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n% UN BROCHET FAIT PLUS
depuis il perdit graduellement sa vogue primitive, et peutêtre serait-il tombé en complète désuétude, si l'ingénieux crayon de Grandville n'en eiit ravivé le souvenir presque effacé.
Il ne pouvait être mis en action d'une manière plus naturelle et plus comique, tout paraît vivant dans l'ensemble et dans les détails de es Joli dessin, on croit assister à une scène de la vie réelle. L'idée du sujet est très-bien caractérisée, non-seulement par l'attitude du principal personnage, mais par celle des deux personnages secondaires entre lesquels il se trouve placé, tendant de côté une main indirférente à la lettre de l'un, et fixant ses yeux charmés sur le brochet de l'autre. Toute la satisfaction que cause un don agréable se reflète sur sa figure largement épanouie.
Les Auvergnats ont un proverbe analogue digne d'être cité, ils disent : Les truites détouunent l'orage — las truitas virant la mudada, pour signifier que les cadeaux faits aux juges ont le privilège de désarmer leur sévérité. Ils ont supposé que les truites avaient la vertu de détourner l'orage parce qu'elles apparaissent et se jouent à la surface de l'eau quand l'orage touche à sa fin , et leur supposition a été renouvelée de celle que les anciens avaient faite, pour la même raison, sur les dauphins'.
L'application du proverbe est sans doute plus vraie que la supposition a laquelle il a dii son origine. Les magistrats revêtus de fonctions judiciaires ou administratives se sont toujours montrés, en général, bien disposés
1. Grotius, dans sa harangue à la reine Anne d'Autriche, épouse c'e Louis XIIl, sur sa grossesse, dit que les dauphins, en faisant des gambades sur l'eau, annoncent la fin des tempêtes, et que, cour la mfime raison, le petit dauphin qui remue dans son ventre annonce la fin des troubles du royaume.
(Voltaihe, Corresp. génér.)