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[ovT&ac distinct, plus l enfle que T origine
de la spire.
Joyisan un peu enflé^
di&tinGt de rori^-
ne de la spire.
ofi^ac vijiible d^pa la spgL
Figures reproduites
d'après M. Uyatt,
Embrfjol, FL 3.
Figure a repioduitea d^aprÈs M, le D.
G. Sand berger.
rOrgan. d. GomaUt.j Jnhrb. d. Nous.
Ver. f. Naturhf p, îô, 1861.
Figures reproduites d'après M. Hyatt, Embryol., FI. 3.
Coll. de la Sorb., à Paris.
Coll. de l'Ecole d.MiB., à P.
Coll. de la Serb., à Paris.
Coll. de l'Ecole des Hioes, à Paris.
Contrastes entre les Nautilides et les Goniatides. 65
En outre, ce savant annonce avoir aussi observé un ovisac semblable dans les Scaphites et les Crioceras, Mais, il n'a pas eu l'occasion de reconnaître le même élément initial dans les genres, dont la coquille est encore moins enroulée, et spécialement dans BacuUtes, (Foss, Cephalop^'Emhryolpgy, 1S72.)
En comparant toutes les formes des Ammonides et des Goniatides, dont l'ovisac a été observé jusqu'à ce jour, on voit, que leur nombre total est encore peu considérable par rapport à celui des espèces déjà nommées dans ces 2 familles. Cependant, malgré cette faible proportion, et en faisant abstraction des espèces terminées par une pointe, dont l'extrémité est indistincte, nous devons admettre en général, que la coquille des Ammonides et des Goniatides commence par un ovisac, distinct de l'origine de la spire, à laquelle il est adapté.
D'après les figures dessinées par M. Hyatt et l'exposé de ses observations, l'ovisac des Ammonides est un coi-ps plus ou moins enflé, contrastant par son volume plus dilaté avec la partie contigue de la spire cloisonnée, dont les diamètres sont relativement moindres. Cet ovisac représente habituellement un ellipsoide transverse, dont on voit les plus grandes dimensions lorsqu'on regarde la coquille par le côté ventral, ou par le côté dorsal. Il paraît, au contraire, moins volumineux, lorsqu'on l'observe par ses 2 extrémités, c. à d. par les faces latérales de la coquille, (l. c. p. 67.)
Il est possible que cette conformation soit en relation avec l'épaisseur des coquilles.
Malgré quelques variations de forme, dans l'ovisac des divers Ammonides étudiés par M. Hyatt, ce savant nous enseigne, (p. 68) que, dans la majorité des espèces, il n'existe pas une grande différence entre les Anvmonites et les Goniatites^ sous le rapport de l'élément injtial de leur coquille. Cette circonstance nous dispense d'établir un parallèle particulier entre les Nautilides et le genre Goniatites.
Cela posé, considérons les différences, que l'existence d'un ovisac dans les Ammonides constitue entre cette famille et celle des Nautilides.
1. Dans tous les cas observés, l'ovisac des Ammonides est caractérisé par sa forme relativement enflée par rapport à l'origine contigue de la spire proprement dite. En d'autres termes, il existe une constriction séparant nettement l'ovisac du reste de la coquille
gg Partie initiale de la coquille^
et indiquant leur distinction d'une manière très apparente sur la surface externe.
Au contraire, dans les Nautilides, nous avons constaté ci-dessus (p. 23), la continuité de la surface conique de la coquille jusqu'à la calotte initiale, qui couvre son extrémité, sans qu'on puisse distinguer l'existence de 2 parties non identiques, comparables à l'ovisac et à la spire des Ammonides et des Goniatides. L'ovi^aç n'existe pas dans les Nautilides.
Nous rappelons ci-dessus, p. 35, que cette conformation, à calotte initiale, sans ovisac, a été reconnue dans environ 50 formes siluriennes de Bohême, appartenant à 9 genres de la famille des Nautilides. On la retrouve aussi dans divers Nautiles mésozoiques et tertiaires, de sorte que ce type se manifeste avec une continuité remarquable à partir de l'origine de la faune seconde, jusqu'aux Nautiles qui vivent dans les mers actuelles.
