PRIÈRE POUR LE JOUR DE LA CONSÉCRATION D'UNE ÉGLISE
O Dieu, qui dans le saint baptême avez fait de moi votre temple, non à cause de mes mérites antérieurs mais uniquement par un effet de votre grâce; faites que je sois toujours pour vous un temple pur et saint. Purifiez ce temple de toute espèce de vice, ornez-le de toutes les vertus qui lui conviennent et ne permettez pas qu’il y ait jamais rien dans cette demeure qui puisse blesser les regards de votre divine majesté. Faites aussi que comme une pierre vivante suffisamment taillée et préparée par les affictions, je puisse un jour entrer dans la construction de la Jérusalem céleste.
Consécration. — On appelle dédicace Ou consécration d’une église ou d’une chapelle, la cérémonie par laquelle un évêque dédie ou consacre définitivement et avec solennité un édifice à la divinité.
Dès lors cette nouvelle maison à prière portera le nom d’une Personne jivine, ou d’un mystère de la vie de notre Seigneur ou de la sainte Vierge, ou d’un ange ou de quelque saint (1). Cette cérémonie est comparable au baptême, non seulement par l'imposition du nom, mais par divers rites communs à l’une et À l’autre, De temple profane ou même païen, elle devient église catholique qui ne devra plus être employée qu’au ser.
vice de Dieu qui en devient alors plus particulièrement le maître. , Ministre. — L'évèque seul peut faire une- cérémonie si importante. Le Pontife
(1) En attendant qu'elle soit consacrée, une église, pour être livrée au culte, doit être bénite par divers rites empruntés à la cérémonie de la consécration. Un prêtre peut, avec la permission de l'ordinaire, faire cette bénédiction. C’est alors qu'on donne à cette église le nom liturgique qui ne devra pas être changé à l’époque de la consécration. Le nom vulgaire et civil peut cependant différer du nom liturgique. L'Eglise désire que toutes les églises cathédrales et paroissiales soient consacrées ; elle per-' met qu'on consacre les autres.
doit toujours, avec l’église, consacrer au moins un autel, qui sera presque toujours le maître-autel. S'il y a d’autres autels à Consacrer, ils pourront l'être, ou un autre jour, ou, dans la même cérémonie, par le Pontife qui répétera successivement les diverses cérémonies d’aspersions, d’onctions ou d’encensements, etc., sur chacun. I] peut aussi, avec la permission de Rome, inviter d’autres évêques à consacrer les divers autels pendant qu'il consacre lui-même l'autel principal. L'une des plus belles consécrations simultanées est celle qui eut liew dans la basilique de Notre-Dame de Lourdes (en France) dont, en 1876, quinze évêques consacraient les autels latéraux, pendant que le cardinal Guibert archevêque de Paris consecrait Je maître-autel. I] arrive souvent, en cc PAYS, que trois (quelques fois cinq) évéques consacrent en même temps les divers autels d’une église.
Antiquité. — La cérémonie de la consécration d’une église remonte jusqu’à l'ère des patriarches. La Bible nous montre successivement Jacob oignant d’huile une pierre Pour y offrir des sacrifices au Très-Haut, Moïse faisant la dédicace du tabernacle dans le désert, enfin Salomon dédiant avec la plus grande solennité, le temple de Jérusälem. 11 n’y eut guère de consécration d’églises pendant les trois premiers siècles. Au sor> tir des catacombes, l'Eglise ne manqua
pas de consacrer, par des rites venus jusqu’à nous, les basiliques royales que lui donnèrent les empereurs devenus chrétiens.
But et effet. —S, Augustin, S. Bernard, S. Pierre Damien et plusieurs autrés disent que cette cérémonie a pour but et effet : 1° de mettre les démons en fuite; 2° de faire exaucer plus facilement nos prières par Dieu ; 3° de nous rappeler la sainteté que Jésus-Christ communique à son Eglise ; 4° enfin d'obtenir aux fidè-
les les grâces attachées aux cérémonies
de la consécration. Les faits miraculeux par lesquels il a plu à Dieu de montrer qu'il agréait cette consécration, la tradition constante de l'Eglise qui la prescrit, les indulgences qu’elle y attache, comme les grâces nombreuses obtenues dans ces églises consacrées, prouvent la légitimité de cet usage et la réalité des pieux effets qu'on lui attribue.
Beauté.—La consécration d’une église, telle qu'elle est fixée depuis plusieurs siècles, est, avec le sacre d’un évêque, celles des cérémonies liturgiques qui dure le plus longtemps (pas moins de trois heures, outre la messe qui doit la terminer). Mais en réalité, elle ne paraît longue qu’à celui qui, ne la Suivant pas dans un livre, ne comprend pas la beauté des rites qui la composent, ni jes enseignements qu'elle renferme.
