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QUAND VIENT LA GLOIRE

— Sans doute, mais je ne saurais vous répéter trop 'souvent ce que je vous ai déjà dit: je me dois à mes commettants. M. Duraolard soupe à huit heures; qui est-ce qui soupe à cette iieure aujourd'hui? Un homme politique doit faire passer les affaires du pays avant ses plaisirs. Ce soir, pendant le concert, le ministre veut m'enlretcnir de mon projet. Vous le voyez, je ne puis pas me dispenser de me rendre à cette invitation. D'ailleurs, je viens de répondre à M. le sous-secrétaire; il a ma parole. " ■

— Alphonsine doit-elle nous accompagner ?

— Certainement. La femme du sous-secrétaire d'État veut absolument la conduire demain à l'Opéra, dans sa loge. Elle l'a vue une fois, et notre fille lui a plu au delà de toute expression. « Si j'étais homme, m'a-t-clle dit. je ne voudrais pas d'autre femme. » En parlant ainsi, son regard s'est dirigé vers un de ses cousins, maître des requêtes au conseil d'État, M. de Cerny.

Ici la conversation fit un détour, et la comaumauté pesa les espérances qu'elle pouvait asseoir sur ce regard. Un post-scriptum de la lettre d'invitalion, portant que IM. de Cerny se rappelait au souvenir de l'honorable député, donna fort à réfléchir à M. et à madame Perrin; et il fut décidé, à l'unanimité des voix, qu'Alphonsine serait bien plus heureuse sous le nom de madame de Cerny que sous le nom de madame Dumolard.

On fit appeler mademoiselle Alphonsine, et la nouvelle du concert lui fut annoncée ; les apprêts d'une toilette ministérielle réclamaient tout son temps et tous ses soins. Alphonsine battit des mains d'abord, puis le souvenir du dîner chez ^I. Dumolard lui traversa l'esprit.

— jMais l'invitation de mon parrain ? fit-elle observer.

— IMa chère fille, répondit M. Perrin, il faut savoir se

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soumettre aux. circonstances. Je suis dépulé. et je me dois à mon pays; ce concert est une afTaire. Et puis, ne vous i'ai-je pas dit? je dois prendre jour avec Sun Excellence pour présenter au Roi mon projet d'assainissement.

— Au Roi! répétèrent les deux femmes ensemble.

— Oui, à Sa Majesté, qui a bien voulu me faire féliciter sur l'excellence de mes idées. Nous serons portés, l'an prochain, sur les listes d'invitation aux bals de la cour.

A ces dernières paroles, madame et mademoiselle Pcrrin tressaillirent.

— Nous irons aux bals de la cour! s'écria Alplionsine.

— J'en ai la promesse, dit M. Perrin d'un ton parlementaire. Ah! ce sont de iieaux bals! On y rencontre les gens les plus dislingués, ceux parmi lesquels je prétends te choisir un mari, ma (ille.

Alplionsine rougit; mais celte fois elle ne pensait plus à Gustave.

M. Ruisson, qui demeurait à l'étage au-dessus, et qui était du diner Dumolard. vint, sur ces entrefaites, s'informer si la famille Perrin était prête. Il insistait pour entrer.

— 3Iais c'est une tyrannie! s'écria M. Perrin; parce qu'on a bien voulu s'aider de leur concours pour emporter l'élection d'assaut, ces gens-là se croient tout permis. On n'est plus libre chez soi! Dites à 'SI. Ruisson ([u'il parte seul; nous n'irons pas.

Après que M. Ruisson se fut éloigné tout étourdi, M. Perrin se tourna vers sa femme et sa fdle :

— Allez et hàtez-vous : l'exactiluile est la politesse des députés.

M. Ruisson arriva, conirit et confus, chez M. Dumolard, qui déjà s'impatientait. A la première parole de son invité, M. Dumolard fronça le sourcil.

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