ÉLÈVE LE CORBEAU
Liicy accourait au -(lovant do lui ot jetait autour do son cou SOS beaux bras mis, avec ce naît" sourire que l'innoconco lait écloro sur les lèvres des enfants, Robert se sentait le cœur joyeux et n'aurait pas donné sa ferino pour un royainiie.
Un jour (pie Robert passait dans un vallon, il \il un
rouue-uorue sautiller de brancbe en brancbe dans une haie
ri o p
de sureaux. Cotait bien le plus joli oiseau (ju'il eût jainiiis aperçu; il a\ait le plumage pourpre, et son bec brillait conune do l'ivoire. Tout à couj), et tandis (jue le rougegorge cbantait ses plus mélodieuses chansons, un épervier fondit sur lui du haut des nues. Ui'jà l'épervier, rasant les buissons de ses serres recourbées, allait ravii- le rougegorge, lors([ue Robert Kl'ling saisit sa carabine v[ lira sm* le bandit ailé. L'épervier tomba , et le rouge-gorge s'enfonça sous l'asile fleuri des sureaux.
Robert Eiting achevait de recharger sa carabine, (piand une voix, douce connue le soupir d'une llùte, muiinura ces mots dans l'air :
— Merci, Robert; lu m'as sauvé la vie; je m'en souviendrai.
Le fermier tourna la tète autour d(; lui, et ne \it (pie le petil oiseau cpii, de sou bec, lustrait ses plumes tout au haut d une brancbe.
— Lsl-ce ([ue je rêve? se dit-il.
Mais Lucy vint surprendre Koberl on rombi assaut . et Robert ne |teusa plus au rouge-gorge.
Or. on \\\;\'\[ en ce temps-là au milieu dv rapines et de troubles peij)oluels. Toutes sortes de gens sans a\eii j)arcouraionl le pays, ne se laisanl l'auto d";!lta(|uor les
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feniics isolées, de détrousser les voyageurs, de [)iller les châteaux.
La ferme de Robert Effiug, étant une des pins eonsidéral)les du comté, tentait la cuj)idité des maraudeurs (pii battaient la campagne; un soir, on s'aperçut que |)bisienrs d'entre eux lu relaient autour de la terme; on se (inl siiises gardes, et durant une semaine il n'eu l'ut plus (picstion. .Mais, par une nuit sombre, tout à coup on l'ut i-(''\pillc par des cris, des aboiements furieux et des coups de i'usil. La bande pillarde venait d'atlacpier la ferme. Robert sauta sur ses armes, chacun l'imita, et les cultivateurs, voyani leur jeune maître s'élancer dans la cour dont la porte vciiail dctre forcée, se précij)itèrent à sa suite.
Robert était généralement aimé; ses ouvriers se ballireul comme de vieux soldats, et bientôt les bandits, surpris de cette résistance inattendue, ])rirent la fuite de tous côW'^. Plusieurs restèrent sur le terrain, et le reste, vi\eni(Mil poursuivi, se dispersa dans la foret voisine. Parmi ceux (pii tombèrent au pouvoir de Robert , blessés ou saisis dans le désordre de la retraite, se trouvait un jeune adolesciNil à moitié nu. Robert, ému à la vue de cet eid'anl dont les yeux noirs brillaient sous un front pâli j)ar la terreur, défendit qu'on lui fît aucun mal. Les brigands étaient vaincus; les instincts généreux de Robert revenaient avec la confiance et la sécurité, il interrogea le prisonnier.
— Je m'appelle Snag; les gens que vous avez repoussés m'ont enlevé, il y a déjà longtemps, à ma famille ((ui habite un comté d'Angleterre; depuis lors, je les ai suivis,
— \ eux-lu rester avec nous'.'
— \ olontiers.