On peut remarquer, que le nombre des formes connues, qui représentent ce type, est comparable à celui des espèces, qui ont montré le type de l'ovisac, soit dans les Goniatites, soit parmi les Ammonides,
2. Par suite de la forme ellipsoïdale, transverse, de l'ovisac dans les Ammonides, la communication entre cet élément initial et la spire proprement dite de la coquille est établie par une ouverture également elliptique et transverse, dont les dimensions paraissent suffisantes pour le passage du jeune mollusque, malgré la constriction partielle que nous venons de mentionner.
Au contraire, dans les Nautilides siluriens de la Bohême, dans divers Nautiles mésozoiques, cités ci-dessus, dans les Nautiles tertiaires et enfin dans les espèces vivantes, Naut. Pofhpilius, Naut. umhïlicatus &c., la seule trace d'une communication entre la partie initiale de la coquille et l'extérieur consiste dans une ouverture très étroite, représentée par une cicatrice linéaire sur la calotte recouvrant cette extrémité.
Il serait impossible de concevoir, que cette petite ouverture ait pu donner passage au mollusque, dont le volume primitif est mesuré par la pointe de la coquille, qu'occupent les premières loges aériennes. Voir ci-dessus (p. 45), nos observations au sujet de l'interprétation de la cicatrice.
Contrastes entre les Nautilldes et les Goniatides. 67
Malgré l'évidence de cette impossibilité, M. Hyatt n'en considère pas moins la cicatrice comme indiquant l'ouverture, par laquelle l'animal passait probablement de l'oeuf dans la pointe du premier tour de spire des Nautilldes, (p. 73.) Il donne même une figure idéale, représentant l'ovisac en place, sous la calotte initiale de Naut. Pompilius, (h c. p. 110.)
3. La cicatrice sur la calotte initiale des Nautilides est dirigée, sans exception connue, suivant le plan médian de la coquille. Elle se trouve encore dans ce plan médian, lorsqu'elle est réduite à une petite perforation circulaire.
Au contraire, l'ouverture par laquelle l'ovisac communique avec la spire dans les Ammonides présente une direction transverse, c. à d. à angle droit par rapport à celle des Nautilides. Il y a donc, sous le rapport de cette direction, un contraste frappant, qui a été déjà remarqué par M. Hyatt. (l. c. p. 74,)
Ces observations ne permettent pas d'assimiler la cicatrice des Nautilides à l'ouverture par laquelle l'ovisac des Ammonides communique avec la spir^.
4. On n'a jamais observé dans les Ammonides, sur la surface de l'ovisac opposée à la spire, aucune cicatrice analogue à celle de la calotte initiale des Nautilides. Cette circonstance contribue à indiquer, que cette calotte ne peut pas être considérée comme faisant partie d'un ovisac.
Ainsi, la calotte initiale des Nautilides ne peut être assimilée, ni à la partie antérieure, ni à la partie postérieure de l'ovisac.
5. Nous avons énuméré ci-dessus (p. 28) sur notre tableau Nr. 1, une série de formes, qui nous montrent une calotte lisse et sans aucune trace de cicatrice. Si cette apparence pouvait être interprétée comme indiquant la non-existence d'une fissure quelconque, elle exclurait en même temps la supposition d'un ovisac, au dessous de la calotte initiale. Mais, il nous semble plus probable, que la fissure a été eflfacée par des rechargements extérieurs.
6. D'après les documents publiés, il n'est pas constaté jusqu'à ce jour, qu'on ait observé des ornements sur l'ovisac des Ammonides et des Goniatides.
