CHAPITRE II
De l'Encensement.
ARTICLE PREMIER
De l'Encensement en général.
\ . La manière dont on encense en Italie est différente de celle usitée en France. En France, on lance l'encensoir en l'air, quelquefois même à une très-grande hauteur; en Italie, on ne l'ait que présenter la fumée de l'encens. Le Cérémonial des Evoques ne suppose jamais qu'on puisse encenser d'une autre manière que celle que nous indiquons au numéro suivant.
2. Quant à la manière d'encenser, voici ce que dit le Cérémonial : « Imposito et benedicto thure, Episcopus, vel Celebrans « capit de manu Diaconi in Hissa, vel de manu Presbyleri as- « sistentis in Vespcris thuribulum, videlicet, sinistra, catenulas, « quibus thuribulum sustinetur in earum summitate, dextera « vero easdem catenulas simul junctas, prope thuribulum tenel " ac thuribulum sustinet, ita ut illud commode ducere versu> ( rucem, et imagines prœdictas, et ad se retrahere possit, < quôd recte fil, si ipse Episcopus, aut Celebrans, accepto thu- « ribulo, teneat dexteram, quo fieri potest, proximiorem ipsi « thuribulo, ita ut parvum caleiiiilurum spatium remancat inter « ipsius manum dcxter.im et thuribulum, praïsertim cum thua rificantor oblata; nam si nimis thuribulum pendeat, nec a commode, nec secure, nec décore illam actionem expediiv •■: posset, et facta cruci profunda reverentia thurificet illam tri- <■ plici ductu l. » Catalan ajoute, pour l'encensement de la croix : « Thurificat Iriplici ductu, nihil scilicet dicens; sed posl « unamquamque incensationem tantillum quiescens, ila ut dis- « tinguatur tres factas esse incensationes : sunt enim nonmilli i qui adeo velociter eam fuiictionem peraguut, ut minime
1 C.vr. Ep.. 1. I. c. xxni. n. 4.
« ductus ipsi thurificationis cruci exhibitae discemantur l. n Le Cérémonial dit ailleurs : « Dum Episcopus seu alius Cele- « brans prœdictam altaris thurificationem facit; advertat ut se « in ea graviter et décore gerat, non personam aut caput, dum « thuribulum ducit, reducitque, movens; sinistram, quae sum- « mitatem catenularum retinet, firmam stabilemque ante pe- « ctus tenebit; dexteram vero manum ac brachium commode « ac tractim cum thuribulo movebit, ita ut, cum thuribulum « ad se retrahit, illud sub brachio leviter et competenti mora « reducat2. »
3. Voici ce qu'il faut conclure de ces règles du Cérémonial, d'après les Maîtres de cérémonies les plus expérimentés : 1° on saisit les chaînes près de l'encensoir; 2° pour encenser, on ne lève pas l'encensoir en l'air, mais, de la droite, on le conduit et on le ramène (ducere versus... reducere ad se); 3° celui qui encense doit s'observer de manière à ne faire aucun mouvement de corps ou de té e; 4° il tient de la main gauche l'extrémité des chaînes en l'appuyant sur sa poitrine, et de la droite il met l'encensoir en mouvement, de manière que la main et le bras soient seuls en action, en tirant une ligne avec aisance et bonne grâce; 5° il ne laisse pas tomber l'encensoir par son propre poids, mais il le ramène doucement et par un mouvement régulier sous le bras droit 3.
4. D'après ces règles, on n'encense jamais à Rome en tenant l'encensoir par le bout des chaînes. On ne donne pas non plus deux coups, un petit et un grand, qui chez nous sont censés n'en faire qu'un. Cependant il est d'usage, quand on encense l'autel et les Dignitaires, de faire, en élevant l'encensoir, une petite pause, en le tenant immobile pendant un instant; mais on ne tire jamais qu'un seul trait en offrant l'encens. Cette fonction demande à être vue pour être bien comprise, et il faut aussi qu'elle soit bien exécutée*.
5. 1° Le saint Sacrement, la croix de l'autel, l'Évêque, sont
1 Catalan. Ibid. Merati, Riib. Miss., part. 11, tit. iv, n. 4 et autres. — 8 Cœr. Ep. Ibid., n. 8. — r> Cér. des Év. expl. Ibid.. n. 4. — 4 Ibid.
