‹ Cérémonial selon le rit romain d'après Baldeschi et FavrelChapitre 49 sur 337 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Hcs ¥êieiiieiits lilurgîques.

ARTICLE PREMIER

Des vêtements sacrés.

§ 1. Des vêtements sacrés en général.

50. On entend par vêtements sacrés ceux qui sont néces-^ saires pour le saint Sacrifice de la Messe et les Fonctions solennelles*.

51. Les vêtements nécessaires pour le saint Sacrifice delà Messe sont : l^pour lePrêtre, Tamict (amictus), Taube {alba)y le cordon (cingulum) , le manipule {manipulus) , Tétole (stola) ^etla chasuble (plaiieta on casula) ^; 2® pour le Diacre, Tamict, Taube, le cordon, le manipule, l'étole mise transversalement de Tépaule gauche sous le bras droit, et la dalmatique {dal—

(1) Aucune loi positive ne défend l'usage du coton pour les nappes de communion. Cependant, d'après les meilleurs auteurs, les étoffes de fil ou de chanvre sont plus convenables.

(2) A Rome, dans beaucoup d'églises, on se sert d'une large pale dans laquelle est un carton.

* Conséq. — ^ L^g auteurs. ■— ^ g^ c^ j2 août 1854, m Lucionen, Anal., 14« liv. — * Tous les auteurs. -— ^ Rub. Miss., part. II, lit. i,„

rnatica)^ ; 5^ pour le Sous-Diacre, ramict, Taube, le cordon, le manipule et la tunique {tunica) ^

Nota. A certains jours marqués par la rubrique, et dont il sera parlé en son lieu, le Diacre et le Sous-Diacre ne portent point la dalmatique et la tunique; mais, dans les cathédrales et les églises considérables, ils portent des chasubles repliées devant la poitrine {planeta plicata)^, et alors le Diacre se sert d'une étole spéciale {stolalatior) dont il sera question en son lieu (1). Dans les églises moins considérables, à ces mêmes jours, le Diacre sert à l'autel avec l'aube, le manipule et Fétole, et le Sous-Diacre avec l'aube et le manipule*.

52. A ces vêtements sacrés il faut ajouter le voile humerai (velum)^ et la chape (pluviale)^,

55. Ces habits sacrés sont connus sous le nom d'ornements {paramentajy et les Ministres qui en sont revêtus sont appelés para^i "^ (2).

(1) Il faut bien remarquer que, d'après le texte de la rubrique et des décrets de la S. C. des rites, l'usage des chasubles pliées n'est pas simplement facultatif pour les églises considérables. Il ne serait pas permis, dans ces églises, au Diacre et au Sous-Diacre de remplir leurs fonctions sans avoir ces ornements. Et s'il y a des églises dont l'importance n'est pas assez grande pour être certainement atteintes par l'obligation dont il s'agit, ce ne sont ni les cathédrales ni les collégiales. La rubrique et les décrets sont assez positifs k cet endroit, et dans le Cérémonial des , Évêques, publié spécialement pour l'usage de ces églises, il n'est pas question du cas où Ton ne porterait pas ces ornements. On doit aussi, ce semble, regarder comme églises considérables les paroisses des villes importantes. Tel est le sens d'un décret de la S. C. des rites du 15 mars 1591. Gardel., suppl. 15 ou 15, inOsien. Responsiones,

(2) L'amict, l'aube et le cordon ne sont pas énuméréspar les Piubricistes au nombre des ornements. Cependant on appelle Ministre i^aratus un Sous-Diacre revêtu seulement de l'amict, de l'aube et du cordon.

* Ibid., part. I, tit. xix, n. 1. Cœr. Ep., 1. I, c. ix, n. 1. — ^ Rub. Miss. Ibid. Cœr, Ep. Ibid., c. x, n. 1. — ^ n^^^ Miss., Ibid., n. 5 et G. S. C, 15 mars 1591. Gardel., suppl. 15 ou 15, in Osien. Responsiones, 8 mars 1631. Gardel., 755 ou 902, in Calaguritana, 16 juin 1662. Gardel., 2074 ou 2224, ad 5, in Euguhina. 13 juin 1671. Gardel., 2390 ou 2542, ad 3, in Angelopolitana. — * Rub. Miss., part. I, tit. XIX, n. 5 et 6. — » ibid., part. II, tit. i, n. 1. — ^ Ibid., part. I, lit. XIX, n. 3. — ^ Toutes les rubr.

