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SONT LES CONSEILS DU DL\BL1Î

— Oh! mon Dieu, non; mais voilà justement M. de Lespars qui me priait d'aller choisir des bracelets pour sa sœur, chez Janisset. Me permettez- vous de l'accompagner?

— Faites, Madame, répondit M. Deschamps, qui semblait avoir perdu toute sa loquacité et sa joyeuse humeur.

Dix minutes après, madame Brémond, cmmaillottée dans un cachemire, montait en calèche avec JM. de Lespars.

— Au bois de Boulogne! cria le valet de pied au cocher; et la calèche partit.

M. Christophe Deschamps entendit la voix sonore du laquais; il tressaillit, frappa de sa canne sur le parquet, enfonça son chapeau sur sa tète, et sortit avec fracas.

Vers le soir, M. Brémond et son ami M. Bruneau revinrent à la maison de la rue Saint-Honorè. Dix commissionnaires les suivaient, chargés de caisses et de cartons.

— iMadame Brémond? demanda M. Brémond à la caniéjnsle.

— IMadame n'est pas rentrée ; mais voici deux lettres pour vous.

— L'écriture de mon ami Deschamps! A quelle heure est-il arrivé ?

Monsieur, il est parti à quatre heures.

— Parti! qu'est-ce à dire?

— Lis, et tu le sauras, fit observer M. Bruneau. M. Brémond ouvrit précipitamment la lettre.

« Mon cil En correspondant,

Je retourne à Elbeuf. Votre femme est peut-être charmante, mais elle n'a pas voulu se donner la peine de me le prouver. Je ne veux pas être pour elle un sujet de contrariété; et, pour lui épargner l'ennui d'une présence trop assidue, je renonce pour

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mon fils à l'honneur d'entrer dans votre famille. Comptez toujours néanmoins sur mon amitié et mon crédit.

« Christophe Descuamps. »

— A l'autre, dit ^I. Brémond; et une seconde fois il rompit le cachet.

Cl Mon cher monsieur,

« Madame Ducornet a vainement attendu madame Brémond toute l'après-midi; je regrette infiniment que son absence ne m'ait pas permis de faire pour vous ce dont j'avais cru pouvoir vous donner l'espérance ; mais, vous le savez, une lettre était indispensable et cette lettre que je devais soumettre à M. le ministre, je ne l'ai pas reçue. Dans la pensée que peut-être vous aviez renoncé à solliciter la fourniture, j'ai dû présenter un autre soumissionnaire, et Son Excellence vient de signer le traité.

« Madame Ducornet se rappelle au souvenir de madame Brémond, et la remercie de son offre obligeante. Elle a trouvé pour le bal de la cour une étoffe propre à remplacer la pièce de satin dont madame Brémond lui avait parlé.

. (( Votre tout dévoué,

« B. Dl'cop.net. »

— Que signifie tout cela? s'écria IM. Brémond en froissant les deux lettres. Un mariage rompu et une fourniture manquée !

— Mon ami, ta femme s'ennuyait; elle a suivi les conseils du diable. La voilà justement qui rentre avec ^I. Alfred de Lespars. Tu n'as plus qu'à prier Dieu pour que son ennui s'en tienne maintenant à la fourniture manquée et au mariage rompu.

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Abondance de biens ne nuit pas.

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