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encensés de trois coups; les Chanoines et Dignitaires, de deux coups; 2Ô si un Légat ou un Cardinal se trouvait au chœur, il serait encensé de trois coups, l' Evoque et l'Officiant, de deux coups, les Dignitaires et Chanoines, d'un seul coup, et les autres en passant; 5° l'Officiant est toujours encensé de trois coups, à moins qu'il ne se trouve au chœur quelqu'un qui soit plus digne que lui et qui doive être encensé de trois coups, et alors il est encensé le premier comme à l'ordinaire, mais seulement de deux coups ■ ; 4° les séminaristes sont toujours encensés tou> ensemble, et en passant *.
De la Bénédiction de V encens.
6. Lorsqu'un Prêtre met de l'encens dans l'encensoir, il doit être près de l'autel : cette fonction ne doit jamais se faire à la banquette 3.
7. Si l'on met de l'encens dans l'encensoir pour encenser le saint Sacrement seul, on ne le bénit pas. Devant le saint Sacrement exposé, on omet les baisers *.
8. Chaque l'ois qu'on doit faire la Bénédiction de l'encens, le Thuriféraire ou le Cérémoniaire se présente, tenant de la main gauche l'encensoir, et de la main droite la navette garnie d'encens avec la cuiller (1) : il présente la navette entrouverte au Diacre, ou, si c'est aux Vêpres, au premier Assistant. Celui-ci présente au Célébrant, la cuiller en disant : Benedicite, Pater révérende, avec les baisers d'usage. Le Célébrant5, s'étanl
(1) Les Ilubricisles prescrivent également que le Cérémoniaire et le Thuriféraire se présentent tous deux ensemble : le Cérémoniaire présente la navette, et le Thuriféraire l'encensoir. Pour la manière d'exécuter cette fonction, voir part. IX, ch. m. art. n et v.
1 Cm. Kp. Ibid., n. 32. — - S. C. 3 août 1839. Garde!.. 4711 ou 4857. ad 4 in Bobien. — 3 S. C, 49 juillet 4G59. Gardel., 4845 ou 1999 /// Tinrntiita. — 4 C.vr. Kp. Ibid . n. 18. — 5 ttub. Miss., part. 11. lit. »v. n. ï, et lit. vu, n. 10. C.xr Ep. Ibid., n. 1.
tourné un peu vers le côté de l'épître *, met trois fois de l'encens dans l'encensoir, prenant à cet effet trois fois de l'encens dans la navette, disant en même temps : Ab Mo benedicaru in cnjus honore cremaberis; ou, si c'est à l'offertoire de la Messe solennelle: Per intercessionem. Il rend ensuite la cuiller et fait de la main droite un signe de croix sur l'encensoir : puis le Diacre ou l'Assistant, ayant rendu la navette, prend l'encensoir et le remet au Célébrant, comme il sera dit en son lieu 2.
article m De l'Encensement de Fautel.
9. Le Prêtre qui fait l'encensement de l'autel doit mettre toute son attention à faire cette action avec gravité et bienséance, observant toutes les règles indiquées art. i. La main gauche, qui retient le haut des chaînettes, doit être immobile et appuyée sur la poitrine, et la droite doit se mouvoir avec aisance en conduisant et non en lançant l'encensoir. Lorsqu'il marche, il doit toujours mouvoir, d'abord le pied qui se trouve le plus rapproché de l'autel, et faire un pas chaque fois qu'il conduit l'encensoir, de façon qu'il y ait toujours accord entre le mouvement des mains et celui des pieds 5.
10. Le Célébrant, à la Messe solennelle, ayant dit la prière Oramus te et béni l'encens, comme il est dit ci-dessus art. ir, reçoit l'encensoir du Diacre *, lui présente sa main à baiser 5, fait une inclination à la croix 6, ou, si le saint Sacrement est dans le tabernacle, la génuflexion7, appuyant la main gauche sur l'autel8, et l'encense de trois coups sans rien dire (voir lig. I, n. 1, 2 et 5); il fait de nouveau la révérence convenable, puis il encense la table de l'autel, conduisant trois fois l'encensoir à distance égale depuis le milieu de l'autel jusqu'au coin
1 Tous les auteurs. — 2 Rub. Miss. Ibid. Cxr. Ep. Ibid. — *Cxr. Ep., 1. II, c. xxiii, n. 8. — 4 Rub. Miss., part. II, tit. iv, n. 4. — b Conséq de la Ruhr. — 6 Rub. et Cxr. Ep. Ibid. — 7 Tous les auteurs. — 8 Baldeschi.
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