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Centenaire de M. Chevreul

Pour fêler dignement votre glorieux centenaire, les Professeurs du Muséum, devançant l’avenir, vous présentent cette statue qui répond si bien aux sentiments des illustrations en tous genres réunies ici pour donner à cette fête scientifique le caractère d’une grande solennité nationale.

La statue a été exécutée par M. Guillaume, notre éminent artiste, qui n’a jamais été mieux inspiré, et qui ajoute un chef-d’œuvre à tous ceux qu’il a produits.

M. le Ministre de l’Instruction publique, des Beaux-Arts et des Cultes a voulu s’associer à l’hommage qui vous est rendu, en nous prêtant un concours généreux dont nous lui sommes profondément reconnaissants.

C’est dans ce Muséum que vous avez fait toutes les admirables

découvertes qui ont entouré votre nom d’une si grande et si éclatante

renommée.

C’est également au Muséum que vous avez créé ce cours si vaste et si profond qui ouvre à la Science des horizons nouveaux.

Rattachant à votre enseignement l’Agriculture, l’Industrie, l’Hygiène, vous avez montré, avec l’autorité qui n’appartient qu’à un des fondateurs de la Chimie moderne, toute l’étendue et la portée de notre science.

On comprend bien que je ne saurais avoir la prétention de donner ici un aperçu, même sommaire, de votre œuvre scientifique.

Tout le monde en connaît l’immensité ; vos découvertes sont inscrites à toutes les pages de l’histoire de la Chimie.

Quel est celui d’entre nous qui pourrait se vanter de n’avoir rien emprunté à vos travaux : nous sommes tous vos élèves ?

Avec votre génie d’observateur incomparable, vous avez fait éclater aux yeux de tous cette grande vérité, c’est qu’aucune observation scientifique ne devient une découverte réelle qu’autant qu’elle a subi le contrôle rigoureux de l’expérience.

Ce contrôle expérimental qui est la preuve de l’observation, vous l’avez poursuivi pendant bien des années et avec une persévérance infatigable ; vous comptiez que le temps , cet auxiliaire indispensable des grandes choses humaines, ne vous manquerait pas pour achever votre œuvre : cette attente n’a pas été trompée. La destinée vous devait bien cette faveur de la prolongation de l’existence, en raison des travaux mémorables dont vous aviez en vue l’accomplissement.

Comment ne pas rappeler que, tout en arrivant à la solution des problèmes les plus difficiles suivis dans leurs détails les plus minutieux, vous avez su toujours conserver cette réserve modeste qui est l’apanage des esprits éminents? Vous avez mis en pratique la maxime de Malebranche, qui sert d’épigraphe à plusieurs de vos ouvrages : « Il faut tendre à l’infaillibilité sans jamais y prétendre. »

Le grand caractère de votre œuvre scientifique qui suffirait pour la consacrer éternellement, est que tout en reculant les limites de la Science, vous avez en même temps reculé celles de l’Industrie.

Vos travaux si glorieusement légendaires sur les corps gras, les matières colorantes et sur tant d’autres sujets du même ordre, offrent des modèles d’observation originale et de précision qui n’ont jamais été dépassés.

Ils ont donné lieu à des applications dont Futilité pratique et les avantages sont universellement reconnus.

La révolution qui s’est opérée dans notre ancien mode d’éclairage, c’est à vous qu’on la doit.

La fabrication lyonnaise, celles de l’Alsace et de la manufacture des Gobelins vous sont redevables de leurs principaux perfectionnements.

Ces progrès de l’Industrie ont été les conséquences les plus directes de vos grandes découvertes sur les cercles chromatiques et sur le contraste simultané et rotatif des couleurs.

Mais à quoi bon insister sur les services rendus par vous à l’Industrie, quand ils sont suffisamment attestés par la présence des éminents fabricants réunis ici, qui ont voulu prendre part à cette fête, et vous offrir le témoignage public de leur admiration et de leur gratitude ?

Ils n’ont pas oublié que les résultats de vos découvertes, traduits en sommes incalculables, ont toujours été abandonnés par vous au public, avec un désintéressement qui n’est pas, permettez-moi de vous le dire, un des côtés les moins élevés de votre caractère.

Quant à nous, membres de cette vieille famille du Muséum, pouvonsnous ne pas rappeler que votre direction a laissé des souvenirs qui ne s’effaceront jamais.

Lorsque notre établissement était menacé par un essai de reconstitution d’un régime administratif rétrograde, vous avez défendu avec l’autorité de votre talent et la fermeté de votre conscience, l’autonomie du Muséum qui a exercé une si grande influence sur son développement.

Vous avez fait acte de patriotisme énergique dans les circonstances douloureuses que nous avons subies.

