I. Introduction et Aperçu historique
II. Forme extérieure de la partie initiale de la coquille, dans les Nautilides.
Tableau Nr. 1. Nautilides de la Bohême el des contrées étrangères, montrant la pointe et la calotte initiales de la coquille.
III. Apparences de la cicatrice sur la calotte initiale de la coquille, dans les Nautilides.
Tableau Nr. 4. Nautilides de divers genres, figurés sur les PI. 487—488 — 489, comme types des apparences variées, que présente la cicatrice sur la calotte initiale.
IV. Premières loges aériennes, dans la partie initiale de la coquille.
V. Concordance entre les Nautiles paléozoiques et les Nautiles mésozoiques, sous le rapport de leur extrémité initiale.
VI. Concordance entre les Nautiles anciens et les Nautiles de la faune actuelle, sous le rapport de leur extrémité initiale.
Interprétations opposées au sujet de la cicatrice.
VII. Contrastes entre l'extrémité initiale de la coquille des Nautilides et celle de la coquille des Goniatides et Ammonides.
Tableau Nr. 6. Goniatides et Ammonides de diverses contrées, montrant la partie initiale de la coquille et figurés sur nos planches.
2 Partie initiale de la coquille,
VIII. Considérations chronologiques au sujet des Nautilides, des Goniatides et des Ammonides.
IX. Conclusions de nos études sur la partie initiale de la coquille des Céphalopodes.
!• Introduction et Aperçu historique.
Il est rare de rencontrer, dans les Nautilides siluriens de la Bohême, l'extrémité initiale de la coquille, assez bien conservée pour être soumise aux observations minutieuses et exactes, qu'exige la solution des questions d'embryologie. Cependant, parmi les milliers de fossiles de cette classe, que nous avons rassemblés dans notre bassin, il s'en trouve un nombre notable, dans un état de conservation assez favorable, pour se prêter à des études satisfaisantes, sinon sur la structure interne, du moins sur la forme et les apparences extérieures de la pointe initiale. Les exemplaires, que nous avons recueillis dans cet état, appartenant à des espèces, qui représentent les principaux genres des Nautilides existant dans notre terrain, l'identité remarquable, que nous allons signaler, dans leur conformation externe, doit donner quelque importance à nos observations. Cette importance s'accroît par la concordance, que nous remarquons entre l'extrémité initiale de ces Nautilides siluriens et celle des Nautiles mésozoiques, qui ont pu être observés dans cette partie de leur coquille. Mais, elle est surtout rehaussée par la parfaite harmonie de ces apparences embryonnaires avec celles que nous offrent Nautilus Pompilius et N. umhiUcatus^ espèces principales qui représentent cette famille, dans la faune des mers actuelles.
Avant d'exposer nos études sur la partie initiale des Nautilides, nous rappellerons les obseiTations de nos devanciers sur le même sujet.
1696. 2. Décembre. Le Doct. Robert Hooke lit devant la Boyal Society de Londres un mémoire sur les phénomènes, qu'on peut observer dans le mollusque appelé Nautilus, Ce mémoire n'a été publié qu'en 1726 par W. Derham, sous le titre de: Philosophical experiments and Observations.
Sur la p. 306 nous trouvons le passage suivant, que nous traduisons :
Introduction et Aperça historique. 3
„La nature a pourvu le Nautile d'une curieuse coquille, en la divisant en plusieurs cellules ou cavités distinctes, au moyen de certains diaphragmes ou compartiments, qui n'ont entre eux aucune communication, si ce n'est par le moyen d'un conduit ou tube, qui les traverse toutes, à partir des entrailles ou corps de l'animal, placé dans la cavité à l'entrée de la coquille, jusqu'à l'extrémité du cône spiral ou coquille de forme conique, qui se termine à son centre ou origine de la spire et présente en cet endroit un soupirail ou iûien une ouverture, que j'ai précédemment découverte en examinant très attentivement une de ces coquilles, après l'avoir ouverte, bien que ce Sjoupirail n'ait été mentionné jusqu'à présent par aucun auteur à ma connaissance."
Cette notice a été copiée par nous, d'après le volume cité, dans le cabinet de M. Deshayes, durant l'hiver entre 1854 — 1855.
L'observation de Doct. Hooke aurait donc suffi pour nous révéler l'existence de la cicatrice sur la calotte initiale de la coquille de Naut Pomjpilius^ si les préparations de M. Philippe Potteau, dont nous allons parler,, n'avaient déjà rendu commune la connaissance de cette particularité, à tous ceux qui s'occupaient, à cette époque, de l'étude des Céplialoçodes.