DES YÊTEME^"^S LITURGIQUES. M

54. Ou joint à ces ornements un voile pour couvrir le calice et une bourse pour renfermer le corporal^

§ 2. De la matière des vêlements sacrés.

55. Les amicts et les aubes doivent être en toile de lin ou de chanvre, et non en coton ^.

56. L*étoffe de coton n'est pas prohibée pour la confection des chasubles ^*Btol es, manipules, dalmatiques, tuniques et chapes*. Cependant ces ornements doivent être d'une étoffe convenable^ (1).

57. L'usage, introduit dans quelques églises, de confectionner des ornements en étoffe de verre, ne peut pas être conservé^.

58. Le cordon peut être en soie, quoique le fil soit plus convenable''. Il peut être aussi delà couleur dujour^.

(1) La S. C. a d'abord déclaré que le d-kret par lequel on interdit l'usage des linges sacrés en coton ne s'appli jue pas aux chasubles; puis à cette question : « Num planetai, stolae, et manipula possint contici ex « tela linea vel gossypio vulgo percallo, coloribus prœscriptis tincta « aut depicta ? » Elle a répondu : a Serventur ruhncce, et usus om- « nium ecclesiarum quœhujusmodicasulas non admiUunt. » (S. C, 25 sept. 1837. Gardel., 4666'ou 4815, ad 8, in Mutlnen.) Il faut bien remarquer que les rubriques ne prescrivent pas la matière des ornements. La soie est prescrite dans le Cérémonial des Évêques (l.II,c. vm, n. 60; c. xxiii, n. 14], pour le voile humerai; et dans le Missel [Ruh. Miss»j part. Il, tit. n, n. 1), pour le voile du calice. Les auteurs paraissent généralement entendre ces rubri({ues dans le sens strict, et, d'après eux, si les autres ornements n'étaient pas en soie, ceux-ci devraient cependant être confectionnés en cette matière.

* Rub. Miss., part. II, tit. i, n. 1. — ^s. C., 15 mai 1819. Gardel., 4413 ou 4563, Becrclum générale. — ^ S. G , 23 mai 1835. Gardel., 4G01 ou 4750, Ord. min. de Observantia. — ^ Conséq, — ^ S. G., 25 sept. 1837. Gardel., 466G ou 4815, ad 8, in Mutinen. — « S. C., 11 sept. 1847. Gardel., 4938 ou 5099, in Atrebaten.— '^ S. G., 29 janv. 1701. Gardel., 3426 ou 5575, ad 7, Congreg. Montis Coronœ. —«S. C., S juin 1809. Gardel, 3660 ou 3810, ad 4, in Bracharen.

52 PART. II, SEGT. I, CIIAP. lY, ART. I.

§ 3, De la forme des vêlements sacrés.

59. L'amict doit avoir de quatre-vingt-cinq à quatre-vingtdix centimètres de long sur soixante à soixante-dix de large ^ ; on y attache des cordons assez longs pour qu'ils puissent faire le tour du corps et être attachés sur la poitrine ^ On peut disposer les quatre coins pour recevoir des cordons^. Au milieu de Tamict on brode une petite croix*.

60. L'aube doit avoir environ quatre mètres de largeur^, et être assez longue pour couvrir les vêtements du Prêtre® (1). Si Ton y adapte une garniture brodée, cette ornementation doit garder la proportion d'un accessoire^ (2). Jamais il n'est permis de soutenir par une étoffe rouge la broderie des manches d'une aube destinée à l'usage d'un simple Piètre^.

61. Le cordon doit avoir environ trois mètres et cinquante centimètres de long et se termine par des glands^ (3).

62. Le manipule et l'élole portent trois croix ^^ : une au milieu de la longueur ^S et une à chaque extrémité. Ces trois croix sont carrées. L'étole que le Prêtre met sar l'aube ne doit pas avoir de rubans ; mais celle du Diacre doit en avoir, de manière à être attachée sous le bras droit ^^ (4).

(1) La rubrique du Missel suppose que l'aube a besoin d'être relevée. Il faut donc éviter d'avoir des aubes trop courtes. . (2) Les meilleurs auteurs ont souvent réclamé contre l'usage des garnitures d'aubes qui montent trop haut et sont souvent en étotïe de colon. Ils observent que ces garnitures ne doivent pas dépasser la hauteur du genou .

