LES FOUS INVENTENT LES MODES
l'excès el le défaut. jMolière a très-bien dit, dans V École des Maris (acte I, scène )) :
Toujours au plus grand nomlire il faut s'accoaimoder,
Et jamais il ne faut se faire regarder.
L'un et l'autre excès choque, et tout homme bien sage
Doit faire des habits ainsi que du langage:
N'y rien trop affecter et sans empressement
Suivre ce que l'usage y fait de changement, etc.
Voilà ce qu'exigent les lois de la bienséance auxquelles on a toujoui's tort de se soustraire. Suivant La Bruyère : (( un philosophe se laisse habiller par son tailleur. Il y a autant de faiblesse à fuir la mode qu'à l'afTecter. » Fénelon veut aussi qu'une personne raisonnable se conforme à l'usage dans son extérieur et qu'elle satisfasse à la mode comme à une servitude fâcheuse.
La mode est un tyran dont rien ne nous délivre; A son bizarre goût il faut s'accommoder; Mais, sous ses folles lois étant forcé de vivre, Le saga n'est jamais le premier à les suivre, INi le dernier à les garder.
(Pavillon.)
Le cardinal de Bernis, dans son poëme de la Religion vengée (ch. ix), a fait de la mode un portrait dont les deux vers suivants sont devenus pi'overbiaux :
La mode assujettit le sage à sa formule. La suivre est un devoir, la fuir un ridicule.
Les Anglais ont ce proverbe : better oui of the worhl ihan oui offhe fashion — mieux vaut hors du monde que hors