1836. Le Prof. Phillips décrit et figure sous le nom de Orth. rugoswm^ Flem. un Gyrtoceras de forme très courte et dont l'extrémité initiale, fortement conique, paraît parfaitement conservée. La description indique seulement, que la coquille se termine brusquement par une forme conique. La figure nous montre, que cette extrémité ne peut être que la calotte initiale. Elle est figurée seulement de profil et elle est couverte de stries longitudinales, interrompues par le premier des anneaux transverses, caractéristiques pour cette espèce. Il n'existe pas de figure qui montre l'extrémité vue de face. Par conséquent, nous ne pouvons pas reconnaître s'il existe une cicatrice. Le seul spécimen figuré étant entièrement recouvert par son test, on ne peut pas voir les cloisons. Cette espèce peut être comparée avec notre Gyrt. obtusum^ PI. Ï52, sous le rapport de son extrémité. (Geol of Yorlcsh,, II, p, ^39, PL 21, H 16.)
Nous ferons remarquer, que la fig. 10 de la même planche, représentant un spécimen de Orth, annulare (annulatum? Sow.) semble indiquer une conformation semblable à celle de Gyrt. rugosum. Mais la partie initiale de la coquille est endommagée.
4 Partie initiale de la coquille.
Nous reproduisons sur notre PI. 487, la figure de Gyrt, rugosum donnée par le Prof. Phillips.
1842. Le V*® d'Archiac et M. de Vemeuil, en décrivant Orth, regularis de Wissenbach, ajoutent: «Dans les mêmes couches, nous rencontrons de petits amas d'Orthocères circulaires, de 7 à 8 millim. de longueur sur une largeur de ^ mm. Ces coquilles microscopiques, qui sont légèrement courbes, paraissent être les jeunes de 0. regi(r laris^ bien que nous n'ayons pas été toujours en état de reconnaître la place du siphon. La plupart sont lisses, mais il y en a qui portent des anneaux très déliés; et comme il est rationnel de supposer, que tous les individus d'un même amas appartiennent à la même espèce, dont ils seraient les gemmes, ces différences extérieures pourraient être considérées conune caractérisant le sexe des individus." (Rhen, Prov. in GeoL Trans. 2, ser. VI, p. H, 344.)
Nous ne connaissons aucun fait en Bohême, qui puisse servir à confirmer l'interprétation, que donnent les savants cités, aux ornements des jeunes Orthocères de Wissenbach. Il nous semble même, qu'il ne serait pas irrationnel de supposer, que les individus trouvés dans un même amas n'appartiennent pas nécessairement à une seule et même espèce. En effet, l'on sait que les corps entraînés par les eaux sont souvent assemblés par groupe, suivant leur volume et leur gravité, indépendamment de leur nature spécifique. Les schistes de Wissenbach renferment avec 0. regularis une autre espèce annelée, nommée 0. Wissenhachi, A. V. à laquelle on pourrait rattacher les jeunes spécimens offrant des ornements de la même forme.
1842. M. le Prof. Ed. Eichwald décrit et figure, sous le nom de Cyrtoc. laeve, Murch. la partie inférieure d'un spécimen, qui conserve son test avec la calotte initiale. Toute la surface est couverte par des stries fines, transverses. (Urw, Russl. II, p. 71, PI S, fig. 5.)
La figure que nous citons est en parfaite harmonie avec celles que nous donnons pour divers Cyrtoceras de la Bohême. Elle pourrait être comparée à celle de Cyrtoc, verna, vBarr. sur notre PL 487, case II, fig. 1.. Mais, comme elle représente la face latérale, on ne peut pas reconnaître s'il existe une trace de la cicatrice sur la calotte initiale.
M. le Prof. Eichwald fait remarquer que l'espèce russe n'est pas identique avec la forme anglaise, provenant des calcaires de Ludlow, c. à d. de la faune troisième. Cette différence se conçoit
Introduction et Aperçu historique. 5
d'autant plus aisément, que le Cyrtocère décrit par le Prof. Eichwald provient des bords de la Popowka, c. à d. des dépôts renfermant la faune seconde.
Une observation plus importante dfe ce savant consiste, en ce qu'il n'a pu reconnaître ni le siphon, ni la trace des cloisons. On peut donc douter de la nature de ce fossile, qui pourrait être un Gastéropode.