(3) L'usage s'est introduit, dans plusieurs églises, de remplacer le cordon par une ceinture de plusieurs doigts de largeur. Avec une pareille ceinture, le Prêtre ne peut observer la rubrique du Missel, qui prescrit de mettre le cordon après l'aube, puis le manipule, ensuite l'étole, qu'il faut croiser et assujettir avec les extrémités du cordon.

(4) 11 y a des diiférences assez notables dans la forme de ces cm:-

* S. Charles, Gavantus, Bauldry. — * Rub. Miss., part. II, tit. i, n. 5, — 5 Plusieurs auteurs. — * Hub, Miss, Ibid. — ^ Les auteurs. — » Rub. Miss. Ibid. — 7 Tous les auteuis. Conséq. — » S. G., 17 août 1833. Gardel., 4569 ou 4718, ad 5, Orcl. S. Joan. de Deo. — » S. Charles, Gavantus, Bauldry et autres. -— i» Conséq. — " Bxib. Miss., part. II, tit i, n. 2. — *^ Tous les auteuis. Conséq.

L'étole large dont le Diacre se sert pendant une partie de la Messe quand il porte la chasuble pliée, est moins longue que l'étole ordinaire S et n'a pas de croix ^.

65. La dalmatique et la tunique ont la même forme ; cependant, régulièrement, la tunique devrait avoir des manches plus longues et plus étroites que la dalmatique ^ (1 ).

64. La chasuble était primitivement un vêtement entièrement rond avec une ouverture au milieu pour passer la tête, et peu à peu elle a été échancrée sur les côtés*. Aucune loi ne prescrit qu'elle porte une croix ^ (2).

ments, suivant les divers pays. En Italie, les croix des extrémités sont placées au-dessus delà partie inférieure. Cette partie, qui chez nous est assez large, Test beaucoup moins ailleurs, et en certains pays n'est pas plus large que le reste de Tornement. En Italie, l'étole est large même à la partie qui se met sur le. cou; mais, comme elle est flexible, on retourne le milieu, elle s'applique sur les épaules, et on n'y met pas de linge pour la garantir. Ajoutons, avec plusieurs auteurs, que ce linge, dont l'usage n'est pas prohibé, ne doit pas couvrir la croix du milieu, que le Prêtre doit baiser.

(1) En Italie et ailleurs, on a conservé l'usage des dalmatiques et tuniques à manches, telles qu'en portent chez nous les Évêques à la Messe pontificale. A quelques centimètres du bord se trouve un galon; la partie antérieure et la partie postérieure sont partagées en trois dans la largeur.

(2) Quand la chasuble avait conservé son ancienne forme, le Prêtre en était entièment couvert, de là le nom de casula ou plaiieta : a Casula « per diminutionem a casa dicitur, dit Catalan d'après S. Isidore, quod « totum hominem tegat, quasi minor casa ; planetse vero nomen € ex eo deducitur, quia oris errantibus evagatur. » Nos chasubles ont une croix par derrière et une colonne par devant; en Italie, c'est le contraire, la colonne est derrière et la croix devant, ou plutôt, la croix placée sur le devant se prolonge sur le dos, de manière que l'ouverture se trouve au milieu; en Espagne, il n'y a pas de croix; enfin il peut y en avoir deux, comme semble le supposer Fauteur de Vlmitation, S.Charles,, suivi par GavantusetBauldry, décrit ainsi la chasuble, avec la restriclion more Romano : « Planeta liiore Romano late paleat cubitos circiter duos, « longe très, fascia quse assui solet vel distingui in ipsa planeta, ut co- « lumnse speciem a tergo, et crucis ante pectus effingat, lata erit unciis « octo ad minimum. Fasciculi addantur, seu linese sericse in ea parte qua « pectus tegitur, ita oblongae, ut reduci possint ante pectus, ad firman- « dam planetam, ne defluat a tergo. » Observons qu'aucune règle ne prescrit la soie pour les cordons de la chasuble.

* Merati. — * S. C, 25 sept. 1852. Gardel., 5180, ad 7, Venetiarunu — ^ Ca?r. Ep,, 1. I, c. X, n. 1. — * Voir les estampes. — ^ Conséq.

65. Lès chasubles pliées dont le Diacre et le Sous-Diacre se serveat à certains jours, suivant ce qu'il estdit n^51 , n'ont pas une autre forme que la chasuble ordinaire. Ces chasubles, étant dépliées, peuvent servir pour le saint Sacrifice de la Messe ^ (1).

