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CHAPITRE IV

Des linges et ornements sacrés.

ARTICLE PREMIER

Des linges sacrés.

1. Les linges sacrés sont : 1° le corporal. Le corporal est un linge destiné à recevoir le corps sacré de N. S. 6. Ce linge est ordinairement carré, porte une croix sur la partie antérieure7, et doit être bénit8; 2° la pale. La pale est un linge destiné à couvrir la patène et le calice pendant le saint Sacrifice; elle doit aussi être bénite9 (I); 3° le purificatoire. Le purificatoire est

(1) 1° En Italie, la pale consiste clans une double toile empesée, coupée en carré et sans carton. En France, on met un carton entre les deux toiles. Cet usage n'est pas réprouvé, comme on peut le voir dans la Correspondance de ftome. 2° La pale était d'abord une partie même du

5 Gavanlus, de niUtrey^OnSnAS^ucrœ supell. — - Ibid. — ~J Ibid. Castaldi, Prax. Cacr., /SÈy^TTTt^f^ n. 2. — 4 (iavantus Ibid. — I Ibid. — c llitb. Mi/bç/parl. II, li\ftp- * 7 Gavantus, de Mens sacr. tapcll. — s /{//

un linge qui se met sur le calice, et sert à l'essuyer l; il ne se bénit point 2; 4° outre les linges sacrés, on se sert encore, au saint Sacrifice, d'un petit linge appelé manuterge, avec lequel le Prêtre s'essuie les mains au Lavabo*.

Des vêtements du Prêtre et des Ministres.

"1. Les vêtements du Prêtre pour la célébration du saint Sacrifice et ceux de ses Ministres doivent être bénits par un Evêque ou un Prêtre qui en ait le pouvoir '*.

3. Ces vêtements sont : 1° pour le Prêtre, l'amict (amictus), l'aube (alba), le cordon (cingulum), le manipule (manipulus), l'étole (stola), et la chasuble (planeta <m casula) *; 2° pour le Diacre, l'amict, l'aube, le cordon, le manipule, l'étole mise transversalement de l'épaule gauche sous le bras droit, et la dalmatique (dalmatica)6', 3° pour le Sous- Diacre, l'amict, l'aube, le cordon, le manipule et la tunique (tunica) '.

A. A certains jours marqués par la Rubrique, et dont il sera parlé en son lieu, le Diacre et le Sous-Diacre ne portent point la dalmatique et la tunique; mais, dans les cathédrales et les églises considérables, ils portent des chasubles repliées devant

corporal, qui se repliait sur le calice, comme le font encore les Chartreux. 5* Nul auteur ne parle d'un usage assez commun en Fiance et peu fondé en autorité, de broder une croix en dessous. 4° La S. C. a réprouvé l'usage des pales recouvertes de soie ou autre étoffe. 22 janv. 1701. Gardcl., 5i2G ou 5575, ad 6. Congr. Montis coronx. On t ite un décret du 10 janv. 1852 par lequel cette défense aurait été révoquée et maintenue seulement pour les pales de couleur noire; mais ce décret ne se trouve pas dans la nouvelle édition de la collection authentique.

1 Bub. Dbtd. — - S. C, 7 sept. 1816. Gardel , 4576 ou 4526, ad 20. in Tuden. — 7' Rub. Miss., part. T, tit. xx. — 4 Ibi<l.. part. li, lit. i. n. 2. — 5 Ibid. — ,; Ibid., part. I. tit. xix. n. 2. Crr. Ep., 1. 1, c. IX, n. 1. — " Uub. MtSS. Ibid. Cxr. Ep. Ibid.. c. x, n. 1.

la poitrine (1), et, clans les petites églises, le Diacre sert à l'autel avec l'aube, le manipule et l'étole, et le Sous-Diacre avec l'aube et le manipule *.

