que nous pourrons assurer la protection de sa vie et de ses biens. L'anarchie, dans les provinces turques, a menacé même notre vie nationale. Après les massacres d'ichtib et de Kotchana. au lieu d'accorder justice et satisfaction aux éprouvés, comme nous le demandâmes, le gouvernement turc a ordonné la mobilisation de ses forces militaires.
Notre longue patience fut ainsi mise à une rude épreuve. Les
sentiments humanitaires des chrétiens leur font un devoir sacré de secourir leurs frères, lorsqu'ils sont menaces d'extermination. L'honneur et la dignité de la Bulgarie m'imposèrent le devoir impérieux d'appeler sous les drapeaux ses fils préparés pour la défense de la patrie. Notre œuvre est juste, grande et sacrée.
Avec une foi recueillie dans la protection et l'appui du Tout- Puissant, je porte à la connaissance de la nation bulgare que la guerre pour les droits humains des chrétiens de Turquie est déclarée. J'ordonne à la brave armée bulgare de marcher sur le territoire turc.
A nos côtés et avec nous, combattront dans le même but contre l'ennemi commun les armées des Etats balkaniques alliées à la Bulgarie, la Serbie, la Grèce et le Monténégro. Et dans cette lutte de la Croix contre le Croissant, de la liberté contre la tyrannie, nous aurons les sympathies de tous ceux qui aiment la justice et le progrès.
Fort de ces sympathies, que le valeureux soldat bulgare se souvienne des actes héroïques de ses pères et de ses aïeux et de la vaillance de ses maîtres libérateurs russes et qu'il vole de victoire en victoire.
En avant! Que Dieu soit avec nous!
Dans le manifeste que le roi Pierre adressa à son tour au peuple serbe, il rappelle les souvenirs historiques de la vieille Serbie «mère célèbre et infortunée de notre royaume, noyau de l'Etat serbe, berceau des anciens rois et empereurs, où se trouvent les célèbres capitales de la dynastie des Nemanitch : Novi-Bazar, Pristina, Uskub, Prizrend; où vivent nos frères de sang, de langue et de coutumes, les fils de la conscience nationale, qui partagent nos vœux et nos aspirations. Le gouvernement ottoman, conquérant et exclusif, a exterminé nos frères au cours des siècles écoulés. Depuis le traité de Berlin, le meurtre, l'expulsion en Asie, et jusqu'à ces derniers jours le dispersement forcé, le mahométisme imposé aux femmes et aux hommes, la non-reconnaissance de notre religion, de notre langue, et du nom serbe, ont été à la base du gouvernement turc. » Il conclut par un appel chaleureux :
Avec l'aide de Dieu, j'ai ordonné à mon armée valeureuse de