‹ Centurie de Lepidopteres de l'Ile de Cuba, contenant la description et les figures colorieés de cent especes de papillons, nouveaux ou peu connusChapitre 1 sur 9 · PROSPECTUS · texte numérisé non relu

PROSPECTUS

L’île de Cuba , !a plus importante des Antilles par sa position géographique , en est aussi la plus considérable par son étendue et sa fertilité. Malgré tous ces avantages, c’est une de celles qui ont été le moins exploitées par les naturalistes voyageurs. Elle renferme cependant de fort belles productions dans les trois règnes de la nature , et des Lépidoptères très-intéressants que l’on n’a pas encore trouvés ailleurs, ni dans les parties les plus méridionales des Etats-Unis , ni dans les îles bien connues de la Jamaïque, Saint-Domingue, la Martinique et la Guadeloupe. Ces dernières localités sont très-souvent indiquées dans une foule d’ouvrages sur les papillons exotiques, tandis que les noms de Cuba et de la Havane se trouvent à peine cités plus de dix fois. C’est donc presque à mes seuls efforts que je dois la formation d’un catalogue, déjà très-grossi , qui doit servir à l’histoire générale des I^épi-

doptères de cette île : ouvrage dont je me suis toujours occupé , et qui m’a fourni les matériaux nécessaires pour composer la présente Centurie.

Pendant l’espace de huit ans , j’ai chassé , à plusieurs reprises, dans l’intérieur de ce beau pays; observant les mœurs des insectes, et me livrant de préférence à l’étude des papillons , dont j’ai souvent dessiné les chenilles. C’est après six ans de recherches dans les bibliothèques publiques et particulières de Paris, ainsi que dans plusieurs ouvrages consultés ailleurs, que je livre au public les figures et la description de cent espèces choisies , dont quatre-vingts, environ, sont tout-à-fait nouvelles; les autres offriront pour la première fois, soit la chenille et la chrysalide, soit la figure de l’espèce, quand elle n’a pas été représentée, soit enfin celle d’un individu de l’autre sexe, lorsqu’il est bien différent.

Voici le plan que j’adopte.

Il n’y aura dans chaque planche qu’une seule espèce de Lépidoptère, qui fournira un nombre plus ou moins grand de figures, d’après le mâle et la femelle , vus en dessus ou en dessous; la chenille, la plante qui lui sert de nourriture; la chrysalide et les grossissements nécessaires. Pour mettre l’ouvrage à la portée d’un plus grand nombre de souscripteurs, j’en ai borné la dépense, en ne faisant colorier qu’une ou deux figures dans chaque planche; les autres seront au trait.

Le texte relatif à chaque espèce sera imprimé séparément, et pourra se classer avec la planche, suivant l’ordre qui sera indiqué dans la dernière livraison.

Il contiendra: i° le numéro d’ordre^ dont le chiffre sera laissé en blanc , pour être rempli plus tard ; 2 ° les noms du genre et de l’espèce; 3° la synonymie y dans un ordre chronologique, où la priorité sera fidèlement respectée : les citations, bien vérifiées, n’offriront pas la

répétition des erreurs les plus anciennes , qui ^ reproduisent et se perpétuent dans presque toutes les synonymies, avec les négligences et les fautes d’impression, qui ont passé sans examen de Linné à Fabricius, et de ce dernier aux ouvrages des entomologistes modernes les plus distingués; 4 ° phrase diagnostique ^ ou courte description de l’espèce, en latin; 5*^ la même phrase traduite en français; 6 ° et 7 ° les caractères des genres nouveaux y en latin et en français; 8 ° la description étendue (en français, ainsi que le reste du texte), qui commencera par l’explication delà planche, et complétera la connaissance de l’insecte que les figures n’auraient pas fait entièrement connaître; \ histoire ^ qui contiendra les mœurs de la chenille, lorsqu’elle sera connue, ainsi que celles du papillon; 10 ® les observations critiques et l’indication des espèces voisines , partie essentielle d’un bon ouvrage , et malheureusement trop négligée.

Je ferai paraître, avec la dernière livraison, le texte suivant : 1 ° le titre de l’ouvrage; la préjace\ 3° le tableau méthodique des especes , avec la synonymie des genres , leurs caractères et les observations qui s’y rattachent ; 4“ la liste des souscripteurs ; 5° X explication des termes scientifiques, accompagnée d’une planche au trait, à l’usage de ceux qui n’ont pas fait une étude particulière de l’entomologie; 6° le nom et les ouvrages des auteurs, cités ordinairement en abrégé; 7 ® la table alphabétique des noms de genre et d’espèce, ainsi que des synonymes employés.

J’ai peint moi-même les dessins originaux, n’ayant voulu les confier à aucun artiste, qui n’aurait pas toujours réussi à saisir et à rendre bien exactement toute ma pensée : en y apportant , comme auteur, les connaissances nécessaires du genre et de l’espèce, je me suis attaché à les représenter avec soin. Les planches seront

coloriées et retouchées de manière à ne pas avoir à «•aindre la comparaison avec les meilleurs iconographes : on verra si je les ai surpassés dans l’exacte vérité des caractères anatomiques. Les palpes et les antennes conserveront leur véritable forme; la longueur proportionnée des articles de chaque tarse sera rigoureusement observée , et toutes les nervures, bien comptées, occuperont leur place respective. On s’est peu appliqué jusqu’à présent à exprimer dans les dessins tous ces caractères, et c’est ce qui rend si difficile la classification des espèces que l’on ne connaît que par figure. Pour obtenir les grossissements util^ , je n’ai pas hésité à briser les individus en tout ou partie. Quant aux contours, ils seront parfaits, car ils sont tous calqués sur l’espèce en nature, à l’aide d’un papier transparent.

M. P. Dumesnil, peintre d’histoire naturelle, connu par d’excellents ouvrages, dirigera, sous ma surveillance, l’exécution des planches, dans tout ce qui a rapport à la gravure , au tirage et à la mise en couleui*.

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