‹ Céphalées et algies cranio-faciales d'origine nasaleChapitre 8 sur 30 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

Dans l’histoire des céphalées et algies cranio-faciales rhinogènes, il nous semble de toute nécessité d’opposer deux phases bien distinctes : une époque d’empirisme, pendant laquelle on s’est contenté d'enregistrer et d’utiliser le fait que beaucoup de phénomènes réflexes, et en particulier certaines céphalées et algies cranio-faciales, disparaissent par une intervention sur le nez.

-Une époque, relativement récente, où l’on ne se contente,plus du fait d'observation, où on cherche à en saisir la nature intime, à en pénétrer le mécanisme : c’est la phase vraiment scientifique.

La période empirique ne mérite pas d’être exposée en détail. Elle remonte aux temps les plus reculés et Bonnier — que nous devons citer comme un des premiers auteurs ayant essayé de donner une interprétation scientifique à ces phénomènes douloureux — dit que, du moins pour le côté purement descriptif du sujet qu'il traite, il a été précédé jusque dans l’ancienne médecine chinoise, avec le Tcha-Tchin. Au manque d’interprétation et d'analyse, à l’absence de toute description anatomo-pathologique et pathogénique, correspondait d’ail-

PO

leurs une terminologie des plus vagues, et les derniers travaux de cette époque nous parlent de « céphalée congestive nerveuse, catarrhale, voire idiopathique d’origine nasale. »

A partir de la fin du xix° siècle, un changement se produit. Dès lors, les auteurs ne se contenteront plus d'enregistrer passivement le fait de l'existence de céphalées et algies cranio-faciales rhinogènes, ils essaient d’en faire une étude analytique rationnelle. Ce revirement s'explique d’ailleurs facilement. La question n’a pu être étudiée scientifiquement que le jour où des progrès importants dans les domaines les plus variés ont pu se compléter pour éclairer d’un jour nouveau le problème de la nature intime de ces manifestations douloureuses. Nous éviterons d’'énumérer ici tous les travaux qui ont paru dans les différentes sciences complémentaires de la rhinologie, que ce soit en anatomie ou en physiologie (CI. Bernard, Dastre et Morat, Faignel-Lavastine), en pathologie générale (Widal et son école, Danielopolu), en rhinologie proprement dite où toutes ces notions ont trouvé une application dans les travaux deSluder, Ewing, Ramadier, Duverger et Dutheillet de Lamothe, Canuyt et Terracol, Sargnon, Worms, Bolotte, etc... Il nous a paru au contraire infiniment moins aride, au lieu d’énumérer à Celle plac: tous les travaux qui touchent à ce sujet de plus ou moins près, de faire précéder les chapitres Suivants de quelques mots indiquant les principaux travaux qui s’y rapportent (Cf. Anatomie et Physiologie des nerîs de la pituitaire. Physiopathologie des céphalées et algies cranio-faciales rhinogènes).

Page 1