‹ Cérémonies et prières de la bénédiction d'une clocheChapitre 6 sur 24 · pour toute autre cérémonie religieuse · texte numérisé non relu

pour toute autre cérémonie religieuse

21.—pour avertir le peuple d’un désastre public comme inondation, incendie ;

22.—enfin pour détourner l’orage ou la foudre de la région, en chassant de l’air les démons qui souvent en sont les agents (10).

Il est défendu de sonner les cloches depuis la fin de la récitation du Gloria, le jeudi saint, jusqu’au commencement de la récitation de cette hymne, le samedi saint; de plus, en un temps d'interdit.

(8) On gagne une indulgence de 100 jours en récitant l’Angelus (ou le Regina coeli dans le temps pascal), au son de la cloche (ou aux heures ordinaires si elle ne sonne pas, où si on ne l’entend pas), ou le matin, ou le midi, ou le soir (300 jours pour les trois récitations. d’un même jour); plus une indulgence plénière mensuelle, si on a été fidèle à cette récitation au moins une fois par jour pendant 30 jours consécutifs, pourvu qu’on se confesse, communie et prie à l'intention du souverain Pontife (Raccolta de 1898, No 138).

(9) Cette pratique de sonner à peu près une heure après le coucher du soleil, a lieu tous les jours dans les communautés religieuses. Dans ce pays, on ne sonne ainsi les cloches des églises paroissiales que dans le mois de novembre, et l’usage se généralise de ne sonner plus que la veille et le jour de la Commémoraison des défunts. Ceux qui,

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Cérémonie.—La bénédiction des cloches peut se faire non seulement dans l’église, mais aussi à l'extérieur, sous une tente, ou dans une salle publique.

Le clergé et les fidèles ont soin de se tenir debout chaque fois que le Pontife se rend du trône auprès de la cloche et vice versa, qu'il entonne une antienne, ou chante une oraison. On ne s'asseoit que lorsqu'il s’asseoit lui-même, ainsi que pendant qu'il fait les onctions. On est debout pour le chant de l’évangile qui termine la cérémonie.

Quand on est dans l’église, chacun doit éviter, surtout en allant sonner, tout acte inconvenant dans le lieu saint. |

La liturgie ne mentionne pas le parrain ou la marraine d’une cloche. Leur présence à la cérémonie est donc d’un usage plus récent que les cérémonies de la bénédiction. Naturellement, au début, ce devait être le riche paroiïssien qui donnait la cloche qui en était considéré comme le père

à cette sonnerie (ou à l’heure où elle devrait avoir lieu) disent le psaume De profundis et le verset Requiem au pluriel (ou seulement un Pater et un Ave avèc ce verset) gagnent 100 jours d’indulgence (Raccolta de 1898, No 303).

(10) C’était autrefois un usage général de sonner les cloches à l'approche d’un orage pour le dissiper, ou du moins, n’en pas éprouver de dommage. Les prières de la bénédiction en font plusieurs fois mention. C’est un effet surnaturel que communique la bénédiction à la cloche. Ainsi l’harmonie religieuse éloigne les démons que la musique lascive a pour effet de rapprocher et de réjouir. Toutefois, comme tous les effets temporels qu’on demande à la prière ou aux objets bénits (cierge, eau, rameau, etc.), ils ne sauraient être certains et infaillibles, et les croire tels serait de la superstition. Il ne nous est permis que d'espérer cette protection de l’usage d’objets pieux.

et le parrain, par analogie avec la cérémonie du baptême. Le grand nombre de parrains et de marraines à qui l’on demande maintenant de contribuer à l’achat des cloches a pour avantage, en multipliant les actes de charité, d’intéresser un plus grand nombre de fidèles à cette éloquente cérémonie et aux leçons qu’ils peuvent en retirer.

Les parrains et marraines peuvent avec raison considérer comme un acte religieux et l’accomplir avec dignité et piété, le fait de sonner la cloche bénite. N'est-ce pas par leur entremise que la cloche, désormais instrument religieux, offre à Dieu et à la paroisse, les prémices de ses saintes fonctions ?

