CHAPITRE II
Du Mereredl des cendres.
ARTICLE I
De ce qu'il faut préparer pour ce jour.
i. A la sacristie, il faut préparer au lieu ordinaire : pour le Célébrant, la chape, l'étole, le cordon, Taube etramict; pour le Diacre, la chasuble pliée, l'étole, le cordon, Taube et l'amict ; la même chose pour le Sous- Diacre, & l'exception de Tétole ^ Les ornements sont de couleur violette.
2. On met k l'autel six chandeliers et la croix , sans aucun ornement : le devant d'autel est de couleur violette. On met sur l'autel in cornu q^istotae le vase qui contient les cendres. Ce vase est en argent, ou en toute autre matière convenable. Les cendres doivent être sèches, selon que l'a décrété la S. Congrégation des Rites, le 25 mai 1605. On le tient couvert, jusqu'au commencement de la cérémonie (Castaldh lib. m, sess. IV, cap. II, n. 4 ; Bisso, lilt. F, n. 41 ; Merati, part, iv, tit. VI, n. â), ou d'un voile violet, ou simplement de son couvercle {Memoriale Aittitim, tit. il, cap. i).
3. Sur la crédence, outre les choses ordinaires pour la Grand'Messe, on met le bénitier, avec son aspersoir, une assiette avec deux ou trois petits morceaux de mie de pain, une aiguière avec une serviette sur une cuvette (Caer. Ep.^ lib. ii, cap. xviu, n. 1 ; Meraii, ibid.).
« Dans l€s églises où Ton ne porte pas la chasuble pliée, le Diacre et le SoDs-Diacre sont simplement en aabe. Le Diacre se revêt de Tétole pardessus.
9M P4RT* IT, gU^. n, ÂKff II.
4. Sur la banquette des Officiers sacrés, on prépare la chasuble et le manipplfi dfi Célébrant avec les deui manipules que le Diacre et le Sous-Diacre devront mettre après qu'ils auront aidé le Célébrant k se revêtir de sa chasuble (Caer. Episc., ibid., n. 24).
5. On prépare enfin, en lieu convenable, l'encensoir avec la navette^ un petit foyçr avec d^s çlHrbpns allumés et des pincettes.
AETIOLS U.
J)0 la BAi^i0lm et de la Distribi^n d^ Càn^esr
6. Les Ministres sacrés, étant revêtus en Tailbe, M \^ Diacre da Tétole par-lassos, aidant le Célébr^pt k se revêtir de Pamict, de l'aube, de l'étole et de la cbapa; puis ito se revêtant eux^rmêmei» d« la cbasubla plié^r Lor^ qu'ils en sont avertie pgr le 6$f éiponiaipç, ils parant da h sacristie^ ayant au milieu d'en^L le Célébrant, dont ite relèvent la chape de chaque côté : toiis les trois marehem la téta couverte (Merati, part, iv, tit, v|, n. 3).
7. Arrivés à l'autel, après avoir donné leurs barr^^tt^ 9u Cérémoptaire , ils font les révérapcea convenables, «t montQpt tous trois sur la marchepied* La Célébrai^ baise l'autel au milieu (Gav,^ part- iv, tit. vi. in Rvbr, % litt F), àt les Mioistre^ sacrés fout eu même temps la génuflasion (Merati, ibid., u. 6). Ils se rendent ensuite in cornu âpUtolae^ où ils se placent en cet ordre : le Cé^ lébr^nt est au milieu, ayant le Sous-Diacre k sa gauche et le Diacre k sa droite, sur le dagré, l'un et l'autre à quelque distance de l'autel (Bisso, litt. B, n. 86, § 3). Alors le Cérémpniaire découvre les cendres (MemoriaU jRJlutfm, tit. u, cap. vtj.
QV «ERCi«pi DBS CBin>IUB8*. 33tL
9, LQr8<(ae les Officiers sacrés 3ont arrivés, m cornu m§tolae^ le Célébrant Ut Tantienne Exav4if etc.^ que le éhœur chante en même temps {Ruhr. Miss.^ ut in die), comme Tintroït de la Messe (Bisso, ibid.) ; le Célébrant dit cette adtienne les niains jointes (Bauldry^ part, iv, èap, IV, art. i,n. ÎJ).