Au contraire, la calotte initiale des Nautilides est le plus souvent ornée de stries, les unes concentriques à la cicatrice et les
68 Partie initiale de la coquille.
autres rayonnantes à partir du centre. Nous avons constaté la coexistence de cette double ornementation, ou réseau, dans diverses, espèces siluriennes de la Bohême, énumérées ci-dessus sur notre tableau Nr. 1, (p. 28). Nous la retrouvons dans plusieurs Nautiles mésozoiques, comme aussi dans Naut Pompilius. Nous n'observons que des stries concentriques sur quelques espèces siluriennes, et, au contraire, des stries rayonnantes seules sur un petit nombre de formes indiquées sur le tableau cité. Ainsi, la surface de la calotte initiale est ornée sur 36 espèces. Mais, il en reste environ 12, sur lesquelles cette surface paraît lisse. Ces nombres ont été établis ci-dessus après le tableau Nr. 4, à l'occasion de l'absence éventuelle de la cicatrice (p. 45).
Ce contraste entre la surface lisse de l'ovisac des Ammonides et la surface le plus souvent ornée de la calotte initiale des Nautilides tend bien à montrer, que les relations du jeune mollusque avec l'extérieur devaient être notablement différentes dans les 2 cas. Cette différence doit nous indiquer des contrastes correspondants dans leur conformation.
Remarquons encore, que l'existence d'ornements, toujours très délicats, sur la calotte initiale, contribue à confirmer l'opinion, que l'oeuf des Nautilides n'était point appliqué sur la surface de cette extrémité. En effet, on conçoit que la sécrétion, qui aurait dû nécessairement souder ensemble, au moins temporairement l'oeuf et la calotte, à cause de la forme convexe ou conique de celle-ci, dans les formes siluriennes, aurait effacé cette ornementation, qui caractérise seulement les surfaces du test, externes et libres, dans les Céphalopodes.
7, Considérons aussi, que nous ne rencontrons jamais aucun ornement sur les parois internes des coquilles et notamment sur leurs diaphragmes ou cloisons.
Or, s'il eût existé un oeuf, ou ovisac, avec un tégument solide dans les Nautilides, comme dans les Ammonides, en supposant même que cet ovisac eût été caduc dans la première famille, au lieu d'être fixé comme, dans la seconde, la calotte terminale représenterait nécessairement la première cloison. A ce titre, elle devrait être invariablement lisse, comme la première cloison des Ammonides et des Goniatides. Ainsi, la fréquence des ornements sur sa surface doit nous convaincre, que son origine est différente de celle des cloisons
Contrastes entre les Nautîlides et les Goniatides. 60
internes. Cette conclusion confirme les précédentes, au sujet de l'absence d'un oeuf solide, ou ovisac, dans les Nautilides.
Dans le cas de Naut Pompilius^ M. Hyatt figure une bande un peu aplatie autour de la cicatrice et il la considère comme représentant la surface d'adhérence entre l'ovisac et l'extrémité de la spire (l, c. PL 3), Mais, on doit remarquer, que cette apparence ne diffère pas notablement de la forme plus ou moins bombée de la calotte initiale dans les Nautiles siluriens. Comme d'ailleurs, elle reproduit exactement la même ornementation, elle ne peut donner lieu à aucune modification des considérations qui précèdent.
8. Nous apprenons par les découvertes de M. Hyatt, que, dans les Ammonides, le siphon commence par un élément fermé au bout et un peu plus dilaté que les éléments suivants. Ce premier élément, ou coemm à l'origine du siphon, traverse les 2 premières cloisons et pénètre plus ou moins dans l'ovisac. Les fig. 1 — 7 — 8, sur la PI. 2 du mémoire cité, montrent clairement cette conformation dans les 3 Ammonites étudiées par ce savant et dont les noms ont été indiqués ci-dessus (p. 63). Nous reproduisons sur notre PI. 490, case VI, la figure de Deroceras planicosta^ qui montre bien la pénétration du siphon dans l'ovisac.
Dans les Qoniatites figurés par M. Hyatt, PI. 3, le coecum du siphon pénètre aussi dans l'ovisac, c. à d. au delà de la première cloison. Mais, cette pénétration est relativement moins étendue que dans les Ammonites citées. Voir sur notre PL 490, case IV, la figure de Gmiiat Listen\ reproduite d'après M. Hyatt, et qui montre cette conformation.