Lorsque nos trésors scientifiques étaient exposés à la destruction,

C’est également au Muséum que vous ayez créé ce cours si vaste et si profond qui ouvre à la Science des horizons nouveaux.

Rattachant à votre enseignement l’Agriculture, l’Industrie, l’Hygiène, vous avez montré, avec l’autorité qui n’appartient qu’à un des fondateurs de la Chimie moderne, toute l’étendue et la portée de notre science.

On comprend bien que je ne saurais avoir la prétention de donner ici un aperçu, même sommaire, de votre œuvre scientifique.

Tout le monde en connaît l’immensité ; vos découvertes sont inscrites à toutes les pages de l’histoire de la Chimie.

Quel est celui d’entre nous qui pourrait se vanter de n’avoir rien emprunté à vos travaux : nous sommes tous vos élèves ?

Avec votre génie d’observateur incomparable, vous avez fait éclater aux yeux de tous cette grande vérité, c’est qu’aucune observation scientifique ne devient une découverte réelle qu’autant qu’elle a subi le contrôle rigoureux de l’expérience.

Ce contrôle expérimental qui est la preuve de l’observation, vous l’avez poursuivi pendant bien des années et avec une persévérance infatigable ; vous comptiez que le temps , cet auxiliaire indispensable des grandes choses humaines, ne vous manquerait pas pour achever votre œuvre : cette attente n’a pas été trompée. La destinée vous devait bien cette faveur de la prolongation de l’existence, en raison des travaux mémorables dont vous aviez en vue l’accomplissement.

Comment ne pas rappeler que, tout en arrivant à la solution des problèmes les plus difficiles suivis dans leurs détails les plus minutieux, vous avez su toujours conserver cette réserve modeste qui est l’apanage des esprits éminents? Vous avez mis en pratique la maxime de Malebranche, qui sert d’épigraphe à plusieurs de vos ouvrages : « Il faut tendre à l’infaillibilité sans jamais y prétendre. »

Le grand caractère de votre œuvre scientifique qui suffirait pour la consacrer éternellement, est que tout en reculant les limites de la Science, vous avez en même temps reculé celles de l’Industrie.

Vos travaux si glorieusement légendaires sur les corps gras, les matières colorantes et sur tant d’autres sujets du même ordre, ofïrenl des modèles d’observation originale et de précision qui n’ont jamais été dépassés.

Ils ont donné lieu à des applications dont l’utilité pratique et les avantages sont universellement reconnus.

La révolution qui s’est opérée dans notre ancien mode d’éclairage, c’est à vous qu’on la doit.

La fabrication lyonnaise, celles de l’Alsace et de la manufacture des Gobelins vous sont redevables de leurs principaux perfectionnements.

Ces progrès de l’Industrie ont été les conséquences les plus directes de vos grandes découvertes sur les cercles chromatiques et sur le contraste simultané et rotatif des couleurs.

Mais à quoi bon insister sur les services rendus par vous à l’Industrie, quand ils sont suffisamment attestés par la présence des éminents fabricants réunis ici, qui ont voulu prendre part à cette fête, et vous offrir le témoignage public de leur admiration et de leur gratitude ?

Ils n’ont pas oublié que les résultats de vos découvertes, traduits en sommes incalculables, ont toujours été abandonnés par vous au public, avec un désintéressement qui n’est pas, permettez- moi de vous le dire, un des côtés les moins élevés de votre caractère.

Quant à nous, membres de cette vieille famille du Muséum, pouvonsnous ne pas rappeler que votre direction a laissé des souvenirs qui ne s’effaceront jamais.

Lorsque notre établissement était menacé par un essai de reconstitution d’un régime administratif rétrograde, vous avez défendu avec l’autorité de votre talent et la fermeté de votre conscience, l’autonomie du Muséum qui a exercé une si grande influence sur son développement.

Vous avez fait acte de patriotisme énergique dans les circonstances douloureuses que nous avons subies.

Lorsque nos trésors scientifiques étaient exposés à la destruction,

lorsque des bombes arrivaient dans nos galeries et presque dans le logement que vous occupiez, vous êtes resté vaillamment à votre poste dangereux, et vous avez fait placer dans nos Archives l’inscription si tristement historique qui rappelle le bombardement du Muséum.

C’est bien dans un établissement,' dont vous êtes la gloire impérissable, que votre statue devait être érigée ; nous sommes fiers de la posséder.

Elle est vouée à une immortalité certaine, étant la plus noble représentation du véritable savant, proclamé dans le monde entier comme le premier chimiste de son temps, et qui a consacré sa vie centenaire à la recherche de la vérité, cette base éternelle de la Science.

Nous léguons avec confiance cette statue au respect et à l’admiration de la postérité.

Paris. — lmp. Paul DUPONT, 41, rue Jean-Jacques-Rousseau (Cl.). 163.8.86

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