TIRER LE DIABLE
envoyer seulement un énorme paquet contenant un équipement complet, qui permit à vos instincts patriotiques de ne plus battre sous l'enveloppe du péquin.
A ons m'avez souvent raconté qu'à une certaine faction , de minuit à deu\ heures, vous eûtes comme un vertige; vos yeux se fermèrent à demi, et vous YÎtes distinctement ])araitre devant votre guérite un personnage enveloppé duu domiiH), et couvert d'un masque noir, que vous avez déclaré ne pouvoir être que le diable en personne. Ce personnage se mit , avec la main la })lus mignonne et la ])lus blanche du monde, à détacher lestement, une à une, tontes les pièces de votre uniforme, vos épanlettes, votre sabre, votre ceinturon; il cacha le tout dans sa robe, et s'enfuit à toutes jambes sans qu'il vous fût possible de le rejoindre.
Comment se lit-il que, le lendemain de cette singulière aventure , tout votre équipage se trouva chez un fripier du voisinage? Adieu la gloire, tout était vendu ; et, de votre équipement, il ne vous resta absolument qu'un billet de garde !
Quel dîner nous fîmes à Montmorency avec votre babil, votre houpelande, votre bonnet à poil et votre plumet ! Et vos buffleteries , votre fusil et le reste de votre fourniment , n'est-ce pas là ce qui vous permit d'assister à la première représentation de Napoléon ou les Cent Jours, toujours avec le diable de la guérite?
Mais (fue devint votre oncle de Louviers, lorsque, arrivé à Paris à limproviste, il voulut se procurer la satisfaction d'aller, sans vous prévenir, vous contempler à une des urandes revues? Hélas! il vit vainement déliler devant ses