Par contraste, dans Naut Pompilius^ le premier élément du siphon, un peu dilaté et formant aussi un coecum^ est placé tout entier entre la première cloison et la calotte initiale, sur la paroi interne de laquelle il paraît s'appuyer, vers l'extrémité ventrale de la cicatrice. Voir sur notre PI. 489, case X, la fig. 5, qui expose cette disposition.
Les détails de cette conformation ne peuvent pas être vérifiés sur nos Nautilides siluriens. Mais, d'après la concordance observée dans toutes les apparences de la calotte initiale, comme dans tous les autres éléments de la coquille, nous sommes autorisé à penser, qu'il ^ste le même accord dans la structure de cette extrémité du siphon.
ilï^Ktt^^V^^'
70 Partie initiale de la coquille.
Nous remarquons d'ailleurs, que M. Hyatt figure Naut. lineaim. Sow., espèce jurassique, et il montre son siphon, dont le coemm' dilaté est placé, comme dans Naut. Pompilius, entre la preniière cloison et la calotte initiale. (L c, PI. 4, fig. 10).
D'après ces faits, il existe un contraste, relatif à l'origine du siphon dans les types comparés. En effet, cet organe pénètre plus ou moins dans l'ovisac des Ammonides et des Goniatides, tandisqu'il paraît invariablement exclu de l'ovisac supposé des Nautilides, par l'interposition, de la calotte initiale.
Ce contraste existerait également, si l'on supposait avec M. Hyatt un ovisac temporairement fixjé sur la calotte initiale des Nautilides, selon la figure idéale qu'il a donnée de cette combinaison. (l. c. p. 110).
En somme, d'après les contrastes multipliés, que nous venons d'indiquer, il existe une différence radicale entre le type embryonnaire invariablement représenté par une calotte initiale, sans ovisac, dans les Nautilides et le type embryonnaire aussi constamment représenté par un ovisac sans calotte initiale, dans les Goniatides et dans les Anmionides.
S'il est vrai, comme nous l'enseignent les théories, que la similitude des embryons dans diverses familles, constate pour elles une même origine, le contraste entre leurs embryons doit aussi sûrement constater pour elles une origine différente.
D'après les faits exposés, en nous plaçant au point de vue de la doctrine de l'évolution, nous sommes autorisé à formuler les 2 conclusions suivantes:
1. Les Goniatides et les Ammonides dont l'embryon figure un ovisac, sans calotte initiale, ne dérivent point par filiation et transformation de la famille des Nautilides, antérieurement existante et dont la coquille commence par une calotte initiale, sans ovisac.
2. Par suite du même contraste dans leur embryon, les familles des Nautilides, des Goniatides et des Ammonides ne dérivent point par filiation et transformation d'un même ancêtre commun, placé par l'imagination dans la nuit des temps antésiluriens ; car, cet ancêtre commun devrait être représenté dans les 3 familles par une même forme embryonnaire.
Nous prions le lecteur de remarquer que, outre les différences que nous venons de signaler entre les familles comparées, il en
Contrastes entre les Nautibdes et les Goniatides. 71
existe d'autres, récemment découvertes par M. Munier-Chahnas. Nous n'avons pas pu les exposer dans le texte qui précède, parceque cet habile observateur n'a pas encore publié les résultats de ses travaux, avec les développements et figures convenables. D s'est borné à les annoncer dans une courte communication à l'Académie des sciences de Paris. Nous en avons donné l'analyse ci-dessus dans notre aperçu historique, p. 22, 1873.
Forme exceptionnelle de la pointe initiale de la coquille, parmi les Ammonites.
Dans l'Introduction de la partie VII de ce chapitre, nous avons fait allusion aux espèces exceptionnelles dans la famille des Ammonides, en constatant que ces espèces sont terminées par une pointe, dont l'extrémité est indistincte.
Il nous a été impossible d'étudier ces fossiles, pour apprécier la forme véritable de leur pointe initiale. Mais, en cette occasion, nous croyons devoir signaler leur existence et indiquer les sources littéraires, dans lesquelles elles ont été plus ou moins explicitement mentionnées.
