VI AVERTISSEMENT
été en mesure de mieux préciser certains points particuliers. Mais nous ne croyons pas pouvoir nous permettre de décider et de trancher des questions sur lesquelles les maîtres les plus célèbres ont émis des sentiments différents ou laissé une certaine latitude. La liturgie est une science : comme toute science, elle a ses sources, et nous les indiquons au chap. n de la sect. i de la première partie. Après les règles positives viennent les commentateurs. Ils ont quelquefois des opinions diverses qui donnent plus ou moins de poids à leur sentiment, suivant le degré de leur autorité, mais ne laissent pas moins à leurs solutions le caractère d'opinions controversées. Parfois, embarrassés eux-mêmes, ils proposent plusieurs solutions entre lesquelles ils laissent pleine liberté de choisir. De quel droit un humble compilateur trancherait-il ces sortes de questions? La loyauté la plus élémentaire ne prescrit-elle pas à un auteur d'instruire ses lecteurs en leur disant la vérité, donnant comme incontestable ce qui est certain, comme douteux ce qui est incertain, comme controversé ce qui est débattu, comme facultatif ce qui est libre? En agissant autrement, nous ne croirions pas mériter la confiance dont on a daigné nous honorer jusqu'à ce jour. Nous craindrions aussi de priver les Maîtres des cérémonies de renseignements utiles, soit pour leur propre instruction, soit pour leur aider à trouver une solution pratique plus appropriée aux circonstances, quand ils ont à régler l'ordre de certaines Fonctions. Ces sortes de questions, d'ailleurs, ne sont pas nombreuses ; et si, au premier abord, elles semblent être une source d'embarras dans l'exécution du cérémonial, cette difficulté apparente
AVERTISSEMENT. ni
disparaît promptement, comme rexpérience l'a prouvé plus d'une fois.
Quant à la longueur de Touvrage, il faut remarquer, d'abord, que le second volume renferme des règles particulières aux temps et aux personnes. Des trois parties qui le composent, les deux premières traitent des Fonctions spéciales à certains jours de l'année, pour les grandes églises d'abord, puis pour les églises moin§ considérables ; dans la dernière, on expose roffice de chacun des Ministres en particulier, en le détachant de ce qui regarde les autres. Tout ce que contient cette dernière partie se trouve dans le premier volume ; mais sous un autre point de vue. Il n'y a donc pas deux volumes à étudier, comme ont semblé le supposer les personnes qui ont demandé un ouvrage plus court. Nous avons, d'ailleurs, déjà fait ce travail en publiant un Cérémonial abrégé à l'usage des petites églises de paroisse ; mais cet ouvrage n'est plus suffisant aujourd'hui pour répondre au désir du plus grand nombre des Ecclésiastiques. Ce Cérémonial abrégé, qui nous avait été demandé avec instance, se débite lentement, et le grand Cérémonial s'écoule plus rapidement. C'est assez dire qu'on préfère généralement l'ouvrage complet à des extraits ou à des abrégés. Et si, pour être moins long, on retranchait certaines parties de l'ouvrage, il faudrait toujours étudier les matières qu'el les contiennent ; il serait indispensable de se procurer un autre livre pour s'instruire des éléments de la liturgie. Il nous a semblé qu'avec notre Cérémonial on pouvait atteindre ce but; nous avons cru que les élèves des séminaires, qui ne sont pas, pour Tordinaire,