‹ Cent projets de partage de la Turquie, 1281-1913 (volume 2)Chapitre 66 sur 280 · t. II, !" partie, p · texte numérisé non relu

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Albert de Wyss, adressé à l'empereur Maximilien II le 6 février 1567 :

Orator ille Gallicus Monsieur du Grand Ry, qui cupiebat ducere uxorem Pétri Vaiuodse Valachiœ sororem, repulsam passus est. Habuit virginis matrem ab hoc matrimonio prorsus alienam quse latinse religionis virum affinitate sibi coniungere noluit. Repetit autem nunc Orator vestes et munera quae puellae dono miserat, pendet lis apud Mehemetem passam et nondum sententia lataest. Aspirabat homo ille per connubium ad Praefecturam Valachiae, ut déficiente aliquando Petro Vaiuoda a Principe Turcharum provinciam impetraret; factus est nunc fabula vulgi. Res illi fuit cum hominibus Graecis, peruersis scilicet, auaris et Turcica indole prœditis qui solis uerbis quantumuis mellitis, difficulter inescantur l.

Ainsi nous apprenons encore que la princesse Kiajna avait refusé Granchamp, sous le prétexte qu'il était catholique ; que celui-ci s'était rendu la fable de la ville et qu'il avait arrangé toute cette affaire de connivence avec les Grecs de Gonstantinople. Le 14 juillet 1570, Edouard de Provisionali écrit à l'Empereur qu'il serait temps que le Roi de France rappelât Granchamps : « Non sarebbe se non cosa santa che il suo Re lo leuasse quanto prima di questo paese2. »

Granchamp, une fois installé sur le trône roumain, comptait remplacer son futur beau-frère le Voévode Petru III Schiopal (Pierre-le-Boîteux) . Mais l'astucieuse princesse mère flaire le danger et s'en plaint incontinent au Grand- Vizir 3. Grantrye de Granchamp, voyant son plan déjoué, proposa à la Porte de le nommer Prince des deux Principautés roumaines, qu'il coloniserait avec des Français huguenots;

3. Jonesco-Gion, lncercare de colonisare in tara romaneasca in secolal XVI, Bucarest, libr. Alcalay, 1896. Sur la Princesse Kiajna, v. le livre d'Odobesco : Doamna Kiajna ; Cf. Xénopol, I, p. 316-321 ; elle réussit plus tard à placer ses deux fils, Alexandre II en Valachie (1567-1577) et Pierrele-Boiteux en Moldavie (1574-1579).

il insinuait que les huguenots et les Turcs avaient presque la même religion, puisqu'ils ne mettaient ni statues ni peintures dans leurs églises ; il laissait même entendre qu'avec le temps les huguenots admettraient la circoncision, qui seule les différenciait des musulmans. Il s'était fait précéder à Constantinople par M. de Ville-Couin, fils naturel du roi François Ier ' qui y avait préparé le terrain, avec le concours des Grecs. Il avait également gagné l'assentiment de Jean Sigismond Zapolya2, appelé il Tra?isilvano, auquel il avait promis d'obtenir la main de Marguerite de Valois, la célèbre Reine Margot, sœur du roi de France Charles IX, popularisée par le roman d'Al. Dumas; Mahomet Bey se rendit à Paris, en 1569, pour proposer ce mariage au nom du Sultan. Hammer 3, se basant sur un rapport d'Albert de Wyss, dit, à ce propos :

Le Grand Vizirenvoya au roi de France l'interprète Mahmoudbeg, chargé de lui demander la main de la princesse Marguerite pour Sigismond de Transylvanie, auquel il voulait par ce moyen aplanir les voies au trône de Pologne.

Il publia également un extrait du Rapport de l'Ambassadeur vénitien, se trouvant dans les Archives de la maison I. R. d'Autriche :

« Mahmout mandato in Francia per persuader ic Redisposarla sua sorella Margarita al Transilvano con promessa di parlo Re di Polonia dopo la morte del Re » . 2 oct. 1569 (par erreur 4559) , et 17 avril delà même année: « Mamut porta tre lettere da quel Signore. »

Il y a un passage intéressant, au sujet des huguenots, dans

1. « Non ostante questo alli 13 di décembre è venuto in Gonstantinopoli Mons.-re di Ville coni {sic), il quale dicono essere Figliolo naturale de Re Francesco » (Ed. de Provisionali à l'Empereur Maximilien II, le 11 mars 1567, Hurmuzaki, t. II, 1, p. 571).

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