1850. 1851. MM. les DD. Sandberger considèrent l'oeuf des Goniatites comme pouvant servir à différencier les genres Goniatites et Ammonites. Nous avons traduit ci-dessus, p. 9 dans notre aperçu historique 2 passages, dans lesquels cette opinion est exprimée. L'un est extrait du grand ouvrage intitulé Verst Nassau, p. 59, et l'autre de la notice intitulée Organisation der Goniatiten, p. 16.
Les espèces citées par les DD. Sandberger sont:
Amm. laevigatus .... Rein. | Amm. complanatus . . . Rein.
Elles appartiennent à l'Oolite inférieure de Thumau.
Une autre espèce, Gon. diadema de Choquier, est considérée par ces auteurs comme présentant la transition entre l'oeuf des autres Goniatites et l'extrémité conique des Ammonites.
1858. M. le Prof. Quenstedt décrit, sous le nom de Hamites bifurcati, une espèce dont les spécimens figurés ne montrent qu'une pointe ténue et lisse, sans apparence d'aucune bulle initiale. (Jura /, p. 404, PI 55.)
72 Parde initiale de la éoqtiille.
Nous avons traduit ci-dessus, dans notre aperçu historique, p. 15, la description que donne le Prof. Quenstedt de ces apparences insolites.
1863. M. W. A. Ooster décrit et figure un grand nombre d'espèces, qu'il réunit dans le seul type générique Ancyloceras, mais qui avaient été antérieurement attribuées à plusieurs autres genres des Ammonites. (Catah des Géphalop, foss. des Alpes suisses.)
Ces espèces présentent des apparences diverses dans la pointe initiale de leur coquille et nous les avons rangées en 3 catégories, ci-dessus, p. 17, dans notre aperçu historique. Parmi elles, les unes permettent de reconnaître un ovisac distinct, tandisque dans les autres l'extrémité initiale de la coquille semble plus ou moins aiguë. Nous prions le lecteur de jeter un coup d'oeil sur notre notice.
Ces documents, les seuls à notre connaissance, ne nous semblent pas encore assez positifs pour établir définitivement le fait que, parmi les fossiles attribués jusqu'ici à la famille des Ammonides, il en existe un certain nombre, qui n'offrent pas le caractère fondé sur la présence d'un ovisac. Mais, si ce fait venait à se confirmer d'une manière indubitable, il constituerait un exemple de l'introduction inattendue d'une nouvelle série de formes, contrastant avec les Ammonides par leur pointe initiale. Ce fait rappellerait l'apparition des Ooniatites au milieu des Nautilides, durant la faune troisième silurienne.
\^II. Considérations chronologiques au sujet des Nautilides, des Goniatides et des Ammonides.
Les contrastes, que nous venons d'exposer entre la première famille et les 2 dernières, deviennent encore plus frappants, si l'on considère l'époque de leur apparition.
n a été établi dans nos études sur la distribution verticale et horizontale des Céphalopodes, dans les contrées siluriennes, que cet ordre des mollusques avait apparu pour la première fois et d'une manière soudaine, à l'origine de la faune seconde. À cette époque, les Céphalopodes offraient uniquement des types appartenant à la seule famille des Nautilides, et très variés dans leurs formes, à partir de Orthoeeras jusqu'à Nautilus et Trochoceras. C'est la
Gonsîdémtîons chronologiqueê. 73
faune seconde d'Amérique et du Nord de l'Europe, qui nous a fourni ces documents.
En ce qui concerne en particulier la Bohême, la faune seconde n'a présenté que des formes droites et nos colonies ellesmêmes ne nous ont fourni qu'un couple de formes arquées du genre Cyrtoceras.
