ÉCOLE PRATIQUE DE DISSECTION
L’École pratique fut composée de cent vingt élèves, nommés au concours, et partagés en élèves de première, deuxième et troisième année. A la lin de chaque année, les élèves devaient subir un examen composé d’une épreuve écrite et d’une épreuve orale. Les questions étaient prises dans la partie des sciences médicales correspondant aux matières enseignées pendant la scolarité. L’examen de fin d’année était obligatoire : tout élève qui n’y aurait pas satisfait cessait de faire partie de l’École pratique.
Le 19 brumaire an vi (9 novembre 1797), l’assemblée des professeurs, pour exciter l’émulation des élèves, sollicita auprès du Gouvernement la fondation de récompenses annuelles.
Six prix étaient décernés à la fin de chaque année, et les trois premiers emportaient la réception gratuite.
Le concours avait pour sujet toutes les parties de l’enseignement que donne la Faculté, et consistait en une épreuve écrite et deux épreuves orales.
Tous les ans, quarante élèves sortaient de droit et les vacances étaient comblées par la voie du concours.
Outre certains privilèges, tels que la participation aux opérations chimiques et pharmaceutiques, aux recherches de physiologie, aux expériences de physique médicale, la gratuité des dissections et des manœuvres opératoires, etc. , les élèves de l’École pratique seuls étaient admis à concourir pour l’adjuvat et pour le prosectorat (1). Le décret du 20 juin 1878, rendant les travaux pratiques obligatoires, modifia toutes ces mesures.
Le premier concours pour les prix eut lieu le 1 9 fructidor an vi
( 5 septembre 1 7 9 8 ) et tous les élèves durent y prendre part. Pour des raisons particulières, la première distribution officielle ne put avoir lieu que le 2 1 vendémiaire an vii (i4 octobre 1799), et le directeur de l’École de santé y prononça une remarquable allocution, dans laquelle il démontra l’importance de l’École pratique et fit ressortir les nécessités des études d’hygiène, de médecine légale, de physique, de chimie , et réclamait la création d’une chaire d’anatomie pathologique et d’une chaire de philosophie médicale.
Le nombre des élèves s’était considérablement accru; il s’élevait à plus de quinze cents, tant élèves de la Patrie, qu’élèves libres. La France sortait un peu du chaos, et une ère de prospérité semblait s’ouvrir pour le pays.
Le 9 thermidor an vn (27 juillet 1799), la Faculté fit le règlement suivant, qui modifia celui du 2 pluviôse an ni.
Abt. 1". Les prosecteurs sont choisis par la voie du concours et pour deux ans seulement. Iis peuvent être réélus deux autres fois par la même voie et pour le même espace de temps , de sorte que la durée de leur exercice ne puisse pas excéder l’espace de six années.
Abt. 2. Attendu l’assiduité constante à des heures fixes qu'exigent les fonctions de prosecteur, ils ne peuvent cumuler d’autres fonctions publiques salariées, et ceux qui se présenteraient pourvus d’autres places seront tenus d’opter.
natomie pour la collection de l’École. Le sujet de ces préparations sera déterminé par le Chef des travaux anatomiques; elles seront placées dans les collections avec une étiquette portant le nom de leur auteur, lorsque l’assemblée les aura agréées.
Abt. 4. Outre les répétitions dont les prosecteurs sont chargés par le règlement général de l’École, ils sont tenus de transmettre aux élèves de l’École pratique les préceptes qu’ils auront reçus du Chef des travaux anatomiques ou des professeurs
Art. 6. Ces élèves en jouiront pendant deux ans seulement et seront remplacés par d’autres, choisis de même par la voie du concours.
Art. 7. Ils seront, ainsi que les prosecteurs, sous les ordres du professeur d’anatomie et du Chef des travaux anatomiques pour les aider dans leurs recherches.
Art. 8. L’article portant suppression de deux places de prosecteurs et leur emploi en huit primes d’encouragement n’aura son effet qu’au fur et à mesure des vacances qui auront lieu, de sorte que quatre élèves seulement seront appelés à en jouir, quand
nombre porté par l’article.
Un règlement du 28 floréal an ix (18 mai 1801) réduisit à quatre le nombre des prosecteurs et leur adjoignit huit aides d’anatomie. Le 9 frimaire an xn (1“ décembre i8o3), le traitement des prosecteurs fut réduit à 1,200 francs, et celui des aides fut fixé à 4oo francs.
Un règlement interdisait aux prosecteurs et aux aides d’anatomie de prendre le titre de docteur pendant la durée de leurs fonctions ; cependant il y eut quelques dispenses accordées : Velpeau, Bouvier en profitèrent.