Symbolisme.—La cloche possède un admirable symbolisme. Etant, comme le prêtre, une voix de Dieu, vox Dei, à l'égard des fidèles, elle en est une figure complète. La dureté de son métal exprime la force d'âme nécessaire au prêtre. Le battant qui produit le son en frappant la cloche intérieurement, figure sa langue ornée de la science du salut et qui fait retentir aux oreilles des fidèles les divins enseignements de la religion. Le mouton auquel est suspendue la cloche représente la croix. Les liens qui les unissent marquent la charité. La corde qui sert à sonner lascloche est l'emblème de l'humilité avec laquelle 1l faut prêcher et entendre la prédication. Enfin pendant qu’on la sonne, l’abaissement de la corde rappelle au prêtre sa transition de la vie contemplative à la vie active, comme son élévation figure le retour de la vie active à la vie de prière.

Nous voyons par l’évangile qui est chanté à la fin de la bénédiction de la cloche, que cet instrument est considéré par l'Eglise comme l’emblèême de la vie contemplative et qu'il doit être comme une prière et un chant de louange et d’allégresse.

Nous devons donc écouter la voix de la cloche de l’église, comme la parole même du Sauveur. La cloche partage avec l'orgue, le bonheur de s'employer tout entière à la gloire de Dieu. Tandis que l'orgue accompagne la prière publique dans la maison de Dieu, la cloche la provoque dans le temple immense de l’univers. Dans l'orgue, on entend la voix des anges et des saints qui soupirent à nos oreilles la gloire et les joies infinies du ciel, tandis que la cloche rappelle la voix de l’humanité tout entière qui, de sa triste vallée de deuil et de larmes, exhale vers le trône de l’Eternel, la plainte de sa douleur tempérée par l’espérance et l’amour.

Respect dû à la cloche bénite—On comprend maintenant qu'il faut professer à l'égard d’une cloche bénite, le même respect qu’on accorde à fout autrenobiet quifawrecu, la bénédiction. de l'Eglise, comme les cierges, les rameaux et l’eau sainte. N'est-ce pas pour nous faire entendre cette vérité qu'on recouvre après la bénédiction, la cloche d’un vêtement qui rappelle celui de l’enfant nouveau baptisé? Toutefois le culte qu’on rend à la cloche est un culte selon l'esprit et selon la vérité. Car l’âme qu'on lui attribue consiste dans notre foi, notre espérance et notre charité, et de là découle sa vertu la plus efficace. En vain nous confierons-nous dans son secours, si nos coeurs n’accompagnent de mouvements pieux ses religieuses vibrations. Ce ne serait plus alors qu'un airain sonnant et une cymbale retentissante,” sans aucun effet moral ou spirituel, comme dit l’ apôtre saint Paul. Il faut donc se mettre en harmonie avec la cloche, comme saint Augustin le demande pour la récitation des psaumes. Si la cloche gémit sur les péchés du peuple, ou redit le deuil d’une famille chrétienne, gémissions et

compatissons avec elle. Quand elle éclate en accents de joie, au jour de nos grandes fêtes, réjouissons-nous dans le Seigneur et gardons-nous avec soin de tout plaisir illicite. Quand elle loue et bénit Dieu à l'élévation de la messe, à la bénédiction du saint Sacrement, au Magnificat, au Te Deuim, louons et bénissons Dieu de tous ses bienfaits. Enfin, quandtelle nous anvite ua Rme Se aux vêpres, à une instruction, à une procession, obéissons à ce signal, comme s'il venait de Dieu même.

CEREMONIES ED PEXTE Règles générales

Toute cloche destinée à un usage religieux doit être bénite et consacrée. C’est un évêque qui doit faire cette cérémonie, parce qu’elle comprend l’emploi des saintes huiles. Cependant il peut obtenir la permission de déléguer un prêtre à cette fin, dans quelques cas, à la condition que ce dernier emploie de l’eau bénite par l’ordinaire, mais d'après des indults récents, sans cette restriction.

Toute liberté est laissée à v évêque pour le choix du jour, de l'heure et du lieu de la cérémonie.

La formule à employer est celle du Pontificale Romanum (reproduite en entier ici, avec les rubriques traduites et développées). [La Congrégation des Rites a introduit, en appendice dans le Rituale Romanuim, une double formule abrégée, dans laquelle n'entre aucune onction, soit pour les cloches destinées à sonner les exercices de communauté, soit même pour celles des chapelles et de petites églises,

Ministres nécessaires Cette bénédiction solennelle exige:

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