Le grand développement des Nautilides dans notre bassin a eu lieu dans notre étage E, dans lequel nous connaissons plus de 637 formes spécifiques de cette famille, prises en considération dans nos Etudes générales. Ce nombre s'est élevé à 856 d'après le Késumé numérique, à la suite de notre Série tardive, p. 266, Suppl* Durant l'époque représentée par cet étage, le genre Nautilus a fait sa première apparition temporaire dans notre bassin. Nous trouvons 5 espèces de ce type dans la bande e 2, au-dessus de laquelle il disparaît, pendant le dépôt des bandes fl— f2 — gl— g2.
Après cette longue intermittence, Ncmtilus reparaît dans notre bassin, sur l'horizon de la bande g 3, sur lequel nous avons recueilli 3 nouvelles espèces, indépendantes de celles de l'étage E.
Kappelons maintenant, que le genre GonicUites est absolument inconnu dans la faune seconde de toutes les contrées siluriennes, jusqu'ici explorées sur les 2 continents. H est vrai, que 2 formes de la faune seconde ont été rapportées au genre Bactrites, supposé de la même famille, l'une en Bohême, l'autre en Russie. Ce fait tendrait à faire remonter la famille des Goniatides aussi loin que celle des Nautilides. Mais les obsei-vations, que nous avons présentées ci-dessus (p. 804, Texte III), au sujet du genre Bactrites, ne permettent plus aujourd'hui de lui assigner avec vraisemblancee une origine aussi reculée.
Dans tous les cas, l'apparition la plus ancienne des Ooniatites, d'après lés documents existants, a eu lieu en Bohême, durant le dépôt de notre bande f2, dans laquelle nous avons constaté la présence de 7 espèces de ce type, énumérées sur nos tableaux Dominatifs de la distribution verticale des Céphalopodes, p. XXIII, Texte IV,
H est intéressant de remarquer, que l'époque de la première apparition de nos Goniatites correspond à l'intermittence, que nous venons de signaler dans l'existence des Nautiles en Bohême. Cette circonstance ne tendrait point à indiquer une filiation du nouveau
74 Partie initiale de la coquille.
type à partir du type le plus ancien. En effet, lorsque les premiers Goniatites ont surgi soudainement dans notre bassin, il n'y existait plus aucun Nautilus pour les engendrer. /
En outre, les chiffres, que nous venons de rappeler, montrent, que, dès sa première apparition dans notre bande f2, le genre Goniatites a fourni 7 espèces distinctes, tandisque le genre Nawtilm n'en avait présenté que 5 pendant son existence temporaire en Bohême, dans notre bande e 2. Ces chiffres sont loin de correspondre aux progrès lents et successifs de la transformation admise par les théories, car toutes les apparitions et disparitions ont eu lieu d'une manière relativement soudaine.
Quelque temps après sa première apparition, le genre Gmiatites semble disparaître pendant le dépôt de la bande très puissante gl, au sommet de laquelle nous le retrouvons. Ensuite, il s'est maintenu en Bohême avec diverses variations dans le nombre de ses représentants spécifiques, dans les bandes g2— g3— hl. Le maximum de ce nombre est de 14, dans notre bande g 3.
C'est précisément durant le dépôt de la même bande, que nous voyons reparaître le genre Nautilus avec 3 espèces. Il est bien difficile de concevoir, comment il se reproduit après une si longue intermittence, précisément à l'époque de la plus grande prédominance des Goniatites, que la théorie indiquerait comme remplaçants, par voie de sélection natui-elle et par l'élimination des Nautiles.
Après avoir exposé ces faits historiques, transportons-nous idéalement en Bohême, vers la fin de la faune troisième silurienne et supposons l'existence d'un évolutioniste précurseur, bien informé, qui, voyant disparaître les Nautiles et apparaître les premiers Goniatites^ aurait naturellement reconnu l'application des doctrines de la filiation et de la transformation. Ce savant silurien aurait dû s'exprimer alors comme s'expriment les évolutionistes de nos jours sur le même sujet, c. à d. à peu près dans les termes suivants:
„ Abstraction faite de la première origine des Céphalopodes, cachée dans la nuit des temps, les faunes connues n'ont fourni jusqu'ici que des Nautilides. Bien que représentés par un grand nombre de types, d'apparence diverse, ils descendent tous par filiation et transformation d'un même ancêtre commun. Cette descendance est démontrée par ce fait, que tous ces types quelconques présentent invariablement la même forme embiyonnaire de la coquille, c. à d. une calotte initiale, à l'origine de la série des cloisons et des loges
Considérations chronologiques. 75
aériennes. C'est ainsi que ces types rappellent la forme du prototype, dont il ne reste pas d'autres traces."
