Préparation de l’évêque
Pendant que les ministres sacrés, aidés par le 2e cérémoniaire et les acolytes (céroféraires) prennent les ornements de couleur blanche (sans manipule), le Pontife, accompagné du 1er cérémoniaire, (et du caudataire s’il porte la cape) se rend à la sacristie (ou ailleurs) où sont préparés les ornements et où l’attendent les autres servants.
L'évêque, après avoir enlevé, avec l’aide du rer cérémoniaire la cape ou la mozette (ou le mantelet) s’asseoit, reçoit une serviette sur ses genoux et se lave les mains, servi par les familiers (ou acolytes qui ont fini de servir les ministres sacrés). Dès que les familiers (ou les acolytes) ont servi à laver (à genoux avec génuflexion en se retirant pour l’évêque du diocèse, ou debout avec salut en arrivant et en se retirant, si ce n’est pas l'ordinaire du diocèse), les ministres se placent aux côtés de l’évêque et lui aident à revêtir les ornements distribués par le 2e cérémoniaire et apportés par les porte-ornements (porte- -insignes). Le porte-mitre pourra recevoir l’amict, puis revêtira le voile et recevra la mitre; le portecrosse portera l’aube, puis recevra la crosse qu 11 tiendra toujours avec un manuterge et la volute tournée en arrière; les norte-livre et porte- -bougeoir porteront le cordon et l’étole et le 2e cérémoniaire, la chape. Le porte-croix et les porte-
flambeaux doivent être placés devant l’évêque quand 1l reçoit la mitre et la crosse.
Quand l’évêque s’est levé et a salué la croix, on se rend auprès de la cloche. Le porte-croix et les porte-flambeaux marchent en tête du clergé, si c'est un évêque ou un prêtre qui fait la cérémonie, ou immédiatement devant le Pontife, le christ deda croix tourné en arrière, si c’est l’archevêque du diocèse. [L’évêque marche entre le diacre et le sous-diacre couverts de leur barrette. Les porte-mitre et porte-crosse marchent derrière lévequentaula suité du caudataire} et dentière eux les porte-livre et porte-bougeoir, enfin les familiers (s'ils sont autres que les acolytes) ; le Ier cérémoniaire marche devant l’évêque.
Les acolytes (les mains jointes) et le 2e cérémoniaire marchent en tête, à la suite de la croix (ou devant, si la cérémonie est faite par l’archevêque du diocèse).
Si l’évêque s’habille au choeur, le diacre et le sous-diacre entrent au choeur couverts de la barrette, à la suite du 2e cérémoniaire et des acolytes (sans chandeliers) et attendent l’évêque auprès du fauteuil; le 2e cérémoniaire reçoit et dépose les barrettes, et les acolytes se placent près de la crédence ; les porte-insignes ainsi que les porteflambeaux, entrent dans ce cas, au choeur avec les autres enfants de choeur, mais se rendent près du fauteuil; comme aussi les porte-flambeaux ; le porte-croix agira de même, si la cérémonie est faite par un évêque, mais si elle est faite par l’archevêque du diocèse, il entre en tenant la croix devant lui, le christ tourné en arrière. L'évêque entre alors, précédé du portecroix (sans porte-flambeaux) s’il est l’archevéque du diocèse, accompagné du Ier cérémoniaire et suivi du caudataire (s’il s’en sert). Après s'é-
tre assis, couvert et avoir reçu une serviette suf ses genoux, il se lave les mains, etc, comme“il est dit plus haut. Après avoir reçu la mitre, il s'asseoit mais ne recoit pas la crosse. Pendant que l’évêque revêt les ornements, le porte-croix (s’il n’est pas entré devant lui), prend la croix et les porte-flambeaux, les flambeaux allumés, et ils se placent auprès du fauteuil, ou auprès de la cloche (selon l'indication du rer cérémoniaire) et se tiennent tournés vers l’évêque de manière à ce qu'il voie la croix pendant toute la cérémonie. 2.—Psalmodie.
Au signe du 1er cérémoniaire, le porte-livre et le porte-bougeoir, ayant pris sur la crédence le livre et le bougeoiïir, se présentent devant l’évéque. Di c’est l’évêque du diocèse, ils font la génuflexion et montent s’agenouiller à ses pieds, sur le bord du degré supérieur ; s’il n’est pas l’ordinaire du diocèse, ils ne font qu'un salut et restent debout en bas de ce degré; le porte-bougeoir est à droite du porte-livre (vis-à-vis de la gauche de l’évêaue).
Psaumes.—La cloche est la grande voix qui exalte dans les airs les louanges de Dieu, Aussi l'Eglise, avant de confier cette mission divine à l’airain, fait entendre tout d’abord les accents du psalmiste qui chante la gloire de Dieu. La voix de la cloche et celle des psaumes se renvoient donc un mutuel écho dans une admirable harmonie. Le nombre sept, sacré dans l’Ecriture sainte et d’un usage fréquent dans l'Eglise, signifie la plénitude. Il nous rappelle l’universalité de la cloche dans les fonctions saintes.