9. Après que les Chantrçs ont répété l'antienne, le Célébrant, au même lieu, sans se tourner vers le peuple, eliante sur le ton Cérial, les mains jointes, Dominus <?o- MMum, pitfs Orrnnus, en (hisant Pinelination k la croix (Niùotaw de BraUon, part, m, cap. v, n. 4), enfin les qutttFO eraitons suivantes. Quand il bénit les eendfes, il pose la main gauche sur l'autèU et le Diacre relève le bord de la chape da côté droit (Gat)., ibid., in Ruhr . S; BaMry^ ibid.). Il fait la même chose pendant que lé Célébrant asperge et encense les cendres.
iO. Au eommenoemant des oraisons, le Thuriféraire va meUn du feu dans Feneensoir, et, sur la fin, il vient in ooffKi àpîitojotf^ conjointement avec le premier Aeo.-» I?^) 4tti m met à sa droite, portant le bénitier et Vslè^ persoir. Ayant tous les deux fait in piano la révérence convenable, le Thuriféraire moiite sur le degré pour faire mettre et bénir Tencens à l'ordinaire. Enuiite il se re>t tûre in piano avêc son eneensoir^ et eàde sa place k L'Aco^* tyte qui présente raspersoir ap Diacre, lequel le prend f$f le mUieu et le donne, avec les baisers ardinairea, au Cëtébrant. Celai'fCi asperge le» cendres k trois fois, d'à-» bord au milieu, ensmte k sa gauche, puis à sa droite (Gav.j ibid., in Rubr. 4, Utt. 0) ; il dit en même temps À9p0rge$ m^ eto,, ^am cl^t tt m^ réâter le psaume Qt^mi, ibidr, p* iO), Le Diacre wA mrn^ l'aspersoi; \ l'Acolyte, et, ayant pris l'encensoir des mains du Thuritémice^ S le donne avee les baisers ordinairea au Géié-
SS6 PART. IV, CBAP. n. ART. U.
brant, qui encense à trois fois les cendres de la même manière qu'il les a aspergées (Rubr,, ibid.), sans rien dire.
11 . Après Teneensement, le Thuriféraire rtprend l'encensoir, et, ayant fait avec l'Acolyte la révérence convenable à l'autel, ils reportent chaque objet à sa place (Bisso^ ibid.; Bauldry^ ibid., n. T).
12. Le Célébrant, ayant terminé la bénédiction, se rend avec ses Ministres an milieu de l'autel pour la distribu tion. Le Diacre, portant le vase des centres, est k sa droite, le Sous-Diacre à sa gauche {Merati, ibid., n. 12 ; Bauldry, ibid., art. u, n. 1) : tous les trois se tournent vers le peuple S et le Célébrant reste la tète découverte, ainsi que la déclaré la S. Congrégation des Rites, le 18 juillet 1626.
13. Avant que le Célébrant se tourne vers le peuple, le second Cérémoniaire a dû avertir le plus digne do Chœur, afin que, revêtu de Tbabit ordinaire de choeur, sans étole, selon le décret de la S. Congr^ation des Rites du 14 février 1705, il se trouve en temps convenable sur le dernier degré. Après avoir fait un saint profond au Célébrant , il monte sur le degré le plus élevé. Se tenant debout, il met les cendres sur la tête du Célébrant, qui les reçoit également debout, la tête inclinée et les mains jointes {Bisso, ibid., § 6 ; Bauldry, ibid., n. 2). En posant les cendres sur la tête du Célébrant, le Prêtre trace un signe de croix, et dit : MemerUOy homo^ etc. ( Merati^ ibid., n. 15.)
14. Après que le Célébrant a reçu les cendres, il eu prend à son tour dans le vase tenu par le Diacre, et les
* £a arrivant au milieu de Tautel» et avant à» se tourner vert le peuple, i(f doivent faire les révérences convenables k la croix.
DU MERCREDI DES (3EmKÈS. S57
met sur la tête de celui qui les lui a d^abord imposées, lequel les reçoit à genoux sur le degré le plus élevé (Bauldry^ ibid., n. 4, et S. Cangr^des R., 14 février 1705). Le Célébrant dit : Mémento, homoy etc., en traçant un signe de croix [Ruhr., ibid.). Le Prêtre, ayant ainsi reçu les cendres, fait les révérences convenables *, et s'en retourne à sa place, accompagné du second Cérémoniaire, qui fait venir tout le Clergé par ordre.
Nota. S'il n'y avait pas de Prêtre revêtu de surplis pour donner les cendres au Célébrant, lui-même, se mettant à genoux sur le marchepied, tourné vers l'autel, se les imposerait sur la tête, en forme de croix, sans rien dire (JRu6f ., ibid.). Lors même que le Diacre qui sert k l'autel serait décoré de l'ordre de la prêtrise, il ne devrait pas imposer les cendres au Célébrant, puisque, dans cette circonstance, il remplit les fonctions de Ministre {Bisso, ibîd, ; Bauldry, ibid., n. 8 ; Merati, ibid., n, 14).