^Maintenant, c. à d. pendant le dépôt de la bande f 2, voici un nouveau type qui se manifeste parmi les Céphalopodes, et qui vient remplacer Nautilus^ récemment disparu des mers de la Bohême, sans que nous sachions pourquoi, mais sans doute par l'effet de la sélection naturelle."
„Ce nouveau type, Goniatites^ qui se distingue par son siphon constamment submarginal, par ses goulots très allongés, souvent invaginés, par les ornements de son test et quelques autres détails de sa structure, reste cependant en connexion intime avec Ncmtilm^ par la plupart des éléments de sa coquille."
„En présence de ces connexions évidentes, il est impossible de méconnaître, que Goniatites dérive de Ncmtilus et le nom de Goniat, suhnautilini caractériserait bien les formes nouvelles, constituant un groupe de transition."
„Mais, outre les témoignages de filiation fournis par divers éléments de la coquille adulte, surtout par là forme simple de la suture et par la direction des goulots vers l'arrière, il doit exister un critérium infaillible de la descendance, puisque dans toute nouvelle forme qui surgit, l'embryon révèle le type antérieur dont il dérive."
. „Ainsi, Goniatites^ d'après ses apparences, ne pouvant descendre que de Nautilus, ou de quelque autre Nautilide, doit reproduire la forme embryonnaire, qui caractérise toute cette famille."
„ Comme d'ailleurs, Goniatites vient de succéder immédiatement à Nautilus et représente seulement le premier v degré de transformation, cette preuve de sa filiation est immanquable. Nous devons donc trouver à l'origine de sa spire la calotte initiale de Nautilus et de tous les Nautilides quelconques."
Après avoir ainsi foimulé ses convictions, en appar^ce très bien fondées, l'évolutioniste silurien voulant prendre, pour ainsi dire, la nature sur le fait,' ouvre tm des Goniatites de la Bohême, par exemple Gon. fecundus^ figuré sur notre PI. 11.
Nous pouvons nous figurer son désappointement, en découvrant au sommet de la spire, au lieu de la calotte initiale des Nautilides, un ovisac aus&i distinct et aussi prononcé que ceux qu'on rencontre dans les Goniatites les mieux caractérisés des âges dévoniens ou carbonifères.
76 t^artie initiale de la Goqaille.
Si quelqu'up de nos honorables contemporains a pu se laisser également séduire par les apparences et supposer que Goniatites est dérivé de Nautilus, qu'il veuille bien agréer la dédicace la plus courtoise de notre apologue;
.... mutato nomine de te fabula narratwr.
En présence de la discordance totale entre les théories et la réalité, au sujet de la partie initiale de la coquille dans les Nautilides, les Goniatides et les Ammonides, si quelque défenseur trop zélé des doctrines de l'évolution vient nous enseigner, que la forme primitive de l'embryon peut s'effacer et être remplacée par une autre forme typique, nous lui ferons observer, qu'en sacrifiant la constance de l'embryon, l'hypothèse de l'évolution perd toutes les apparences, que la similitude, nous ne disons pas réelle, mais supposée, des formes embryonnaires, paraissait offrir en sa faveur.
En effet, si l'on fait abstraction de la constance de l'embryon, il ne reste plus aucun signe visible, qui puisse indiquer la souche primitive des familles, que l'on veut considérer comme dérivées et transformées, à partir d'un type regardé comme le premier ancêtre commun. Jusqu'ici, l'enibryon était supposé le représentant infaillible de ce prototype. Si l'embryon se modifie, son témoignage est annihilé. Toute la théorie s'écroule.