66. Le voile du calice doit être assez grand pour couvrir la pale et au moins la partie antérieure du calice^ (2).

67. La bourse est carrée ou à peu' près, et porte une croix ou une image ; à l'intérieur, elle est doublée de soie ou de toile blanche^.

68. La chape est faite en forme de manteau et s'altache sur la poitrine avec des crochets. Par derrière elle porte un capuchon ou chaperon orné, et les côtés doivent être semblables au chaperon* (3). L'usage de la chape fixée avec un fermoir saillant est réservé à l'Évêque diocésain ou à un Prélat supérieur^ (4).

(l)La coutume s'est introduite, dans beaucoup d'églises, d'employer pour cette usage des chasubles spéciales dont on a retranché la partie qui devrait être repliée.

(2) Il n'est pas nécessaire qu'il y ait une croix ou une autre ornementation sur le voile du calice. Cependant on peut le faire. En Italie, on la met au milieu, et comme le voile recouvre le calice de tous les côtés, elle se place sur la pale. Chez nous, on a coutume de la mettre vers le milieu de la partie antérieure.

(5) S. Charles, suivi par Gavantus et Bauldry, décrit la chape de la manière suivante. « Pluviale ad imos usque talos protenditur longitudine « cubitorum trium et unciarum circiler sex constans, et pro semicirculi (( ratione late païens, a parte anteriori a summo ad extremum, hinc et « inde, auriphrygio decoratur ; a posteriori parte caputium, ornatu auri- « phrygiato, qui anteriori respoiideat, habet. Laciniœ vero, hoc est fran- « giœ, Romano ri tu latiores esse debent circum caputium, breviores in « oris pluvialis extremis. Fibula anteriori connecti débet pluviale, additis « binis seu ternis uncinis majoribus. Globuli laciniati pendentes a « caputio non sunt amplius in usu Romani Cleri ssecularis. » La chape, en Italie, diffère un peu des nôtres : l'orfroi garnit tout le devant de la cbape et se continue au-dessus du chaperon.

(4) On peut consulter, sur ce point, la Reime des sciences ecclésiastiques, t. XVI, p. 467.

* Tous les auteurs. Conséq. — ^g^ C.,12janv. 1669. Gardel., 2313 ou 2i64, in Urbinaten, — ^ Les auteurs. — * Tous les auteurs. — ^ Qœr,

69. Le voile humerai a la largeur de Tétoffe dont il est fair, et deux mètres soixante ou soixante-dix centimètres de longueur* (1).

§ 4. De la couleur des vêlements sacrés.

70. La couleur des ornements varie suivant les différentes fêtes et les divers temps de l'année^.

71. Il y a cinq couleurs : le blanc, le rouge, le vert, le violet et le noir^.

72. On se sert de la couleur blanche depuis les premières Vêpres de Noël jusqu'au jour octave de TÉpiphanie, excepté aux fêtes des Martyrs qui se rencontrent dans cet intervalle ; à la fête du saint Nom de Jésus ; le jeudi et le samedi saints à la Messe; et, depuis ce jour jusqu'à la vigile de la Pentecôte à None, à tout l'Office du temps, excepté le jour de saint Marc et les jours des Rogations, à la Messe de la station ; les jours de la sainte Trinité ; du saint Sacrement ; de la Transfiguration* ; du sacré Cœur de Jésus ^; aux fêtes de la sainte Vierge, excepté à la Bénédiction des Cierges et à la Procession, le jour de la Purification ; aux fêtes des saints Anges; le jour de la Nativité de saint Jean-Baptiste ; à la principale fête de saint Jean TÉvangéliste; aux deux chaires de saint Pierre; aux fêtes de saint Pierre es Liens, de la Conversion de saint Paul, de la Toussaint, des Saints et Saintes non Martyrs ; le jour de la Dédicace et de la Consécration d'une église ou d'un autel; à la Consécration du souverain Pontife; le jour de l'anniversaire de son Couronnement, de l'Élection et

(1) Les auteurs ne parlent pas des broderies ou ornementations qui se trouvent quelquefois sur le voile humerai. Rien ne paraît s^opposer à celte pratique, pourvu toutefois que ce voile ne soit pas par là rendu impropre à l'usage auquel il doit être destiné.

