BIBLIOTHÈQUE
La bibliothèque actuelle a été formée avec les ouvrages provenant de l’ancienne Faculté de médecine, environ 4, 000 volumes, avec ceux de la bibliothèque de l’ancien Collège de chirurgie, environ 2,5oo volumes, avec ceux de la Société de médecine, environ 5oo volumes; total approximatif : 7,000 volumes.
Le 24 décembre 1794, on choisit pour l’emplacement de la bibliothèque la galerie et le grand cabinet voisin. C’est là d’ailleurs qu’était la bibliothèque de l’ancienne Académie de chirurgie.
Le 3 j anvier 1 7 9 5 , les Comités d’instruction publique et des finances fixèrent à 5, 000 francs le traitement du bibliothécaire, qui fut logé. On avait nommé à ces fonctions Pierre Sué, maître en chirurgie, ancien professeur au Collège de chirurgie, ancien secrétaire par intérim de l’Académie de chirurgie, homme très érudit, aimant passionnément les livres et la bibliographie. Il fut chargé de donner son plan
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d’organisation et on demanda qu’on pût choisir dans les dépôts nationaux les ouvrages relatifs à l’art de guérir.
La loi, qui avait supprimé toutes les corporations religieuses, avait confisqué leurs bibliothèques, et, parmi celles-là, il en était de très riches, celle de l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés, entre autres. On puisa largement dans toutes ces bibliothèques; on eut ainsi, outre les livres de médecine, des ouvrages littéraires très nombreux et de grande valeur.
Le 1 6 janvier 1795, dans l’assemblée des professeurs, on s’occupa de la manière de doubler la bibliothèque, de la décrire, d’en jouir.
Le 1 8 février, le Comité d’instruction publique arrêta ( art. 4 ) que le bibliothécaire ferait un cours de bibliographie, dans lequel il indiquerait les meilleurs ouvrages, les auteurs les plus estimables et les plus estimés.
Le travail d’organisation étant considérable, on décida, dans la réunion du 19 février, d’avoir un aide-bibliothécaire, auquel il serait alloué un traitement de 3,ooo francs et le logement. Pariset, élève de la Patrie, qui mourut secrétaire perpétuel de l’Académie de médecine en 1847, l’aide-bibîiothécaire.
Dans l’assemblée du 20, on autorisa le prêt des livres, qui ne dut pas dépasser un mois, et il fut décidé que, en cas de décès de l’emprunteur, le bibliothécaire annoncerait à l’assemblée des professeurs les démarches qu’il aurait faites pour rentrer en possession de l’ouvrage prêté.
Le 2 5 février 1795, on demanda une allocation annuelle de 3,6oo francs pour l’acquisition des livres, journaux, publications françaises et étrangères, y compris les dépenses pour reliures. C’était un bien maigre budget.
Mais le premier emplacement choisi pour la bibliothèque était insuffisant. Dès le 9 mars, on décida de la placer dans l’aile gauche, qui était alors divisée en trois parties pour la salle de conseil et la salle d’assemblée de l’ancienne Académie de chirurgie et pour les archives. A cet effet on démolit les cloisons, et on eut ainsi une salle de
2 1 m. ] o de long sur 9 m. 20 de large, qui fut la salle de la bibliothèque jusqu’au i4 décembre 1891.
Le 24 août 1795, le Comité d’instruction publique autorisa le bibliothécaire à réclamer tous les livres sur l’art de guérir, qui se trouvent en double à la Bibliothèque nationale.
Les travaux marchèrent avec la plus grande rapidité. On décida le 27 septembre que la bibliothèque serait ouverte tous les cinq jours en hiver et tous les jours impairs en été, et 60 livres de chandelle furent allouées pour l’éclairage.
Le 17 octobre 1796 eut lieu l’ouverture officielle de la bibliothèque, en présence de Barailon et Plaichard, représentants du peuple et membres du Comité d’instruction publique, et sous la présidence de Thouret, directeur de l’École. Sue prononça un discours d’inauguration dans lequel il exposa ses vœux sur l’organisation de la bibliothèque w.
Il fut décidé, le 16 mars 1796, que la bibliothèque serait publique.
Le 26 août 1799, le Ministre de l’intérieur invita l’École à rédiger le catalogue de la bibliothèque, sur un plan dont il adressait le modèle, afin d’uniformiser les catalogues des différentes bibliothèques publiques. Suë en entreprit la rédaction par noms d’auteurs et par matières. Ce travail est incomplet, et Suë a quitté la bibliothèque en 1808, avant de l’avoir terminé, pour passer à la chaire de médecine légale.
