ACTE TROISIÈME
Dorothée. — Une nouvelle lettre! c'est la huitième (pie je reçois. La dernière était pleine de reproches et de menaces. Il m'écrit (ju'nn feu intérieur le consume et que la vie lui semble un désert. Il finit par me rendre triste à mon tour, si triste que je suis bien obligée de chercher des tiistraclions quelipie part. Un mot de moi le consolerait; mais si ses lubies allaient le reprendre!.. Quelle diiïérence avec Anselme! Celui-là ne vous aborde jamais que le sourire sur les lèvres ; s'il ouvre la l)ouche, c'est pour raconter quelque histoire amusante; il ne songe qu'aux, plaisirs des autres. Certainement, comme le disait hier mon père, il serait le meilleur des maris... Lisons la lettre de Stenn.
CiièreDorothée,
A l'heure où vous recevrez cette lettre, mon âme se sera envolée vers les régions du Iwuheur éternel. Vos dédains m'avaient blessé, la balle d'un pistolet m'a guéri. Je n'ai plus que quelques jours à vivre; plaignez-moi, car Je meurs sans vous voir!
Stenn.
Grands dieux! il s'est tué pour moi! Je le sens bien,
c'est lui que j'aime, (survient Anselme.)