A la réorganisation de la F acuité , en 1 8 2 3 , il fut établi , dans la séance du 1 7 mars , que les places de prosecteurs et d’aides d’anatomie seraient mises au concours; que la durée de leurs fonctions serait de trois ans, mais que la nomination ne serait faite que pour un an, sous la condition qu’ils seraient rééligibles chacune des deux années suivantes, s’ils avaient bien rempli leurs fonctions. Il y aurait trois prosecteurs, trois aides d’anatomie et six aides expectants. Tous les élèves seraient admis à concourir pour les places d’expectants; ces derniers seuls pourraient concourir pour les places d’aides d’anatomie, et les aides seuls pourraient concourir pour le prosectorat.
En 1825, il fut spécifié que les concurrents pour l’adjuvat ne pourraient être ni agrégés, ni docteurs, ni internes de clinique et qu’ils ne pourraient être nommés à aucune de ces places pendant la durée de leurs fonctions.
Au mois de novembre 1828, à la suite d’un concours pour le prosectorat, et après le rapport de Cruveilhier, la Faculté prit l’arrêté sui-
vant : i° sur les trois prosecteurs et les trois aides d’anatomie, un prosecteur ou un aide sera désigné par le Chef des travaux anatomiques pour le service des cabinets et les préparations destinées à l’entretien et à l’augmentation des collections; 2° trois prosecteurs ou aides seront attachés au service des pavillons d’anatomie pour diriger les élèves dans leurs dissections, et s’arrangeront pour se succéder, de manière que l’un d’eux soit toujours dans le pavillon; 3° tous les ans, dans le premier mois de l’année scolaire, la Faculté, sur le rapport d’une commission , désignera un certain nombre de préparations qui, dans le cours de l’année, devront être exécutées en part égale par les prosecteurs et aides d’anatomie; 4° à la fin de l’année scolaire il sera procédé, selon que les prosecteurs bu aides auront bien ou mal rempli leurs fonctions, à leur destitution ou à leur réélection jusqu’à concurrence de trois années; 5° enfin, pour donner plus d’éclat au concours pour le prosectorat, on y admettra non pas uniquement, comme par le passé , les seuls aides d’anatomie , mais encore les lauréats de l’École pratique et tous les élèves de troisième année de cette école qui auraient conservé leur titre en ayant concouru pour les prix.
Cet état de choses dura jusqu’en i83g, et dans une réunion du 1" juillet, la Faculté établit qu’à partir du 1er avril l84i, il n’v aurait plus que deux prosecteurs au lieu de trois, et cinq aides au lieu de trois. Le traitement du premier prosecteur serait fixé à i,4oo francs, celui du second à 1,200 francs, et celui de chaque aide serait de 5oo francs.
L’article 7 de cette délibération établissait que tout élève pourrait concourir pour le prosectorat et pour l’adjuvat.
Un arrêté ministériel du 6 août i83g rendit cette proposition exécu-
Le nombre des pavillons de l’École pratique était de six , désignés par les lettres A, B, C, D, E, F, et ils contenaient quatre-vingts tables de dissection. Les prosecteurs avaient des pavillons particuliers dans lesquels ils recevaient des élèves payants, ce qui était un peu préjudiciable à la majorité des élèves, qui se trouvaient ainsi abandonnés à
eux-mèmes, n’ayant souvent pour guides que des voisins plus ou moins complaisants. Le prosecteur apparaissait pendant une heure dans le pavillon dont il avait la direction, faisait sa leçon et disparaissait ensuite pour n’y plus revenir, à moins qu’on ne le fit demander pour une anomalie. On était mieux guidé par les professeurs particuliers. Pour obvier à cet état de choses, Sappey demanda en 1861 la nomination d’un sous-aide ou sous-chef adjoint au prosecteur dans chaque pavillon, pour diriger les dissections, aux appointements de 5oo francs.
En i863, les prosecteurs et aides d’anatomie furent autorisés de nouveau à avoir un cabinet particulier dans lequel ils pouvaient recevoir des élèves dont le nombre maximum était de cinq.
Il y avait longtemps que l’on sentait tout ce qu’il y avait de défectueux dans les études anatomiques. Quelques masures, quelques pavillons élevés en 1 835, dans l’ancien jardin du couvent des Cordeliers, sur l’emplacement de ce qui restait du jardin botanique, étaient bien insuffisants. Un décret du 20 juin 1878 avait rendu les exercices pratiques obligatoires : un nouveau règlement du 3o novembre et un arrêté du même jour avaient institué sous le nom de moniteurs vingt auxiliaires, chargés de diriger les dissections, trop peu surveillées. Ils étaient nommés au concours, pour trois ans, recevaient un traitement de 600 francs et étaient seuls admis à concourir pour l’adjuvat.
Le professeur d’anatomie Sappey rédigea un nouveau projet de règlement, qui fut adopté le 10 juin 1879, dont voici les conclu-