‹ Céphalées et algies cranio-faciales d'origine nasaleChapitre 6 sur 30 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

L'action réflexogène des fosses nasales n’est pas une nouveauté. Elle serait à l’origine de l'existence du genre humain, si l’on en croit la Genèse. Placées en sentinelles

-en avant du carrefour aéro-digestif, les fosses nasales jouent au point de vue de la pathologie générale un rôle qui a été depuis longtemps précisé. Les bronchites, les dyspepsies, les néphrites albuminuriques des (nez bouchés » ont été lumineusement éclaircies. Pour ces considérations on envisageail surtout le processus infectieux. Maisle rôle prépondérant joué par les « épines irritatives » d’origine nasale dans des affections hautement réflexes, comme l'asthme, jeta sur la question un jour nouveau. Déjà Bonnier avait lancé la conception du clavier bulbaire qui ne connut pas toute la fortune qu’elle méritait peut-être. Sans adopter toutes les conceptions thérapeutiques de cet auteur qui eut cependant le mérite d'essayer de préciser le rôle réflexogène de la muqueuse des fosses nasales, il est facile de se convaincre de l’importance de ce rôle, si l’on veut bien considérer :

ET Ce

j° La topographie même des fosses nasales :

Cavités étroites adossées l’une à l’autre, ayant la forme

d’un prisme triangulaire à baseinférieure et à sommet supérieur, dans lesquelles la moindre déformation peut apporter des modifications de perméabilité, de cireulation sanguine, et des compressions diverses ;

20 La richesse d’innervation de là muqueuse nasale et son éminente sensibilité. Cette innervation lui provient du trijumeau, nerf de sensibilité générale, de sorte que la fosse nasale peut être le point de départ des manifestations pathologiques les plus diverses et les plus inattendues, telles que névroses cardiaques (Melzi, Thèse de Milan. 1896), crises d’'hystérie (Casadesus, Revista de laryng.), crises d’épilepsie vraie (Siethoff, Société néerlandaise de laryngologie) ;

3° L'intense circulation sanguine qui existe au niveau de la muqueuse des fosses nasales, dont le déséquilibre peut entrainer des stases ou des anémies locales, susceptibles de modifier la sensibilité ;

4° Le rapport de contiguité et surtont de continuité nerveuse et circulatoire qui existe entre les fosses nasales, les sinus, les yeux et les grands centres nerveux.

Il n’est donc pas étonnant, étant données ces conditions anatomo-physiologiques et topographiques, que l’idée d'attribuer un rôle prépondérant aux fosses nasales'dans la pathogénie de certaines algies craniofaciales, se soit imposée à de nombreux auteurs. Eclaircir cette pathogé-

nie serait notre ambition, mais la question est d’une

complexité singulière. Nous serons heureux si nous apportons une contribution utile à la solution du problème

Rent

en nous inspirant des travaux nombreux parus sur Cé sujet, de l’expérience de nos maîlres et de la nôtre propre.

L'existence des céphalées et algies faciales rhinogènes est connue de longue date. On peut dire que leur.importance a été signalée du temps où la rhinologie n’était pas encore assez avancée pour constituer une branche distincte de la médecine. Ce que décrivaient les vieux cliniciens, c'était la céphalée sym ptomatique banale survenant au cours des infections aiguës ou chroniques du nez et de ses cavités annexes. Mais la céphalée n’intervient là que comme une manifestalion secondaire, noyée dans la symptomatologie bruyante des rhinites ou sinusites. Nous n’étudierons ici que les céphalées et algies faciales n’étant pas en rapport direct avec une infection de la muqueuse nasale. La distinction d’ailleurs entre les algies réflexes et les manifestations douloureuses par lésions inflammatoires locales est, à bien des points de vue, plus apparente que réelle. Nous aurons l’occasion de revenir plus longuement sur cette différenciation et nous verrons, en particulier, que pour quelques auteurs certains de ces troubles qui pourraient passer, au premier abord, pour être d'ordre réflexe, ne sont que la conséquence d’une infection locale, plus ou moins occulte et, en tout cas, latente.

Nous limiterons notre sujet à un autre point de vue, en faisant abstraction des cavités annexes des fosses nasales, comme siège principal des algies que nous envisagerons. S'il est vrai que l'étude des sinusiles aiguës suppurées ne se rattache pas à celle des céphalées ré-

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