STE A
Biopsie : Epithélioma tubulé avec réaction lymphocytique considérable pouvant en imposer pour une lésion syphilitique ou tuberculeuse. (Professeur Sabrazès.)
Un nouvel examen, le 21 février, montre que l’orifice externe du col est libre et souple, que le col utérin est mobile, non altéré; il s’agit d’un épithélioma de la face antérieure du museau de tanche.
Epithélioma opérable.
24 février 1922 : Application de 150 milligrammes de bromure de radium cristallisé en quatre tubes. Filtration : 5/10 de millimètre de platine, 2 millimètres d'or, caoutchouc (pl. 2, fig. XI). Durée : 72 heures.
21 mars 1922 : Quelques membranes diphtéroïdes sur plaques de brûlures; l’état semble excellent. Sort de l'Hôpital.
25 avril 1922 : Aspect inflammatoire, saigne facilement.
26 juin 1922 : Présente du sang dans les selles.
6 février 1923 : Vient en consultation, accuse encore la présence de sang dans les selles.
Entre à l'Hôpital, salle F, lit 14, le 8 février 1923.
Au toucher rectal et à la rectoscopie, aucune lésion. Examen radioscopique par le Docteur Nancel-Pénard : angle splénique douteux, sur l’horizontale passant par l’ombilie du côté gauche, point douloureux avec petite nodosité un peu irrégulière. C’est en ce point que la malade sent des coliques, avec, semble-t-il, arrêt des gaz en ce point, puis bruit, et le météorisme. cesse avec le passage des gaz; rien au niveau des ganglions lombaires, rien au foie, rien par ailleurs. Le col utérin paraît complètement.guéri. |
Diagnostic : Rétrécissement du côlon descendant secondaire à un épithélioma du col.
Le 9 mars 1923 : Sous anesthésie générale au mélange du service; incision verticale - latérale gauche de 18 centimètres: immédiatement l'estomac se présente sans lésion appréciable; la première et la deuxième portion du duodénum sont assez dilatées; un ganglion normal est senti dans l’épiploon gastrohépatique. Tout le côlon est exploré depuis le cœcum un peu dilaté soutenu seulement par des brides. L’angle hépatique est abaiïssé, l’angle splénique n'existe plus tant il est bas. En aucun point du côlon on ne trouve d’altérations; on prolonge l’inci-
sion en bas et on constate que c’est sur le côlon pelvien, à 12 centimètres du rectum, qu’il existe un épaississement de la paroi de la demi-circonférence mésentérique avec de petits pointillés ecchymotiques; ce pourrait être cancéreux, mais le diagnostic ne s'impose pas. Aucun ganglion; et comme il se pourrait que ce fût une lésion due au radium, on se décide pour l’abstention. Il n'existe aucune dilatation susjacente. L’utérus est petit, régulier partout; dans les ligaments larges et tout autour, on ne voil et ne sent rien qui ressemble à un ganglion néoplasique. On peut se demander si la lésion du côlon pelvien ne déterminait pas des spasmes susjacents auxquels il faudrait rapporter les phénomènes cliniques constatés.
Suites opératoires parfaites; la malade se lève le vingtième jour; nouvelle rectoscopie qui ne montre pas de lésion. Les selles ont repris néanmoins leur caractère, présence de sang en quantité notable et, entre les selles, issues de gaz et sang par l’anus.
La malade a été revue à plusieurs reprises, notamment à la fin de décembre 1923, et ne présente pas de signes de néoplasme. |