CAPT, BOSSÉ, DE L ÉTAT-MAJOR
La tempête continua toute la journée. Vers huit heures, le soir, après le souper, le caporal des postes nous apporta des lettres arrivées de l'Est par la dernière malle. La soirée se passa à la lecture des lettres. La garde se fit comme d'habitude, le mot de passe étant ‘“Aïlberta.”
Le lendemain, le lever eut lieu à l'heure habituelle. Le temps étant devenu beau, on retourna aux tentes. Les soldats se mirent à nettoyer leurs armes et dans l'après-midi les compagnies 1 et 2 allèrent s'exercer au tir dans un champ situé à un mille au nord-ouest du camp. Vers cinq heures, un congé fut donné à plusieurs pour aller porter leurs lettres au bureau de poste.
Une demi-heure plus tard, le 92e bataillon d'infanterie légère de Winnipeg, sous le commandement du Lt.-Col. Osborne Smith, arriva à Calgarry. Ils allèrent can.,2r de l’autre côté de la ligne du chemin de fer, un peu au sud-ouest du 65e. Le mot degpasse, cette nuit, fut “* London.”
Le 18 au matin, lecture fut faite de l’ordre du Général envoyant une moitié du bataillon à Edmonton. Personne ne savait quelles compagnies seraient envoyées de l'avant et chacun était anxieux de savoir si son ami dans telle autre compagnie serait forcé de le quitter. Vers quatre heures de l'après-midi les waggons pour le transport arrivèrent et furent placés près des casernes. Un détachement de la police à cheval arriva aussi vers Les cinq heures et alla se loger dans le fort, Un congé général fut donné pendant la veillée, et les soldats en profiterent largement.
La plupart se rendirent au premier restaurant, dont le propriétaire avait offert aux volontaires une espèce de théâtre situé au fond de la bâtisse.
Un concert impromptu fut donné, chacun des volontaires présents y prenant part. On y représenta la pantomime du. Barbier de Séville ; plusieurs chansons comiques, des danses et des jeux sur la barre
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horizontale remplirent le reste du programme. La soirée se passa de la manière la plus gaie et pour plusieurs, la paie reçue la veille, y passa. Pendant la journée le iuge Rouleau et le shérif Chapleau vinrent faire visite aux officiers. Pendant le peu de temps qu'ils passèrent aux casernes, ils discutèrent la question du jour, et donnèrent plusieurs conseils aux officiers sur les précautions à prendre pendant le voyage qu'ils allaient entreprendre. Le mot de passe, cette nuit, était “Calgarry.”
Dimanche matin, à peine levé, chacun alla à la rivière se donner un bon lavage, puis procéda à sa toilette, car pour la première fois depuis le départ de Montréal, on devait avoir une basse-messe. A sept heures et demie tout le monde était prêt et le bataillon se dirigea vers la mission à environ deux milles du camp. Après vingt minutes de marche on vit poindre à une faible distance l’humble croix de bois qui orne l’entrée de la petite chapelle, Cette maison, œuvre des pieux missionnaires établis dans cette partie du pays avant même que le premier commerçant y eût fixé sa baraque, n'est pas un modèle d'architecture, mais semble plutôt avoir conservé le cachet d'humilité qui caractérisait le premier apôtre qui l’a habitée. Le rez-de-chaussée sert de logis au missionnaire, et le second étage est la maison du Seigneur. L’impression des volontaires au moment où ils pénétrèrent dans cette modeste chapelle à peine assez grande pour les contenir tous; est difficile à dépeindre. Habitnés à aller adorer Dieu dans des temples où le peintre rivalise de perfection avec l'architecte, où la civilisation moderne a fait tailler dans le bronze et le marbre des autels
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grandioses, ils se sentaient émus de voir que Dieu habitait ce faible réduit; quatre murs blanchis, deux prie-Dieu, un petit maitre-autel, çà et là quelques statues de la Vierge et de St. Joseph et une centaine de bancs en bois brut étaient tout l’ameublement de la Mission.
Mais c’est toujours le même Dieu qui y réside !
Celui qui créa le monde, qui le gouverne, le même qui siège sur nos autels à Montréal et qui continue là-bas sa mission de bonté et de salut. Plus le temple est modeste, plus la grandeur du Tout-Puissant impressionne le cœur du visiteur.
Pendant le service divin, notre aumônier nous fit une courte adresse. Chacun se sentait ému au fond du cœur en écoutant cette voix grave et solennelle qui nous rappelait avec quelle pompe nos amis de Montréal recevraient après la campagne ceux qui auraient le bonheur de retourner dans leurs foyers, et d'autre part quel triomphe attendait dans le ciel ceux qui, plus chanceux, succomberaient pendant læ campagne.
Immédiatement après la messe eut lieu le retour au camp. L'on déjeuna en arrivant, Le reste de la journée fut employé à charger de provisions les waggons qui devaient accompagner l'aile droite du bataillon. A neuf heures du soir, tous les soldats étaient retournés au camp et à dix heures chacun sommeillait,
De bonne heure le lendemain matin tout le bataillon était debout. Les compagnies 2, 5, Get 7, qui devaient partir ce jour-là, jetèrent leurs tentes à terre avant le déjeuner et à huit heures elles étaient
> Dieu prêtes à partir. Cependant tout Pavant-midi s'écoula
nchis, ÿ sans que le bataillon ne reçut aucun ordre.
et là | Enfin vers deux heures de l'après-midi l’on se mit
et une “ en rangs et après l'inspection générale des armes et
ameu- 4 des accoutrements, l'aile droite se miten marche, La : fanfare du 92e accompagna nos frères jusqu'aux #
de ! : limites de la ville, et tous les citoyens de Calgarry, même les saluaient pendant qu'ils passaient à travers les itinue rues, Quant à nous (ceux Qui 1estaient) nos cœurs e tem- se serrérent et plusieurs commencèrent à murmurer issant à en voyant notre bataillon déjà divisé, Nous retournâmes sous la tente et l'après-midi s'écoula dans
le silence.
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De Caigarry à Edmonton.
Le premier détachement qui prit la route d’Ed-
monton se composait comme suit :
Commandant-en-chef : Major-Général Strange.
Major de brigade : Capt. Dale.
Aide-de-camp : Strange.
Trente hommes de cavalerie sous le major Steele ; vingt éclaireurs commandés par le capt. Oswald, et du 65e bataillon :
Lt-Col. Hughes.
Major Prévost,
Adjudant Lt. Starnes.
Aumônier : R. P. Provost,
Chirurgien-major Paré.
Compagnie No. ? : Capt. des Trois-Maisons.
Lt. DesGeorges.
de No. 5 : Capt. Villeneuve.
Lt. Lafontaine.