‹ Cent proverbesChapitre 67 sur 257 · de Suriac sourit et s'inclina · texte numérisé non relu

de Suriac sourit et s'inclina

— C'est à peine si j'aurai le temps de terminer le travail dont je vous parlais tout à l'heure, reprit M. de Suriac ; legouvernement vient justement de me charger d'une mission en Hollande pour étudier le système pénitentiaire de ce royaume, et à mon retour je devrai me rendre dans le Périgord, où s'élève en ce moment une maison de détention dont j'ai fourni les plans. T'en surveillerai les travaux.

— ^'avez-vous pas par là un beau domaine? demanda Georges d'un petit air innocent.

— Un modeste manoir qui avait jadis appartenu à ma famille, et que j'ai racheté avec mes économies ; c'est la dette du souvenir.

Quand lalTaire du bureau de bienfaisance fut terminée. M. de Plantade fit demander sa femme.

— Eh bien, ma tante, dit Georges, que vous a donc appris madame de Suriac? Si elle partage les goûts de son mari, j'imagine que vous devez être éJifiée.

— Elle m'a proposé des billets pour un bal par souscription qu'elle organise au profit des réfugiés monténégrins. J'en ai pris trois.

— El vous avez bien fait, Hortense ; ah I si toutes les

DEMANDE l'OL'R DEUX. -129

familles suivaient Texeinple de ce digne ménage, il n'y aurait plus ni pauvres ni criminels en France!

— Mais, mon oncle, s'il n'y avait })lus de pauvres et plus de ci'iminels, il n'y aurait plus ni maisons de refuge ni prisons. Que deviendraient les inspecteurs? Ceci ne ferait pas le compte de i\l. de Suriac.

— Quoi ! ce que vous avez vu ne vous a pas converti ?

— Ma foi, j'ai vu une foule de cartons et de tiroirs tout cousus d'étiquettes : jMémoires slr les inondés

DES DeLX-SÈVUES... RIaISONS cellulaires... SvSTiniE DE

PexNsvlvame... Slppression de la gélatine... Quêtes a DomciLE... Hospice pour les orphelins de la Sartiie... Réforme dans le régime alimentaire... Souscriptions diverses... Plan d'un pénitencier modi^le... Recherches scR l'emploi du navet et de la carotte substitués au RIZ... Préau d'aliénés... Pétitions a examiner... distributions de comestibles... Mémoires sur l'établissement d'un chauffoir public... J'ai vu bien d'autres choses encore; mais j'ai vu aussi que JM. de Suriac ne marche qu'en coupé, qu'il a vingt-quatre mille francs sur le budget à divers titres, qu'il achète par-ci par-là une ou deus: terres, et qu'il mange, le pauvre homme, dans de la porcelaine de Chine. Quant à sa femme, elle ne sauivait porter une robe si elle n'était de velours ou tout au moins de satin; c'est apparemment pour fiiire en filus galant équipage les honneurs de ^s bals charitables.

M. de Plantade ne répondit rien; mais, prenant le bras de sa femme, il l'entraîna vivement après avoir lancé un regard furiiiond à son jeune parent.

La plupart des personnes qui auraient entendu Georges auraient fait comme M. de Plantade. En vingt endroits la réputation de ^I. de Suriac était solidement établie; on en

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