Ejy.f]. I, c. I, n. 4; c. vii,n. 1. Pont. Desacr. matr. S. C, 15 sept. 1753. Gardel., 4086 ou 4273, ad 10, in Casalen. — ^ Les auteurs. — ^ j^^i^^ Mus., part. I, t. xviii. — ^ ijjirl. — * Bub. Miss., part. I, tit. xvm, n. 1 et 2. -~ 3 s. C, 17 août 1771. Gardel., 4208 ou 4357, ad. '5,0rd. min. excal. S. Aiigiislini,

56 PART. II, SEGT. I, CIIAP. IV, ART. I.

de la Consécration d'un Évêque. On prend encore des ornements de cette couleur pendant les octaves de ces fêtes, à la Messe de ces octaves et les dimanches qui s'y rencontrent lorsqu'on fait l'Office de ces dimanches, si toutefois on ne doit pas se servir de la couleur violette ; et, de plus, aux Messes votives des mêmes mystères et desmêmesSaints, et à la Messe du mariage ^

73. On emploie la couleur rouge depuis la veille de la Pentecôte, à la Messe, jusqu'au samedi suivant après None et à la Messe, aux fêtes de la sainte Croix ^ et du précieux Sang ^ ; le jour de la Décollation de saint Jean-Baptiste ; à la fête de saint Pierre et de saint Paul et des autres Apôtres, excepté la fête principale de saint Jean TÉvangéliste, celle de la Conversion de saint Paul, de la Chaire de saint Pierre et de saint Pierre es Liens; à la fête de saint Jean devant la porte Latine ; de la Commémoraison de saint Paul ; aux fêtes des Martyrs, excepté celle des saints Innocents arrivant un jour autre que le dimanche. Si cette fête arrive le dimanche, on prend des ornements rouges ; mais toujours on se sert de cette couleur le jour octave. On se sert encore de la couleur rouge à la Messe des octaves des fêtes mentionnées, et les dimanches qui se rencontrent dans ces octaves, comme il a été dit pour la couleur blanche ; et, de plus, aux Messes votives de ces mêmes fêtes, et à la Messe Pro eligendo summo Pontifice^,

74. On prend des ornements de couleur verte depuis l'octave de l'Epiphanie jusqu'à la Septuagésime, et depuis l'octave delà Pentecôte jusqu'à l'Avent, à tout l'Office du temps, à l'exception du dimanche de la Trinité et des dimanches qui se rencontrent dans les octaves et auxquels, comme il a été dit ci-dessus, on garde la couleur de l'octave, à l'exception encore des vigiles et des jours de quatre-temps^.

75. On se revêt d'ornements de couleur violette depuis le premier dimanche de l'Avent aux premières Vêpres jus-

* Bub. Miss. Ibid. — 2 Ibid. — ^ Ordo divini Oflicii Rornse. — * Rub, Miss., part. I, tit. xviii, n. 5. — 5 Ibid., n. 4.

qu'à la Messe de la vigile de Noël inclusivement, et depuis la Septuagésime jusqu'au samedi saint à la Messe exclusivement, à tout l'Office du temps, excepté le jeudi saint à la Messe, le vendredi saint, et le samedi saint à la Bénédiction du Cierge, où le Diacre prend les ornements blancs. On se sert encore de la couleur violette la veille de la Pentecôte avant la Messe, depuis la première prophétie jusqu'à la Bénédiction des fonts inclusivement ; aux quatre-temps et aux vigiles qui sont jours déjeune, excepté la vigile et les quatretemps de la Pentecôte ; à la Messe des Litanies les jours de saint Marc et des Rogations, et à la Procession qui se fait en ces jours ; à la fête des saints Innocents quand elle n'est pas un dimanche ; le jour de la Purification à la Bénédiction des Cierges et à la Procession, à la Bénédiction des Cendres et des Rameaux; à toutes les Processions non solennelles; aux Messes De Passione Domini ; Pro quacumque necessitate ; Pro remissione peccatorum ; Proinfirmis; Ad postulandam gratiambene moriendi; AdtoUendum schisma; Qontrapaganos; Tempore belli; Pro pace; Provitanda mortalitate; Pro iter agentibus *.

76. La couleur noire est employée le vendredi saint, ainsi qu'à tous les Offices et Messes des morts ^ (1). On ne peut pas, dans les cas ordinaires, employer pour les morts la couleur violette 5.