Le premier psaume invite toute la nature à la pénitence et figure ainsi le rôle de la cloche qui
est de nous inviter à la pénitence et à l’expiation publique (1).
‘((1) Le psaume 50 Miserere composé par le roi David, à la suite de son double crime, est un acte
LT
L'évêque entonne à voix haute (sans chanter) le psaume 50 Miserere qui est continué par les ministres sacrés et les chantres (ou autres) qui ont soin de laisser l’évêque seul entonner chaque psaume et réciter à la fin de chacun le Gloria Patri.
Psalmus 50.
Miserere mei, * secundum magnam misericordiam tuam.
Et secundum multitudinem miserationum tuarum, * dele iniquitatem meam.
Amplius lava me ab iniquitate mea, * et a peccato meo munda me.
Quoniam iniquitatem meam ego cognosco; * et peccatum meum contra me est semper.
Tibi soli peccavi, et malum coram te feci: * ut justificeris in sermonibus tuis,.-et vincas cum judicaris.
Ecce enim in iniquitatibus conceptus sum, * et in peccatis concepit me mater mea.
Ecce enim veritatem dilexisti, * incerta et occulta sapientiae tuae manifestasti mihi.
Asperges me hyssopo, et mundabor; * lavabis me, et super nivem dealbabor.
Auditui meo dabis gaudium et laetitiam, * et exultabunt ossa humiliata.
Averte faciem tuam a.peccatis meis, * omnes iniquitates meas dele.
Cor mundum crea in me, Deus, * et spiritum rectum innova in visceribus meis.
de contrition vivement sentie et qui exprime fortement le besoin d’obtenir le pardon de ses péchés., Les pieux fidèles, à la suite des saints, éprouvent le besoin de le réciter souvent, par exemple chaque jour, pendant le carême, afin de compenser un peu pour les prières et l’abstinence qu’ils sont forcés d’omettre,
Ne projicias me a facie tua, * et spiritum sanctum tuum ne auferas a me.
Redde mihi laetitiam salutaris tui; * et spiritu principali confirma me.
Docebo iniquos vias tuas; * et impii ad te convertentur.
Libera me de sanguinibus, Deus, Deus salutis meae, * et exultabit lingua mea justitiam tuam.
Domine, labia mea aperies, * et os meum annuntiabit laudem tuam.
Quoniam si voluisses sacrificium, dedissem utique ; * holocaustis non delectaberis.
Sacrificium Deo spiritus contribulatus ; * cor contritum et humiliatum, Deus, non despicies.
Benigne fac, Domine, in bona voluntate tua Sion, * ut aedificentur muri Jerusalem.
Tunc acceptabis sacrificium justitiae, * tunc imponent super altare tuum vitulos.
Gloria Patri, Sicut erat.
Psalmus 53.
Deus, in nomine tuo salvum me fac, * et in virtute tua judica me.
Deus, exaudi orationem meam; * auribus percipe verba oris mei.
Quoniam alieni insurrexerunt adversum me, et fortes quaesierunt animam meam, * et non proposuerunt Deum ante conspectum suum.
Ecce enim Deus adjuvat me, * et Dominus susceptor est animae meae.
Averte mala inimicis meis, * et in veritate tua disperde 1illos.
Le psaume suivant qui invite les fidèles à la contrition et à la pénitence est en harmonie avec la cloche, dont l’une des fonctions est d’appeler aux cérémonies de pénitence et d’expiation publique, ‘ou amende honorable.
Voluntarie sacrificabo tibi, * et confitebor nomini tuo, omine, quoniam bonum est.
Quoniam ex omni tribulatione eripuisti me, * et super inimicos meos despexit oculus meus.
CloravPatri, » Sicut erat,
Psalmus 56.
Miserere mei, Deus miserere mei, * quoniam in te confidit anima mea.
Et in umbra alarum tuarum sperabo, * donec transeat iniquitas.
Clamabo ad Deum altissimum, * Deum qui beneficit mihi.
Misit de coelo, et liberavit me; * dedit in opprobrium conculcantes me.
Misit Deus misericordiam suam et veritatem suam, * et eripuit animam meam de medio catulorum leonum; dormivi conturbatus.
Filii hominum, dentes eorum arma et sagittae ;* et lingua eorum gladius acutus.
Exaltare super coelos, Deus, * et in omnem terram gloria tua.
Laqueum paraverunt pedibus meis, * et incurvaverunt animam meam.
Foderunt ante faciem meam foveam, * et inciderunt in eam.
Paratum cor meum, Deus, paratum cor meum; * cantabo, et psalmum dicam.
Exurge, gloria mea; exurge, psalterium et cithara: * exurgam diluculo.
Confitebor tibi in populis, Domine, * et psalmum dicam tibi in gentibus.
Comme le second psaume exprime, vers la fin la reconnaissance pour les biens recus de Dieu, il invite à sonner la cloche pendant le cantique par excellence de l’action de grâce, le Te Deum.
