‹ Cérémonies de la consécration d'une église à l'usage des fidèles avec un commentaire littéral, historique et mystiqueChapitre 7 sur 57 · Prières à la porte de l'église · texte numérisé non relu

Prières à la porte de l'église

Arrivé sur le perron de l'église, en face de la porte principale qui demeure fermée, le Pontife entonne l'antienne Adesto que le chœur continue, puis chante l'oraison suivante:

" Nous vous supplions, Seigneur, de prévenir nos actions par l'inspiration de votre grâce et de les accompagner par votre assistance continue, afin que tous nos actes, prières et œuvres, commencent par vous et finissent de même."

Après cette oraison, le Pontife couvert de la mitre s'agenouille sur le prie-Dieu; les fidèles se mettent aussi à genoux et

Prières à là porte de l'Eglise. — L'antienne et l'oraison implorent le secours de la sainte Trinité pour la cérémonie qui commence. On ferait bien de prendre l'habitude de réciter cette oraison au début de toute entreprise importante. La sainte Trinité, la sainte Vierge et tous les saints sont intéressés à la consécration de cette église, c'est pourquoi, dès le début, on chante les litanies des saints. Mais le moment n'est pas encore venu de chanter Ab omni malo, libéra nos, Domine, " De tout mal, délivrez-nous,

l'on chante une partie des litanies des saintsî Les fidèles qui le pourront uniront ieur voix aux chantres, en répondant à ces litanies. On ne double que les Kyrie et les Christe. On s'arrête après le deuxième Propilius esto.

Bénédiction de Veau. — Le Pontife bénit d'abord l'eau. Il garde la crosse et la mitre pour les exorcismes du sel et de l'eau, il les dépose pour les oraisons. Après avoir béni le sel, il en répand un peu, en forme de croix, dans l'eau et sanctifie ce mélange par une dernière oraison.

Seigneur." On s'arrête à cet endroit. Il faut agir auparavant avec autorité contre les démons qui infestent l'air et rôdent autour de l'édifice; il faut les expulser et purifier ces lieux par des aspersions répétées autour de l'église.

Aspersions des murs extérieurs. — A cause de l'influence que le démon exerce, depuis le péché d'Adam, sur toute la création, le Pontife commence la bénédiction du sel et de l'eau par un exorcisme destiné à éloigner de ces éléments toute action du malin esprit. îl les sanctifie ensuite par diverses oraisons. Cette formule est celle qui sert à faire Peau bénite chaque dimanche pour l'aspersion.

l8 ASPERSIONS DES MURS EXTÉRIEURS

Aspersion des assistants et des fidèles. — Le Pontife entonne l'antienne Asperges me (même dans le temps pascal) que le chœur continue sans psaume ni Gloria. Pendant ce temps, le Pontife s'asperge, asperge ses ministres et tous les fidèles. On s'agenouille pour faire le signe de la croix, si le Pontife est l'évêque ordinaire du lieu, sinon, on se signe debout.

Première série d'aspersions.

Aspersions. — Ayant repris la mitre, le Pontife, commençant par sa droite, fait le tour de l'église, si c'est possible, et asperge les murs vers le haut (et le cimetière, s'il le traverse), récitant continuellement les mots : In nomine Patris, et Filii, et Spiritus sancti. 11 est suivi du clergé et même des fidèles, si le lieu le

Des faits aussi innombrables que certains prouvent l'efficacité de l'eau bénite contre les esprits de ténèbres et les heureux effets obtenus par ceux qui l'emploient pieusement. Ses divers éléments ont une signification mystique. L'eau, qui sert à laver, figure la pénitence qui enlève les taches du péché, tandis que le sel, employé à préserver les aliments de la corruption, représente la doctrine évangélique qui a été, dans le monde, un merveilleux moyen de sanctification. Dès Pépo-

permet. Pendant cette tournée, les chantres qui peuvent rester devant l'église, chantent le répons Fundata est qu'ils ont soin de commencer aussitôt après avoir chanté VAsperges me.

Oraison. — Revenu à la porte de l'église, le Pontife rend î'aspersoir, quitte la mitre et chante l'oraison suivante :

" Dieu tout-puissant et éternel, qui remplissez de votre présence et de vos œuvres l'étendue de votre empire, écoutez favorablement nos supplications, et puisque vous êtes le fondateur de cet édifice, soyez-en aussi le protecteur. Eloignez de lui toute influence maligne de la puissance adverse. Faites, par la vertu tou-

que de la loi de Moïse, on salait les victimes sur l'autel et l'on mettait du sel dans l'eau destinée aux purifications. Quand le prêtre baptise, il met un peu de sel dans la bouche de l'enfant, en exprimant le vœu que le nouveau chrétien soit préservé de la corruption du péché et qu'il pratique les œuvres de la véritable sagesse. L'aspersion des fidèles est destinée à les prémunir contre toute pensée étrangère et à sanctifier ceux qui sont appelés à entrer dans ce lieu saint. L'aspersion de l'église, qui est comme son baptême, nous rappelle le souvenir du baptême et nous fait apprécier notre dignité de chré-

jours agissante du saint Esprit, qu'on vous y rende à jamais, et dans une libre ferveur, les pieux devoirs qui vous sont dus. Par jésus-Christ notre Seigneur."