En second lieu, si la transformation de la forme embryonnaire pouvait être invoquée avec quelque vraisemblance; ou, en d'autres termes, si l'image du premier ancêtre commun pouvait être effacée, ce serait tout au plus dans les cas d'une filiation et transformation, embrassant dans leur durée la totalité ou la plus grande partie des âges de la vie animale sur le globe.
Mais, si un paléontologue a recours à l'expédient de la transformation de l'embryon, dans le cas du genre Goniatites, nous devons lui rappeler, que ce genre représente le premier degré de déviation à partir de Nautilus, ou d'un autre Nautilide quelconque. Dans ce cas, le plus grand nombre des éléments de la coquille conservant la forme propre aux Nautilides, on ne peut pas concevoir, pourquoi la modification aurait précisément atteint l'élément privilégié, destiné par la théorie à prouver par sa constance invariable, durant toutes les générations et transformations futures, la première origine de ce nouveau type.
Conclusions. 77
Nous terminerons par quelques questions, dont la solution serait indispensable, ou viendrait du moins fort à propos, pour consolider la supposition de la filiation, entre les Nautilides, Goniatides et Ammonides.
S'il est vrai que les Goniatides et Ammonides dérivent des Nautilides, pourquoi leur siphon est-il invariablement sur le côté convexe?
Pourquoi n'est-il jamais enflé ou nummuloide, comme dans les Nautilides ?
Pourquoi, sous ces 2 rapports, n'y a-t-il jamais eu aucune trace d'atavisme, parmi les Goniatides et les Ammonides?
ix:. Conclusions de nos études sur la partie initiale de la coquille des Céphalopodes.
Si l'on compare la partie initiale de la coquille, il existe une différence évidente entre la famille des Nautilides et les familles des Goniatides et des Ammonides.
Au point de vue des théories, cette différence doit être considérée comme radicale, parcequ'elle réside dans la conformation essentielle de l'embryon.
L'élément primitif de la coquille embryonnaire dans les Nautilides consiste dans une calotte placée à l'extrémité de la série des loges aériennes, sans aucune discontinuité ou distinction par rapport à celle-ci. Cette calotte porte la trace d'une petite ouverture oblitérée et dite cicatrice.
L'élément primitif de la coquille dans les Goniatides et les Ammonides consiste dans un oeuf à enveloppe solide, ou ovisac, distinct de l'origine véritable de la spire par un étranglement. Cet oouf ne présente aucune trace de cicatrice.
Le type embryonnaire de la coquille des Nautilides s'est maintenu invariable depuis l'origine de l'ordre des Céphalopodes jusqu'aux Nautiles vivants.
Le type embryonnaire des Goniatides s'est manifesté soudainement à l'époque de la première apparition du genre Goniatites c. à d. durant la faune troisième, silurienne. Après s'être transmis
78 Distribution verticale.
aux Ammonides, suivant les théories, il a disparu avec toute cette famille, sans laisser aucune trace, vers la fin de la période crétacée.
Malgré la différence fondamentale dérivant de la forme de l'embryon, il existe, entre les familles comparées, une apparente connexion par la structure de divers éléments de la coquille. Cette connexion est celle qui doit exister inévitablement, mais à un degré plus ou moins prononcé, entre les coquilles de tous les Céphalopodes tétrabranches.
Cette connexion a pu induire à concevoir pour les 2 familles une origine commune. Mais, si les théories nous enseignent, que la ressemblance des embryons dans divers genres, ou familles, doit être considérée comme la preuve de leur filiation à partir d'un même ancêtre, il s'en suit, que le contraste entre les embryons doit indiquer, même aux yeux de la théorie, une origine différente et indépendante pour les Nautilides et les Goniatides.
Ainsi, l'application des principes de l'évolution nous conduit à conclure des faits constatés, qu'il n'y a eu ni filiation, ni transformation successive et graduelle dans l'ordre des Céphalopodes, à partir de leurs premiers représentants, c. à d. les Nautilides, jusqu'aux Ammonides par l'intermédiaire des Goniatides.
Cette étude nous révèle donc de nouvelles et graves discordances entre les théories et la réalité.