OBSERVATION V
Maurice C.., fils de fille-mère, israélite de 44 ans, né à la Maternité de Montpellier, le 3 octobre 1930. Apporté par la mère à la Pouponnière le 20 novembre 1930 ; reconnu ce jour par sa mère.
Cette dernière, en déposant son fils, paye quatre mois de pension et demande la plus absolue discrétion (lettres sans en-tête), famille ignorant complètement la naïssance de cet enfant.
La mère repart après à Oran, où elle travaille chez son neveu, bijoutier. Jusqu'au mois de décembre 1931, la mère paye régulièrement la pension. En janvier 1932, la mère n’envoie plus ni pension ni nouvelles, Le mois suivant, n'ayant aucune nouvelle, la Directrice écrit au neveu. Ce dernier répond que sa tante est partie de chez lui, après lui avoir confié le secret de la naissance de son enfant et qu'elle lui a remis la somme de 3.000 francs pour subvenir aux frais de pension de ce dernier. Mandat pour paiement des mensualités est joint à cette réponse.
En avril 1932, le neveu annonce que la mère va se. marier et que les fonds pour paiement de pension sont épuisés. La mère, en effet, contracte mariage avec un ami de sa famille, israélite comme elle, et forme le projet secret d'abandonner son enfant.
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Ne donne plus de ses nouvelles et ne s'intéresse plus à son enfant. Le neveu, convoqué d'urgence à la Pouponnière, en vue de décision à prendre pour l’avenir du petit, confie à la Directrice le projet d'abandon formé par la mère. La Directrice de l’œuvre, où on n’admet pas l’abandon, propose au neveu d'adopter l'enfant. Le neveu refuse absolument cette proposition et déclare que, récemment marié et sans enfant, il ne peut accepter l’enfant proposé parce que son mariage serait stérile. Lu,
Devant une situation sans issue, la Directrice, ne connaïssant pas l’adresse de la mère, envoie le neveu auprès de cette dernière et le charge de la mission délicate d'empêcher l’abandon. Celui-ci part sans dire où se trouve Ja mère. Quelque temps après, la mère écrit elle-même pour prévenir qu’elle va désormais s'occuper de son enfant et envoie mandat pour payer le retard de la pension. Elle avait avoué à son mari lPexistence de l'enfant et ce dernier refusait absolument de ladmettre. Devant cette intransigeance, la mère, aimant toujours son cut malgré les défaillances passées, prend la ferme décision de quitter son mari pour garder son enfant.
Le 5 mai 1933, la mère retire son enfant de Ja Pou-
ponnière et s’installe à Montpellier, pour y vivre avec son fils.