‹ Cent-vingt jours de service actif [microforme]Chapitre 21 sur 70 · CAPITAINE VILLENEUVE · texte numérisé non relu

CAPITAINE VILLENEUVE

Le lendemain réveil à cinq heures et demie. Dé. part à six heures. Il fait froid. Rien d’extraordinaire à bord. Chacun s'ennuie de la manière qui lui déplaît le moins. La pluie tombe pendant la veillée. A la nuit tombante on arrête à un endroit connu sur la

carte sous le nom de St. Paul, où existait autrefois une mission florissante desservie par les Pères Oblats ; mais qui a été détruite il v a onze ans par un feu de prairie. Ge w’est plus aujourd'hui qu'un coin du désert,

Le??de mai,versune heure du matin,quelquescoups de feu réveillèrent les dormeurs en sursaut, et le clairon sonna l'alerte. Dans l’espace de quelques minutes, les soldats étaient descendus à terre et attendaient, en bon ordre, les commandements de leurs capitaines, qui s’élancèrent à la tête de leurs hommes et gravirent, au pas de course, la berge escarpée.

Aussitôt arrivés au haut de la côte, les soldats reçurent ordre de se déployer en tirailleurs. Une fusillade assez vive se fit entendre à Ja gauche du premier détachement et donnait à croire que la ligne était engagée. Sur l’ordre du Colonel, le feu cessa, et une patrouille fut envoyée en avant sous le commandement du major Prévost. Ce dernier fit déplover ses hommes en tirailleurs et fit tirer une décharge dans la direction où l'ennemi semblait s'être retiré. Quelques minutes plus tard, le major revint et annonça qu'il m'avait rien vu. Jusqu'à deux heures et demie les troupes restèrent sur la côte toutes armées, puis l’on descendit aux bateaux où l’on coucha sous les armes.

[l faisait un temps des plus désagréables, frord et pluvieux, et plusieurs se trouvaient couchés sur la paille humide.

Malgré le mauvais résuitat de cette sortie, exécutée pendant les heures les plus sombres de la nuit, -ela eut un bon effet. Les soldats prouvèrent qu’ils

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étaient prêts à toute évent taiité, Le bon ordre et lalacrité qu'ils mirent dans leur réponse à l'appel de leurs cuefs ne sauraient être troploués. Loin de trembler où d'hésiter, ils étaient tous gais et trouvérent moyen de s'amuser de certaines petites scènes

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dom ils ne furent pas lents à saisir le côté ridicule. Plusieurs témoignaient hautement leur désappoin K

tement d’être revenus sans avoir tué un seul enne mi. Les éclaireurs rapportèrent qu'ils avaient vu

les pistes des Sauvages en différents endroits sur le haut de la côte.

Aujourd'hui l'on arrêta à un mule de Saint-Paul, où l’on passa la nuit.

Ce soir, instruit par l'événement de la veille et craignant la répétition de lattaque, le Colonel ordonna de monter les tentes sur un plateau à cn. quante pieds du rivage. Une forte garde fut laissée à bord des bateaux et le reste du bataillon coucha sous ia tente, IL avait plu toute la journée et le sol était tres-humide. La pluie continua à tomber pen. dant la nuit.

Le 23 de mai, l’on sonna le réveil à quatre heures. Le camp {ut aussitôt levé et les tentes transportées à bord. Les ancres furent levées et la route se conti nua en bateaux.

Le paysage est des plus beaux. Sur chaque rive les côtes sont tantôt tres-élavées et coupées à pic tantôt basses ei couvertes de forêts de jeunes arm Vers une heure de l'après-midi, on jette l'ancre dan “ l’'Anse de la Côte du Renne ” (Moose Hill Creek) et, une bonne garde ayant êté laissée sur les bateaux on va ceomper sur le haut de la côte. L’après-midi a été très-belle. Vers deux heures p. m. deux écluireurs, Borrodaile et Scott, partent pour Battleford en canot. Ils avaient mission de traverser les lignes indiennes, et de dire au gén. Middlelon et au coi. Otter la position de l'aile de Strange. Ils remplrent leur devoir en braves. La distance parcou. ru depuis Victoria est de cent vingts milles.

Dimanche matin, il y eut messe basse à bord du bateau, Gn se remet en route vers trois heures et demie p. m. On jette l'ancre dans l’anse du Lar aux

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