15, Quand la distribution des cendres commence, les Chantres chantent l'antienne Immutemur habitu, etc. On chante ensuite la suivante {Rubr.^ ibid; Caer. Ep.j lib, n, cap. XVIII, n. 10). On la répète même si la distribution n'est pas finie {Merati, ibid., n. 15).
16. L<»rsque le Prêtre qui a imposé les cendres an Célébrant se retire, le Diacre remet le vase des cendres au Cérémoniaire, ou il le pose sur l'autel, et, conjointement avec le Sous-Diacre, il descend sur le degré : tous les deux à genoux sur le marchepied, ils reçoivent les cendres du Célébrant ; puis le Diacre remonte a S2^ droite, et reprend le vase des cendres ; le Sous-Diacre remonte k la gauche {Bisso, ibid., § 10; Castaldi, lib.
* G'etMhdire tant au Célébrant qa*k l'autel.
9M^ PAU. IT, CBAP. II. AU. n.
m» MM. Pif np. lOf Uf S), Eiisuîte le Célébmat disui- Ini les cepdr^s aa rçsta du Clergé, aw Prêtres 4'abor4f PttW aui «utr«s Qercs (ilfiftr., ibîd ). Tous se présçih tejrt 4euxàdeux*.
17 f La distributioq 4es cendres teroiîpée, te &iacr« romet le vas© au Cér^moniaire, qui I4 porte sur la mdence, puis va rejoiodre le Diacre et le Sous-DJacre in cornu epUtçla^^ 0^ le Célébraut se lave les malus {Coer* Ep.. cao, XIX, n. 6; Bauldry^ ibid,, q. 9), après les avoir d'aoord essayées avec de h mie de pain. Up Acolyte verse l'eau, et le^ Ministres sacrés prâsenteut la sertlette pour essuyer les mains ÇUerati, ibid^ n. 19)*.
Nota. Pans les églises 06 ie Célébrant distribue les cendres au peuple, il se rend pour cette distribation & la balustrade avec ses Ministres^ placés dans le ipême ordre; prenant garde d'imposer les cendres aux femmes, nop sur le voile, pais sur les cheveux {Gav., ibid., in Ruhr- 6, litt. R). La distribution finie, les Officiers sacrés retournent devant Tautel : les Ministres font la génuflexion sur le dernier degré ; le Célébrant fait la révérence con- Tcnable ', et se rend avec eux in cornu episioloê, où il se lave les mains in plano^ de la mam'ëre que nous avons dite.
18. Après s'être lavé les mains, le Célébrant chante DMiimêê toUÊMm et Toraisop Concède fioMi, ele. {Rubr. ,
* 0« peut QOBtattar rMdfe qiM nottifooi iadifié â-dtim tailt note « ^ 4« h p. m.
. * Si 1<Î3 MinUtre^ (iu Praire ii'ont pas, au lavement des maini , lea même» fonctions que le jour de la PuriÛcatioa, c'est à raison de ce que le Prdtre netteie é*aberd set mains avec la mie de pain, et (pie le DiaoM et k Sous^Maort «mt enptoyéi k Nd«r tos ^te oifoçosliiM».
'LeiÇWébnwtfaitliifémifleiâpo^ileiNÛolâacrQ^ dans lé cas contraire, il ne ftit qu*une inclination profonde, tandis que ses Ifimstres font toi^oors la génuflexion.
i|«4,)^ \^ ipams jpÎPlps, sur le m f^rial, ayaM ^ Mi*, mtTfi^ k ^ Çôtiés (JJa^Wf», ibjd, ; 4f^al». ibWt)î Apiè* q»§ te Cfcœiiir a répdpdu 4»w»f ils fpfit uoe ipcli»atw» h l» crQÎXf gt s'0n vpat i^^r brmorm ^ la bgQq\içtb^ où Je^ ÇélébFîipt qi^tte pa phap^ et se revêt du wi2|aipBi§ et de> la c))fisul)l^ ; «es Miaistrçs preppept seolfim^t îeurs ma*" Qipuje^ [Mwatiy ibidr, P, ^). EInsuite pn çhiottlaMosse^ qui est célébrée par le même Prêtre qui a béni les cendr(»^i
et »oo par an a«trei ^w que Ta déplaré la S« Gongi égat«p» d9» JEUtçut }^ iS juin 16^7.