La bibliothèque s’accrut incessamment par suite d’acquisitions et de dons. Elle comptait environ 7,000 volumes, il y a cent ans; elle en compte aujourd’hui plus de 120,000, tant ouvrages que journaux périodiques, français et étrangers, de nombreux manuscrits, à la tête desquels il faut placer les Commentaires de la Faculté de médecine, précieux registres, écrits en latin, rédigés par la main des cent quatrevingt-quatorze doyens qui se sont succédé à la tête de la Faculté, de-
i. in-8", t. CCCLXV, B. F. !
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puis 1396 jusqu’à- la Révolution française. Ces manuscrits constituent vingt-quatre gros volumes in-folio, reliés en parchemin (le vingt-cinquième est en feuilles et a été acheté à la vente de Chasles), et ils contiennent l’histoire non interrompue de l’ancienne Faculté de médecine de 1396 à 1792. Il n’existe pas au monde une collection semblable.
La bibliothèque possède aussi les manuscrits de Bichat ( Recherches sur la vie et la mort, Traité des membranes. Anatomie descriptive, Anatomie générale), ceux de Goulin, de Gerdy, de Daremberg, les lettres latines de Guy Patin, au nombre de 45g, suivies de consultations, mémoires, etc., les manuscrits de De La Noué sur le Collège de chirurgie, les Adversaria de Jacques Méntel, une copie des huit derniers livres d’Aétius, qui n’ont jamais été imprimés, les manuscrits de Dupuytren sur la taille, celui de Jurine sur le croup, etc.
La bibliothèque possède encore une centaine d’ouvrages incunables , conservés dans des armoires doublées en fer. Le plus ancien incunable est de 1 4 7 4 , et a été imprimé à Padoue : c’est le livre de Simon , de Gênes , ayant pour titre Clavis sanationis . . . , in-fol.
Les principaux donateurs ont été les professeurs Grisolle, Axenfeld, et René Maijolin, Davaine, A. Broca, etc.
L’agrandissement de la Faculté, l’accroissement du nombre des étudiants, l’augmentation considérable des ouvrages de médecine et des journaux périodiques français et étrangers, les échanges universitaires des thèses ont nécessité une nouvelle installation et une nouvelle organisation de la bibliothèque. En i835, d’après le rapport du professeur Rostan, la Faculté avait décidé quelle ferait imprimer le catalogue par ordre de matières. Cette décision est encore à l’état de desideratum. On y travaille incessamment, mais par fiches.
La nouvelle bibliothèque, qui a 86 mètres de longueur, 1 o mètres de largeur et 1 o mètres de hauteur, a été ouverte le 1 4 décembre 1891. Elle est divisée en trois parties : une pour les livres, une pour les lecteurs ordinaires, une troisième réservée pour les lecteurs qui ont des recherches spéciales à faire. Une autre salle, non encore installée, est réservée pour les professeurs et les agrégés. Toutes les places sont
numérotées. Après la Bibliothèque nationale, la bibliothèque de la Faculté de médecine est la plus fréquentée de toutes les bibliothèques de Paris. Il y passe environ un millier de lecteurs par jour, et elle est encore insuffisante, à tel point que, pendant la saison d’hiver, on est obligé de rouvrir l’ancienne salle de bibliothèque où l’on a compté l’hiver une centaine de lecteurs. Pendant l’année scolaire i8g3-i8g4, il y a eu 1 58,754 entrées : 2 55,ooo volumes ont été communiqués aux lecteurs; i,5oo ont été prêtés au dehors. La bibliothèque s’est enrichie de 5,o35 volumes provenant de dons particuliers. Ouverte trois fois par semaine, il y a cent ans, elle le fut plus tard tous les jours. Lorsque le Ministre De Salvandy vint inaugurer le Musée d’anatomie comparée en i845, il manifesta le désir que dorénavant la bibliothèque fût ouverte le soir jusqu’à î o heures, ce qui eut lieu. Elle l’est aujourd’hui, tous les jours, de 1 1 heures à 6 heures, et, le soir, de 7 heures et demie à i o heures et demie.
Quant au budget de la bibliothèque, il est de i3,5oofrancs, chiffre tout à fait insuffisant pour un établissement de cette utilité et de cette importance, chaque étudiant devant payer chaque année io francs pour la bibliothèque.
Les bibliothécaires en chef ont été depuis 1 7g5 : Pierre Sué (i 7g5- 1808), Moreau, delà Sarthe (1808-1826), MacMahon (1826-1835), Dezeimeris (i836-i852), Raige-Delorme (1852-1876), Chéreau (1877-1885), Hahn(i885).