Cette cérémonie se compose, outre le chant d’un grand nombre d’antiennes
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7e) NOTIONS PRÉLIMINAIRES
et de psaumes très significatifs, d’aspersions, d’onctions et d’encensements dont l'ordre et l’enchaînement sont loin d’être arbitraires. Les oraisons que le Pontife chante en si grand nombre, outre qu’elles font connaître le sens des rites précédents, forment un ensemble d’enseignements variés et pratiques de théologie Pastorale. Les rites accomphs, mais surtout les antiennes et les PSaumes qui sont Chantés à cette occasion nous montrent, dans le temple de Jérusalem, une figure de nos églises. La liturgie veut nous inspirer un grand respect de ces édifices consacrés au culte du vrai Dieu et honorés de la présence réelle de son divin fondateur. De plus plusieurs rites de cette cérémonie présentent une frappante analogie avec ceux qui ont lieu dans le sacrement du baptême. Ils nous font donc considérer nos propres corps comme autant de temples de la divinité. Enfin, l’église est encore une image du ciel, le temple éternel de la Jérusalem céleste.
Ainsi, chaque fitèle est une pierre plus Ou moins polie, plus ou moins brillante qui a sa place marquée dans le temple du ciel. La consécration d’une église est donc une cérémonie féconde en graves enseignements et en pensées des plus Sanctifiantes, non seulement pour ceux qui ont le bonheur si rare d’y assister, mais pour tout chrétien qui peut pénétrer le sens spirituel de chacune des actions et des prières qui la composent.
NOTIONS PRÉLIMINAIRBS 11
C'est ce bien spirituel que procure une assistance pieuse et intelligente à cette cérémonie extraordinaire qui a inspiré la publication de cette brochure.
Puisse-t-elle, avec le secours de la grâce de Dieu, atteindre ce but.
Office de la Dédicace, — Le jour de la consécration d’une église, le clergé qui est chargé de la desservir, laisse de côté, pour le bréviaire et la messe, pendant une semaine, les offices que font les autres prêtres, pour faire la fête de la Dédicace de cette église sous le rite double de 1® classe, avec une octave qui ne finit qu’au même jour de la semaine suivante.
De plus ce clergé doit célébrer sous le même rite et avec octave, chaque année, l'éffice de l’anniversaire de cette Dédicace. Dans ce pays, au lieu d’une octave isolée pour chaque église, la fête et l’octave de l’Anniversaire de la Dédicace se fait le même jour pour toutes les églises, même pour celles qui ne sont pas consacrées.
Jeûne.—Afin d'attirer la grâce de Dieu ‘Sur cette importante démarche et permettre aux heureux témoins d’en micux profiter, l'Eglise impose un jeûne à ceux qui demandent cette consécration, comme le donateur de l’église, ou les fidèles À l'usage desquels elle est destinée. Autrefois, le jour même de la cérémonie était une fête d'obligation. Le chômage n’existe plus, le jeûne seul a été maintenu. I!
est aussi obligatoire que celui des vigiles
de certaines solennités ; les mêmes rai-.
sous en exemptent.
Fréparation des reliques. — La veille de la consécration d’une église, le Pontife prépare les reliques qui doivent être déposées dans le sépulcre de l’autel (ou des autels) à consacrer. Cc sont deux reliques de martyrs qu'il renferme dans uve petite boîte en argent avec trois grains d’encens et une petite feuille de fin parchemin où il inscrit le procèsverbal de la consécration. Les évêques qui doivent consacrer les autels latéraux agissent de même. Chaque boîte est scellée des armes de l’évêque qui consacre l'autel auquel elle est destinée.
Exposition des reliques. — Le Pontife consécrateur de l’église expose ces reliques Sur un autel ou une simple table ornée et accompagnée de deux cierges au moins, dans une chapelle préparée le plus près possible de l’église. Dès ce
. noment, les fidèles se font un devoir d'aller prier devant ces reliques de saints et de véritables héros dont la vie est un si puissant exemple de vertu pour tous.
Des prêtres y chantent ou psalmodient l'office des martyrs en leur honneur.
Indulgences. — Si le consécrateur est l’évêque du diocèse, il accorde une indulgence partielle d’un an, aux fidèles qui assistent à la cérémonie, ou qui visitent cette église, le jour de sa consécration (après la cérémonie). 11 a accordé de plus, pour le jour où l’on fait l’anniver-
saire de la consécration, une indulgence partielle de 50 jours (ou 100, s'il est archevêque, ou 200, s’il est cardinal) (2).
Si le Pontife donne la bénédiction s0lennelle entre la cérémonie et la messe, :
ou à la messe même, s’il la chante ou s’il y assiste, on gagne en outre, 50, 100, ou 200 autres jours d’indulgence attachés par le Pontife à cette bénédiction, selon qu'il est évêque, archevêque, ou cardinal.
(2) Ces diverses indulgences comme toutes celles que l'évêque accorde (par exemple pour la récitation d’une prière) ne peuvent être appliquées aux défunts, excepté par ceux qui ont fait : la cession de toutes leurs œuvres satisfactoires et suffrages en faveur des âmes du purgatoire.