5. L'habit de chœur consiste dans le surplis ou la cotta sur la soutane, avec la barrette2. 1° La soutane doit être assez longue pour toucher au moins le talon5; mais il est absolument prescrit qu'elle soit sans queue4; 2° quant à la forme du surplis, il n'y a rien de positivement prescrit à cet égard 5. Voici seulement ce qu'en disent les auteurs les plus remarquables. 1° Gavautus : a Superpelliceum e tela potius tenui, manicis ita « oblongis, ut crispatœ usque ad digitos summos pertingant, « qua; esse possunt cubitis circiter duobus ; in ipso ore potius « forma sit rotunda quam quadrata, a pectore nullo modo scis- « sum autdissectum; longe ducatur infragenua, fere ad média « crura; late pateat ab extremis oris in ambitum cubitis circi- « ter tredecim, ab humeris circiter octo, a nulla parte nimis af-

(1) Relativement aux chasubles pliées, voici un décret de la S. Congrégation des rites, du 13 juin 1671 : Rubrica concedit usum planetarum complicatarum ante pectus Diaconis et Subdiaconis ministrantibus in Missa solemni in Cathedralibus et prxcipuis Ecclesiis in diebus jejuniorum : in minoribus vero Ecclesiis Ministris prsedictis dat tantum usum albx mm manipule- Subdiacono, et cum stola et manipulo Diacono. Cette partie du devant de la Chasuble, qui, dans le principe, était simplement pliée, est aujourd'hui coupée. Cette chasuble est, au reste, faite comme celle du Célébrant. C'est ici le lieu de remarquer qu'il y a des différences assez essentielles entre les chasubles, tuniques et dalmatiques des églises de Rome avec ces mômes ornements de nos églises de France. A Rome, la chasuble a la croix devant, et non point derrière; seulement, par derrière, elle est partagée en trois parties, à peu près comme nos tuniques, par des galons qui vont du haut en bas. Quant aux dalmatiques et aux tuniques, à Rome, ces ornements ont des galons qui les divisent dans la largeur, c'est-à-dire d'un côté à l'autre, et non pas, comme en France, du- haut en bas : ce qui les rend fort différentes des ehasubles. Les cbasubles dont se servent le Diacre et le Sous-Diacre, étant dépliées, peuvent servir aux Prêtres pour la célébration de la Messe. (Merali, part. IV. c. i, n. 2.)

1 Iiub. Miss., part. I, tit. xix, n. 5 et C. — 2 Cser. Ep., 1. I, c. v, n. 4. 3 foi,. Miss., part. I, tit. i, n. 2. — 4 S. C, 17 juin 1675. GardeL, 2490 ou 2642, in Ravennaten. 2 déc. 1673. Gardel., 2514 ou 2666, in Havennaten. — ■ S. C, 4 sept. 1743. Gardel., 4027 ou 4176.. ad 2, in Pernambucen.

« fectata artificiosi operis elegantia elaboratum, ab humeris prae- <i sertim non specioso artificii ornatu l ; » 2° Catalan, après avoir rapporté les diverses modifications qui ont été apportées dans la forme du surplis, donne, d'après saint Charles, les mêmes règles que Gavantus , et cite enfin un Concile de Bordeaux, tenu en 1585, qui défend au->>i l'usage du surplis enrichi de broderies8. Actuellement à Rome le surplis e^t assez court, les manches ne descendent pas beaucoup au-dessous du coude, et il est ordinairement garni de dentelle.

6. Le rochetest le même vêtement que le surplis, seulement il a les manches étroites3. L'usage en est réservé aux Evêques et aux Prélats. Les Chanoines doivent avoir un induit spécial pour le porter, et l'habit de chœur de chaque Chapitre doit être fixé par une concession Apostolique4. Le rochet ne peut remplacer le surplis pour l'administration des sacrements; ceux qui en ont l'usage mettent alors le surplis par-dessus5 (1). De plus, les Chanoines ne peuvent pas porter l'habit canonial hors de l'église cathédrale ou collégiale, quand ils ne sont pas en corps avec tout le Chapitre 6 (2).