Demande d'entrer. — Le Pontife prend ki crosse, s'approche de la porte et du bout de sa crosse, frappe le bas de la porte?, en disant, à voix intelligible :

"Princes, ouvrez vos portes; élevezvous, portes éternelles, et laissez entrer le roi de gloire. "

Un diacre qui est resté dans l'église demande: "Quel est ce roi de gloire? " Le Pontife reprend: "C'est le Seigneur fort et puissant, le Seigneur puissant dans les combats." Cependant les portes de l'église restent fermées.

tiens, plus sublime que celle du temple qu'il s'agit de consacrer.

Cette triple aspersion des murailles de l'église, image de l'âme chrétienne, temple spirituel du saint Esprit, rappelle le baptême qui autrefois était conféré par trois immersions du baptisé dans Peau.

Elle honore, avec les trois personnes de la sainte Trinité, les vertus théologales, la foi, l'espérance et la charité. Le Pontife, au lieu de Paspersoir ordinaire, devrait se servir d'un bouquet de plante appelé hysope, employé par les prêtres de l'ancien Testament; à son défaut, il fait

Deuxième série d'aspersions.

Aspersions. — Le Pontife, ayant quitté la erosse, reprend l'aspersoir et fait de nouveau le tour de l'église, aspergeant cette fois, le bas des murailles (et le cimetière), pendant que le ehœur ehante le répons Benedic, Domine.

Oraison. — Le Pontife, revenu devant la porte, remet l'aspersoir, quitte la mitre et ehante l'oraison suivante :

lt Dieu tout-puissant et éternel, qui, par votre Fils, la Pierre angulaire, avez uni les Juifs et les Gentils, ces deux murs qui s'élèvent sur des fondations opposées, et qui avez rassemblé les deux troupeaux sous un seul et même pasteur, faites que vos serviteurs, par les bienfaits de notre ministère actuel, soient unis dans les liens d'une indissoluble charité; qu'aucune division des esprits,

usage d'une autre plante verte capable de retenir l'eau. Cette aspersion extérieure des murs répétée à trois hauteurs différentes est destinée à soustraire l'église dans toutes ses parties aux influences du démon et à l'envelopper pour ainsi dire tout entière des bénédictions divines. Le triple circuit que fait le Pontife autour de l'église désigne les trois avènements de Jésus-Christ pour la sanctifi-

aucune divergence perverse des cœurs ne séparent jamais ceux qui ne doivent former qu'un seul troupeau sous la houlette d'un seul pasteur, et qui sont renfermés sous votre garde, dans le même bercail. Par le même Jésus-Christ notre Seigneur."

Demande d'entrer. — Ici se répètent la demande d'entrer, la question du diacre et la réponse du Pontife, comme précédemment.

Troisième série d'aspersions.

Aspersions. — Le Pontife commence cette troisième aspersion par sa gauche et asperge cette fois les murs à la hauteur des yeux (et le cimetière), pendant que l'on chante le répons Tu, Domine.

Oraison. — Après ce troisième tour, le Pontife chante l'oraison suivante :

cation du peuple chrétien : le premier lorsqu'il s'incarna, le deuxième, quand il descendit dans les limbes, le dernier quand il resuscita et monta au ciel. Le troisième tour fait en sens contraire des deux autres, signifie le retour de Jésus- Christ au ciel après sa glorieuse ascension. Ce changement de direction rappelle aussi le transfert de la foi, des Juifs qui l'ont refusée, aux Gentils qui se

41 Dieu tout-puissant et miséricordieux, qui, préférablement aux autres, avez conféré à vos prêtres une si grande puissance, en sorte que c'est vous-même que l'on considère en eux, lorsqu'ils agissent en votre nom et remplissent dignement leurs fonctions saintes, nous conjurons votre infinie miséricorde de visiter les lieux que nous visiterons, de bénir après nous, ce que nous allons bénir; qu'à notre très humble entrée, et par les mérites de vos saints, les démons

sont convertis à la prédication de l'évangile.

La triple percussion à la porte de l'église nous montre que l'on doit prier avec d'autant plus d'instance et de persévérance que la grâce à obtenir est plus excellente. Elle rappelle aussi aux ministres du Seigneur qu'ils ne doivent pas se lasser de frapper à la porte des cœurs, par leurs prédications pour convertir les pécheurs et sanctifier les justes. Le diacre qui n'ouvre pas, bien que deux fois renseigné sur celui qui demande d'entrer, est l'image des fidèles qui refusent la grâce de Jésus-Christ et lui ferment l'entrée de leur cœur, quoiqu'ils le connaissent bien.

Le Pontife, en répondant trois fois :

" C'est le Seigneur fort et puissant, etc., proclame la triple puissance de notre Sei-

prennent la fuite et les anges de paix nous accompagnent. ' '

Troisième demande d'entrer. — • Le dialogue précédent se répète pour la troisième fois, avec le changement suivant. A la question du diacre, tout le clergé répond avec le Pontife : Dominus virtutum ipse est Rex gloriœ, "Ce roi de gloire c'est le Dieu de toute vertu." Tous les assistants ajoutent : Aperite, aperite, aperite, il Ouvrez, ouvrez, ouvrez. ' ' Le diacre ouvre alors la porte.

gneur, au ciel, sur la terre et dans les enfers.

Cette porte est celle du ciel qu'on ne franchit selon notre Seigneur, qu'après de longs et laborieux efforts. Après avoir frappé en vain deux fois à la porte de l'église, le Pontife y pénètre en traçant sur le seuil le signe de la croix toujours vainqueur. Le clergé d'ailleurs et tous les fidèles ont uni cette fois, leurs voix, à celle du Consécrateur.

On le voit, toute cette cérémonie rend sensible la lutte victorieuse de la grâce contre le péché, du Rédempteur contre le démon.

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