La même observation s'applique à Cyrtoc, laeve, figuré dans le Silur. System, PL 8-, fig. 21, Cette espèce, avec la même figure, a été reproduite sur la PI. 25 de la Siluria fig. 9, sous le nom de Ecculiomphalus laevis. Comme les apparences de ce Gastéropode diffèrent notablement de celles de Cyrtoc. laeve, Eichw., il reste encore un doute sur la véritable nature de ce dernier. Nous ne le mentionnons en cette occasion, que pour provoquer un nouvel examen de la part des paléontologues russes.
Nous ferons remarquer, que Cyrt. laeve, Eichw. n'a pas été énuméré par nous, dans nos tableaux nominatifs des Cyrtocères de la Russie.
1843. Portlock figure divers Orthocères avec une pointe initiale, savoir:
Orth. subcostatus, Portl., PI. 26, 1 spéc, fig. 6 a, [ Geol. Report. 0. gregarium? Murch., PI. 27, 1 spéc, fig. 8. Londond.
O. triangulare? Portl., PL 28 a, 3 spéc, fig. 3 a, b, c[ . . . &c . . .
Malheureusement, ' la plupart de ces fossiles ont subi un écrasement. Cependant, comme tous montrent une extrémité initiale également aiguë, il est impossible de supposer l'existence d'un ovisac dans ces espèces.
Orth, subcostatus et 0. triangulare? ont été trouvés dans la faune seconde silurienne et Orth. gregarium? dans la faune carbonifère.
1844. M. le Prof. M'Coy décrit et figure, sous le nom de Orth. mucronatum, uùe espèce carbonifère d'Irlande, dont la pointe, figurant un cône aigu, est comparée à celle de Belemn. mucronatus de la craie. (Synops. Carbon. Foss. PL 1, fig. 1.)
L'apparence de la pointe initiale de cet Orthocère contraste fortement avec celle de la forme ovalaire, qui caractérise l'embryon des Ammonites et Goniatites.
5 Partie initiale de la coquille.
1844. M. le Prof, de Koninck décrit et figure de nombreuses espèces de Nautiles, provenant du terrain carbonifère de la Belgique. On voit, d'après les figures, que plusieurs des spécimens sont très bien conservés et montrent l'origine de la spire. A ce sujet, le savant auteur s'exprime comme il suit:
„Les Nautilus subissent, en général, pendant leur accroissement, des changements assez considérables dans leur forme et dans leurs ornements extérieurs, pour qu'il ne soit pas inutile de nous y arrêter quelque temps. Tous commencent par représenter un cône plu§ ou moins obtus et recourbé, que l'on prendrait facilement, avant l'achèvement du premier tour de spire, pour un fragment de Gryroceras, surtout lorsque les espèces sont largement ombiliquées et lorsque les tours de spire ne sont que peu ou point embrassants. Dans ce dernier cas, le centre de la. spire est plus ou moins largement perforé, ainsi qu'il est facile de le constater sur Ncmt. excavatus, Sow. de l'Oolite inférieure et sur la plupart des espèces carbonifères. Remarquons en outre, que, dans toutes ces espèces, dont nous avons eu occasion d'examiner le premier |our de spire, la section transversale de ce premier tour est presque parfaitement circulaire, le dernier fût-il anguleux, comme il l'est ordinairement dans ces espèces, déprimé de haut en bas Ou latéralement, ou même complètement tranchant."
„La plupart de ces espèces ont encore leurs coquilles ornées de côtes longitudinales dans leur jeune âge, principalement sur la partie dorsale; ces côtes s'effacent peu à peu et disparaissent entièrement sur le dernier tour de spire de quelques espèces, (N. biàngulatm, Sow.), tandisqu'elles persistent dans d'autres (N. cyclostonms, Phill.). Il en est, dont la surface est en même temps ornée de stries transverses, ordinairement persistantes jusqu'à la fin, tout en devenant moins sensibles, {N. Leveillanus, Konck.). Chez quelques unes enfin, les côtes du jeune âge se transforment en des carènes fortement prononcées du second au troisième tour de spire, pour s'effacer de nouveau plus ou moins complètement, lorsqu'elles sont bien adultes. (N. muUicarinatus, Sow. et N. pinguis, Konck.) La bouche de la plupart de ces coquilles est toujours profondénaent échancrée dans son milieu et souvent sinuée sur les côtés." (Anim. Foss. Belgique, p. 541.)
Parmi les espèces, qui paraissent offrir la partie initiale de la coquille intacte d'après les figures, nous citerons:
Introduction et Aperçu historique.