Que de fois la cloche n'invite-t-elle pas à une
prière humble et confiante comme le troisième psaume implore avec confiance le secours du ciel!
Quoniam magnificata est usque ad coelos misericordia tua, * et usque ad nubes veritas tua.
Exaltare super coelos, Deus; * et super omnem terram gloria tua.
Gloria Patri, Sicut erat.
Psalmus 66.
Deus misereatur nostri, et benedicat nobis; * illuminet vultum suum super nos, et misereatur nostri.
Ut cognoscamus in terra viam tuam,; * in omnibus gentibus salutare tuum.
Confiteantur tibi populi, Deus: * confiteantur tibi populi omnes.
Laetentur et exultent gentes, quoniam judicas populos in aequitate ; * et gentes in terra dirigis.
Confiteantur tibi populi, Deus; confiteantur tibi populi omnes: * terra dedit fructum suum.
Benedicat nos Deus, Deus noster, benedicat nos Deus ; * et metuant eum omnes fines terrae.
Gloria Patri, Sicut erat.
Psalmus 60.
Deus, in adjutorium meum intende ; * Domine, ad adjuvandum me festina.
Confundantur et revereantur, * qui quaerunt animam meam.
Avertantur retrorsum et erubescant, * qui volunt mihi mala.
Le quatrième psaume manifeste chez son auteur un ardent désir de la conversion du monde et contient une prophétie indirecte de la catholicité de l'Eglise. La cloche n’appelle-t-elle pas tout le monde au service de Dieu? Ne convoque-t-elle pas à la fois le’: juste et le pêcheur?
Dans le psaume 69, David, entouré d’ennemis qui en veulent à sa vie, conjure le Seigneur de venir à son aide. C’est également pour obtenir le secours divin contre le démon, nos passions et le monde que la cloche nous appelle à l’église,
Avertantur statim erubescentes, * qui dicunt mihi: Fuge, euge.
Exultent et laetentur in te omnes qui quaerunt té/Hhet dicant semper:
Magnificetur Dominus, * qui diligunt salutare tuum.
Ego vero egenus et pauper sum; * Deus, adjuva me.
Adjutor meus et liberator meus es tu; * Domine, ne moreris.
Gloria Patri, Sicut erat.
Psalmus &s.
Inclina, Domine, aurem tuam, et exaudi me; * quoniam inops et pauper sum ego.
Custodi animam meam, quoniam sanctus sum ; * salvum fac servum tuum, Deus meus, sperantem in te.
Miserere mei, Domine, quoniam ad te clamavi tota die: * laetifica animam servi tui, quoniam ad te, Domine, animam meam levavi.
Quoniam tu, Domine, suavis et mitis, * et multae misericordiae omnibus invocantibus te.
Auribus percipe, Domine, orationem meam; * et intende voci deprecationis meae.
In die tribulationis meae clamavi ad te, * quia exaudisti me,
Non est similis tui in diis, Domine, * et non est secundum opera tua.
Omnes gentes, quascumque fecisti, venient, et adorabunt coram te, Domine, * et glorificabunt nomen tuum.
Quonian magnus es tu, et facies mirabilia: * tu es Deus solus.
Deduc me, Domine, in via tua, et ingrediar
Le sixième psaume renferme les mêmes idées et prophéties que le quatrième,
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in véritate tua; * laetetur cor meum, ut timeat nomen tuum.
Confitebor tibi, Domine Deus meus, in toto corde meo: * et glorificabo nomen tuum in aeternum.
Quia misericordia tua magna est super me, * et eruisti animam meam ex inferno inferiori.
Deus, iniqui insurrexerunt super me; et synagoga potentium quaesierunt animam meam: * et non proposuerunt te in conspectu suo.
Et tu, Domine, Deus misereatur et misericors, * patiens, et multae misericordia, et verax.
Respice in me, et miserere mei: * da imperium tuum puero tuo, et salvum fac filium ancillae tuae.
Fac mecum signum in bonum, ut videant qui oderunt me, et confundantur, * quoniam tu, Domine, adjuvisti me, et consolatus es me.
Gloria Patri, Sicut erat.
Psalmus 120.
De profundis clamavi ad te, Domine; * Domine, exaudi vocem meam.
Fiant aures tuae intendentes * in vocem deprecationis meae:
S1 iniquitates observaveris, Domine; * Domine quis sustinebit ?
Quia apud te propitiatio est, * et propter legem tuam sustinui te, Domine.
Sustinuit anima mea in verbo ejus, * speravit anima mea in Domino.
Le psaume 129 des Juifs exilés à Babylone est celui que l'Eglise applique aux âmes souffrantes du purgatoire. Une des missions de la cloche est de sonner pour indiquer la mort du chrétien, sa sépulture, et solliciter les prières de ses frères, pour le soulagement des défunts.
À custodia matutina usque ad noctem * speret Israel in Domino.
Quia apud Dominum misericordia, * et copiosa apud eum redemptio.
Et ipse redimet Israel * ex omnibus iniquitatibus ejus.
Gloria Patri. Sicut erat.