VANTE SON POT
à Gabriel; le ménage est un IVein qui calmera votre jeunesse, et vous empècliera (1(^ gaspiller votre l'orlune; si j'étais votre père, les bans seraient publiés demain.
— 11 a trois lîUes à poui'voir, le bonliomme, murnuu'a M. Deslongraisà l'oreille de (Jabricl. M. Josse!!!
— Ce n'est point mon avis , continua un employé supérieur du ministère des tinances; avant de se marier, un jeune bomme doit expérimenter la vie ; quand il aura vu le monde et ses écueils, et conquis la maturité du jugement par le travail, il sera temps alors qu'il se marie.
— Le bureaucrate a une iille, mais cette tille n'a que douze ans; quand lu auras de l'expérience, elle aura dixsept à dix-buit ans, le bon âge pour trouver un époux- Toujours M. Josse!!! dit encore M. Deslongrais.
— Bah! interrompit l'agent de cbange, le mariage n'est pas l'affaire importante de la vie; on ne doit aujourd'hui songer qu'à la richesse, et la richesse est ta la Boui-se. M. Maugis a une fortune honorable; qu'il la réalise et se lance dans les spéculations. La spéculation est la fée du dixneuvième siècle. Je veux, avant un an, que la coulisse tremble au nom de Maugis.
— Et l'agent de change aura gagné trente mille francs de courtages, si tu en as perdu deux ou trois cent mille sur les chemins de fer.
En achevant ces mots, M. Deslongrais passa son bras sous celui de Gabriel, et ils sortirent du bal pour souper.
— Nous avons justement une bécasse dodue à faii'e [)laisir, dit un garçon du Café de Paris aux deux convives.
— Ah ! vous avez une bécasse? Eh bien ! donnez-nous un perdreau ! s'écria M. Deslongrais.