77. On admet encore la couleur rose le troisième dimanche de l'Avent et le quatrième dimanche du Carême à la Messe solennelle * (2) .

(1) Dans beaucoup d'églises de France, les orfrois des ornements noirs sont d'étoffe blanche. Cet usage paraît réprouvé par le Cérémonial des Évoques (1. II, c. xi, n. 1). L'Église, d'ailleurs, attache la pensée de la joie à la couleur blanche, il paraît donc peu conforme aux rubriques de s'en servir dans les ornements noirs.

(2) Il ne semble pas qu'on doive se servir d'ornements de cette couleur aux Vêpres de ces dimanches. Cependant, d'après VOi^do imprimé à Rome, on pourrait le faire. On peut voir ce qui est dit p. 393, note 1.

1 Ibid., n. 5. — ^ Mb, Miss,, part. I, tit. xvm, n. 6. — ^ 3, ^^^ *27 juin 1868. Dec, gen, — * Ccer. Ep., 1. If, c. xiii, n. 11.

58 PART. Il, SEGT. I, CHAP. IV, ART. I.

78. La coutume tremployer des ornements en étoffe d'or dans les jours où Ton se servirait du blanc, du rouge et du vert peut être tolérée^ (1).

79. Les ornements de couleur bleue ou en soie jaune sont prohibés ^.

80. Les ornements mêlés de plusieurs couleurs ne peuvent servir pour aucune couleur. Si cependant une couleur dominait sur les autres, Tornement pourrait être employé les jours où cette couleur est requise^.

81. On ne peut pas, un jour de grande solennité, prendre des ornements d'une couleur différente de celle du jour, sous prétexte que Ton n'a pas d'ornements assez précieux de la couleur prescrite *.

82. Aux Vêpres solennelles, lorsqu'on fait l'Office du lendemain, depuis le capitule, on doit prendre, dès le commencement de l'Office, la couleur convenable à la fête dont on dit le capitule^.

83. Pour l'Exposition et la Bénédiction du saint Sacrement, si celte Fonction précède ou suit immédiatement une autre Fonction, comme la Messe ou les Vêpres, et si le Prêtre ne quitte pas l'autel, on garde les ornements de la

(1) La S. G. des rites ne s'était pas encore prononcée sur l'usage des ornements en drap d'or. Elle l'a fait en 1866 par le décret suivant : « Cum B. R. D. Petrus Espinosa, Archiepiscopus de Guadalaxara, S. R. « G. humillime sequens dubium esse dandum propasuissct, nimirum :An « sacra paramenta rêvera auro maxima saltem ex parte contexla pro quo- « cumque colore exceplis violaceo et nigro inservire possint? S. ea- « dem G. in ordinnrio cœtu ad Vaticanùm liodierna die coacta respori- « dendum censuit : Tolerandam esse locorum consuetudinem relate c( tantuni ad paramenta ex auro contexta. » (S. G., 28 avril 1866. Gardel., 5363, in Guadalaxara.) Gette réponse, comme on le voit, s'applique seulement aux ornements tissus d'or.

* S. G., 28 avril 1866. Gardel., 5363, in Guadalaxara. — ^ S. C., 12 nov. 1831. Gardel., 4520 ou 4669, ad 34, Marsorum. 16 mars 1833. .Gardel., 45C6 ou 4655, in Vicen. 26 mars 1859., Gardel., 5279, in Fesulnna.--^^. G., 16 mars 1833. Gardel., 4558 ou 4707, ad 4, in Veronen. — * S. G., 19 déc. 1829. Gardel., 4^04 ou 4653, in Pisana, — s Ordo divini Olficii Pvomse.

couleur du jour. Mais s'il a quitté les ornements, ou si cette Fonction est entièrement séparée de toute autre, on prend toujours la couleur blanche. Pour la Bénédiction et toutes les fois qu'on doit s'en servir, le voile humerai doit toujours être blanc K

§ 5. De la bénédiction des vêtements sacrés.

84. Les vêtements du Prêtre pour la célébration du saint Sacrifice et ceux de ses Minisires doivent être bénits par un Évêque ou par un Prêtre qui en ait le pouvoir^.

85. Suivant le sentiment le plus probable, cette règle s'applique au cordon et aux chapes^. Elle ne paraît, pas se rapporter au voile humerai*. On ne bénit ni le voile du calice ni la bourse ^.

§ 6. De l'usage des vêtements sacrés.

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