(1) Le rochet et le surplis par-dessus, que portent aussi à Rome 'es Chanoines dans certaines circonstances, vont très-bien ensemble et pi >- «luisent un fort bel effet. ^Cér. des Ev. expl., 1. I, c. m, n. 18.)

2) A Rome, les Evoques, comme les Chanoines, ne prennent l'habit .anonial que pour les Offices, et. pour toutes les autres Fonction^ sacrées. ils se revêtent du surplis par-dessus le rochet. Ainsi, lorsque le Pape dit la Messe 1 asse avec solennité, ce sont deux Evêques en rochet et surplis qui la lui servent en qualité de Chapelains. Les Evêques qui communient à la Messe papale, comme il arrive le Jeudi saint, déposent, avant la communion, leur mantelel, pour prendre le surplis par-dessus le rochet. On tolère cependant l'usage de communier avec le mantelct, et cet u<oge, du reste, est approuvé par un décret de la S. C. du 10 sept 1796. Gardel. ,4320 ou 1469, ad5,tfl Jirachoren. Nous ne voudrionspas cepen-

1 Gavantus, de Kensuris sacra supell. — - Catalan, in Pontif. prol.,

«. xn, n. G et 7. — 3 Tous les auteurs. — 4 S. C. C, an 1828, p. 254.

S. C. 17 avril 1660. Gardel., 1808 ou 20i5. M Aquilon*. — :i S. C, 12

déc. 1790. Gardel., 1065 ou 4208. in Piêâwen. 10 juin 1773. Gardel.,

£46ou 1366, ad l, Urbis. — ' » S l "1 mai 1817'. Gardel 1386 ou

'•. ad 2. Dubia additionalia. 10 janr; 1853, Gardel, 5166, in Ceiiê-

7 . La barrette est surmontée de trois pointes ; le quatrième côté ne doit point en avoir. La barrette à quatre pointes est l'insigne du doctorat, et les laïques, aussi bien que les Ecclésiastiques, en font usage dans toutes les séances académiques où iî est question de paraître officiellement; mais aucun Docteur, même Evêque, ne peut se servir de cette barrette à quatre pointes dans les fonctions sacrées l.

article m De la matière des linges et ornements sacrés.

8 . Les amicts, les aubes, les nappes des autels, les corporaux, les pales et les purificatoires doivent être en toile de lin ou de chanvre, et non en coton 2.

9. Les chasubles en étoffes de coton ne sont pas prohibées par ce décret, comme l'a déclaré la S. G. 5. Cependant, à cette question : « Num planeta?, stola?, et manipula possint confici ex tela '< linea vel gossypio vulgo percallo, coloribus praescriptis tinte cta aut depicta? » Elle a répondu : « Serventur Rubricx, et « usus omnium Ecclesiarum qux hujusmodi casulas non ad- « mittunl*. »

10. L'usage, introduit dans quelques églises, de confectionner des ornements en étoffe de verre, est prohibé 5.

11 . Le cordon peut être en soie, quoique le fil soit plus convenable 6. 11 peut être aussi de la couleur du jour7.

lant condiimner la pratique de porter l'habit canonial, pour prêcher, même en dehors de l'église cathédrale ou collégiale. On peut voir sur cette question : Tractatus de capihilis, auctore D. Bouix, p. 516.

1 S. (... 5 «Ire. 1844. Gardel., 4845 ou 4991, ad 1 et 2, in Venusin.

— S. C, 15 mai 1819. Gardel., 4413 ou 4563, Décrétant générale. — " S. C. '23 mai 1835. Gardel., 4601 ou 4750, Ord. min. de Observantia .

— * S. C, 23 sept. 1837. Gardel., 4660 ou 4815, ad. VIII. in Mutinen.

— ;i S. C., 11 sept. 1847. Garde'.; 4938 ou 5099, in Atrebaten. — 6 S. C, 2'2 janvier 1701. Gardel., 5426 ou 3575, ad 7, Congreg. Montis Coronx. — ' S. C., 8 juin 1709. Gardel., 3660 ou 3810, ad 4, in Bracharen.