De la Messe,
i%: Les Offieiers saerés, ayant quitté ta banquette, font les saints ordinaire» au Ghcsur * ; et, arrivés devant les degrés de Pautel, ils font les révérenees convenables k la eroit • ; puis le Célébrant commence la Messe, qui est célébrée more solito, k l'exception des particularités qui suivent, te Chœur et les Clercs qui servent k Fautel sont a genoux pendant la confession, pendant les oraisons, et depuis le Sancius jusqa'k VAgnm Dei exclusivement *, {Bieio, litt. M, n. ^49, § 3, et litt. 6, n. 29, g 0; AauJ. dry, part, vi, cap. iv, art. u, n. H; Merati, part rv, tit. VI, n, 20, et Castatdi).
20. Lorsque le Célébrant chante la pénultième oraison avant Tépitre, le second Acolyte aide au Sous-Diacre k
* Supposé que le Choeur soit disposé de manière à êtr^ salué par les Officiers sacrés avant qu*i]s arrivent k l'autel.
' G'est-k-dire le Diacre et le Sous-Diacre la génuflexioB, et te Gâébrant Hin clioation profonde; mais si le saint Sacrement est dans I9 tabernacle, ils font tous la génuflexion.
' CesUlHlire qu'on se lève pour VÂgnm.
S40 FAUT, nr, chai», n, aut. it .
dter sa chasuble, et la met sur la banquette. Puis, après que le Sous-Diacre a chanté Tépitre et baisé la main du Célébrant, et pendant que celui-ci lit Tévangile, le Diacre ôte à son tour sa chasuble, met l'étole ample ^ surTétole ordinaire. II ne devra reprendre sa chasuble qu'après avoir porté le missel pour la communion (Meratty ibid., tit. I, n. 4). Il porte le livre d'évangile sur Tautel more solito.
21. Lorsque le Célébrant lit les paroles Adjuva nos^ etc., il ne fléchit pas le genou ; mais après quil a fini de lire l'évangile, il revient au milieu de l'autel more solito^ où, avec ses Ministres, il attend que l'on chante Adjuva nos^ etc. Alors tous trois se mettent à genoux sur le bord du marchepied. Lorsque le trait est fini, ils se lèvent (Merali, ibid. , tit yi, n. 14) : alors on met l'encens dans l'encensoir, et on va chanter l'évangile à l'ordinaire'.
23. Les Acolytes restent à genoux avec leurs flambeaux depuis le Sanctm jusqu'après la communion du Célébrant.
25. Pour l'oraison qui se dit super populum^ après la postcommunion , lorsque le Célébrant a chanté Ôr«musy le Diacre^ s'étant tourné par le côté droit vers le peuple, chante Uumiliatecapita vestra Deo (J!feraet,ibid.).
Q:^ ARTICLE IV. j
De la Bénédiction et Distribution des Cendres par VÉvêque.
24. La bénédiction des cendres a lieu exactement de la même ' manière que se fait la bénédiction des cierges le jour de la Purification de la très sainte Vierge. L'Évéque est également à son trône, 1
' Appelée eo italien slolone.
* Entre le trait et Tévangile il y a donc silence ; on peut voir, à ce «Qet, ia notes delà page 357. j
DU DIH. LiCTÀRE ET DU DIM. GÀUDETE. 541
revéia des mêmes ornements sacrés, et accompagné du même cortège. Les Assistants au trône et les Chanoines sont également parati et induH. De plus , le Chanoine célébrant doit , dés le moipent de i'arrlyée du Prélat, se trouver à la banquette au coin de Tépltre , ayec le Diacre et le Sous-Diacre (Caerem.y lib. n, cap. xvm, n. 3), sans manipules.
25. C'est le Sous-Diacre qui , à genoux , présente le vase des. cendres , tant pendant les prières de la bénédiction que pendant la distribution (/Wd., n. ).
26. Le moment de la distribution venu, l'Évêque s'assied. Le Célébrant, conduit par le Cérémoniaire, va lui imposer les cendres, qu'il reçoit sans se lever. Puis on lui met la mitre , on couvre ses genoux d'une serviette , et alors commence la distribution des cendres au Clergé.
27. Le Célébrant les reçoit le premier sans se mettre à genoux , mais profondément incliné. Les autres viennent ensuite par ordre de dignité. Tous ceux qui ne sont pas Chanoines se mettent à genoux. Tous ont soin de faire les révérences convenables , tant à l'autel qu'à l'Évéque. Dans cette circonstance , on ne baise pas la main du Prélat (Ihid., n. 7, 8, 9, 10).
28. Le Célébrant , après qu'il a reçu les cendres, retourne à sa banquette , où sur la &n de la cérémonie il quitte la chape et prend le manipule et la chasuble* Le Diacre et le Sous-Diacre prennent ensuite leurs manipules.