LIEUTENANT MACKAY
Buttes de la Paix, devant temr ses quartiers généraux en ce dernier endroit. Le mème soir, le capitaine Ethier entrait dans ses quartiers, à la grande satisfaction de tous les hommes qui lestimaient et comme chef et comme ami. Il y eut donc réjouis sances générales au camp pendant la veillée; cependant à 9,30 heures les préparatifs pour le som-
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meil se commençaient et, à dix heures, le camp était rentré dans le silence le plus profond. Tout-à-coup, vers une heure du matin, le cri d'alarme d'une sentinelle éveilla le capitaine eten quelques instants toute la garnison était sur pied. En un clin d'œil, chacun était à son poste, et les ordres clairs, brefs du capt. Ethier étaient exécutés dans le silence le plus parfait. 11 faut ici dire, à la louange des soldats de cette garnison, que dans cette circonstance ainsi que plusieurs fois plus tard, ils firent preuve dun grand sang-froid et d’un courage calme. Attentif au mot d'ordre, chacun obéissait en silence, se mettait au poste qu'on lui assignait et ne disait un mot que lorsque le Ganger élait passé et qu'il était revenu à sa couverte, Cette nuit-là la consigne fut rigoureuse. Toute la garnison passa la nuit debout sur un qui-vive continuel, Plusieurs patrouilles furent organisées, conduites par le capitaine et le lieutenant à tour de rôle. Un métis Ecossais du nom de Philip, qui était attaché au camp en qualité d'interprète et un nommé Joseph Kildall (Big Joe), sous-agent des Sauvages Slonies accompagnèrent Les soldats dans leuï patrouille. La nuit étant trèsobscure on ne découvrit rien. Gependant de bonne heure, le matin, Big Joe découvrit les traces d’une bande de Sauvages à un mille du Fort. En suivant les pistes, on calcula qu'ils étaient venus en assez grand nombre. Dix loges avaient été levées et, croyant sans doute la force de la garnison plus nombreuse qu'elle ne l'était en réalité, l'ennemi s'était enfui au lever du soleil.
Le résultat de cette alerte fut la décision immédiate d’un plan de fortifications. Le conseil de
guerre, composé du capitaine et du lieutenant, s'as. sembla le même jour et décida,à l'unanimité,de commencer immédiatement les travaux ‘* fortification, Embarrassé par son inexpérience, le ex :seil décida de choisir, comme modèle de fortificatio.ss, celles du bastion à meurtrières de l'Ile Sainte-Hélène, Le même soir le capitaine posa le premier bois du bastion à deux étages qu'on devait construire sur le même plan que celui de l'Fle Ste- Hélène, et le lieutenant jeta la première pelletée de terre du futur mur de revêtement. On se mit tout de suite à l’œuvre et, au bout de dix jours, le fort était en assez bon etat de défense ; la garnison pouvait maintenant résister à des forces vingt fois supérieures.
Le fort consiste en une grande maison de bois équarri, garni d'une double rangée de meurtrières ; au rez-de-chaussée sont installées la salle de garde e1 la cuisine ; à côté de la cuisine, la chambre des off ciers ; le dortoir est situé partie en haut partie en bas.
Le poste est protégé par la Rivière dela Paix et les collines qui l’avoisinent ; un bastion de dix pieds carrés, à deux étages, domine la colline et la rivière ; partant du bastion, une palissade en bois et en terre de sept pieds de hauteur et de quatre pieds d'épaisseur, toute garnie de meurtrières ; en av at le grand chemin allant de Calgarry à Edmont: à avec poste de sentinelle, guérite etc. ; de l’autre côté, un large fossé, et deux postes de sentinelles.
Dès l’arrivée du capitaine dans ses quartiers, on dressa les règlements de la garnison, La vie est d’une uniformité rigoureuse. A 5 heures, lever et lavage à la rivière, à 6 heures, nettoyage de la
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maison et des effets ; à 6, 30 heures a.m., déjeuner ; à 7 heures travail manuel, corvées etc,; à 9 heures, patrouille, exercices militaires et continuation du travail ; à 1 heure, diuer ; à 2 heures, travail ; À 7 heures, souper, récréation, patrouille ; 9, 30 heures, tatou ; à 10 heures, extinction des feux, silence, Garde, nuit et jour, Ce règlement tenait bon tous les jours, Le dimanche il n'y avait pas de travail, et la monotonie de l'existence des soldats était brisée, Aussitôt après déjeuner, le capitaine menait tous les soldats dans une jolie plaine située auprès du fort. On s'y rendait en deux files, Après une heure d'exercices militaires, les soldats déposaient les armes et allaient en rangs chercher leurs convertes, capotes etc., puis revenaient à leur places respectives.
Alors on faisait une évolution inconnue dans Îles Queen's Regulations, mais qui pour être originale n'en était pas moins pratique. Le capitaine les faisait déployer en tirailleurs, puis quand ce premiér mouvement était exécuté, le rang de devant faisait volte-face et les deux vis-à-vis procédaient pendant un quart d'heure au secouement des couvertes etc. Après cet exercice, le capitaine en nommait deux qui allaient nettoyer et balayer le fort pendant que ies autres se reposaient. Quand les deux balayeurs revenaient de leur mission, ils criaient : als well! Alors on reformait les rangs, on reportait les couvertes au fort puis la cérémonie était close. Vers les dix heures et demie on disait le chapelet en commun. Les agents, interprète et toui étranger qui se trouvait dans les alentours se rendaient au fort et prenaient part au seul service
du dimanche qui s’y pratiquait, la récitation du ro. saire. Le reste de la journée était employé à la récréation pour ceux qui n'étaient pas de garde ou de corvée.
Quant aux officiers leur besogne était multiple. Le capitaine se chargeait de toute la correspondance offi.