De r usage des ornements sacrés.

§ 1. — De l'amict, de l'aube et du cordon.

12. On se sert de l'amict toutes les fois qu'on porte l'aube1; les Chanoines mettent aussi l'amict lorsqu'ils doivent porter des ornements pour assister l'Evêque'2, ou assister aux Fonctions pontificales3.

15. L'aube et le cordon sont toujours employés ensemble. On sert de l'aube pour la célébration du saint Sacrifice et seulement pour quelques autres circonstances, telles que la Procession de la Fèle-Dieu et la Reposition du saint Sacrement. A la Messe pontificale du Jeudi saint, les Diacres assistants sont aussi revêtus de l'aube *.

14. L'Evêque seul porte l'aube pour chanter les Vêpres et les autres Heures canoniales5. Un simple Prêtre peut cependant garder l'aube pour chanter les Laudes de Noël qui suivent immédiatement la Messe de minuit, ou les Vêpres qui suivraient immédiatement la Messe, comme il arrive dans les fêtes qui se célèbrent pendant le carême6.

§2. — Du manipule.

15. Le Célébrant ne porte jamais le manipule lorsqu'il e>t revêtu de la chape; et, dans les églises où il n'y a pas de chape, il porte seulement l'aube et l'étole , s'il doit faire quelques bénédictions à l'autel7.

10. On quitte le manipule pour toutes les Fonctions autres que la Messe. Lorsque le Célébrant porte la chape, ses Ministres De portent pas non plus le manipule, sauf le Dimanche des Ra-

1 Toutes les Ruhr. — - Cxr. Ep., 1. I, c. vu, n. 1, c. viji, n. 2. — 8 Ibid., c. xv, n. 6. — * S. C, 17 sept. 1785. Gardel., 4272 ou (4SI, ad 2, in Portugallen. — 5*. C, 13 juillet 1058. Gardel., 1703 ou 1010. ad •">. in Hagusina. 27 août 183G. Gardel., *or>7 ou 4780, in Lucnnct. — 6 Rép. du Gard. Préfet de la S. C , 5 oct. 1851. — ' Rub. Miss t paît. I, lit. xi>:, n. i.

meaux, à la Bénédiction des Rameaux, où ils prennent le manipule pour chanter l'épitre et l'évangile l.

17. Le Célébrant, le Diacre et le Sous-Diacre conservent aussi le manipule au dépouillement de la Croix le Vendredi saint2 : ils le quittent seulement pour l'Adoration de la Croix s.

% 3. — De l'étole.

18. Ou doit prendre l'étole pour administrer tous les sacrements. Seulement, quant au sacrement de Pénitence, la coutume, le lieu ou les circonstances peuvent dispenser de cette règle4. On doit cependant, régulièrement, avoir alors le surplis et l'étole violette. Nous lisons, en effet, dans le Rituel : « Super - « pelliceo et stola violacei coloris utatur, prout tempus vel loco- « rum feret consuetudo3. » Déplus, on a adressé, à ce sujet, deux questions à la S. C. : « 1° An adsit pra:ceptum utendi stola « violacea in administratione sacramenti Pœnitentiae? » Elle a répondu : « Servetur Rituale Romanum 6. » 2° Quœritur an « confessarii in ecclesia cathedrali (Patavin.) in actu coufessio- « niim assumera debeant stolam, qua non utuntur? » Elle a répondu : « Affirmative jaxta décréta'1. »

19. On prend également l'étole pour faire toute espèce de bénédiction 8.

20. Le Prêtre qui expose le saint Sacrement doit porter l'étole, quand même il ne ferait que servir un autre Prêtre 9. Cependant, comme un Prêtre qui assiste ne doit pas être en étole, il ne la prend que pour le moment où il expose ou retire le saint Sacrement 10.

21. L'étole n'est pas nécessaire pour ouvrir le tabernacle11.

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