OBSERVATION IV
Encéphalopathie grippale.
Corn, — Communic. à l'Académie de Médecine, 5 mars 1895
« Nous avons en l’occasion d'observer trois cas d’encéphalopathie d'origine grippale qui nous paraissent intéressants à si-
- gnaler.
. « Ces accidents ressemblent à ceux de la méningite pneumonique quoique bien moins graves.
« Ces trois observations fixeront nettement la symptomatologie et la marche de ces formes pathologiques.
«A1o Femme jeune ayant présenté jadis quelques accidents nerveux et qui, après une période de malaise, est prise brusquement de coma, stertor, inégalité pupillaire, paralysie des deux membres inférieurs ; la bouche est déviée à gauche, raideur et tremblement d’un bras. La malade est agitée. Température 39
pendant quelques jours. Cet état semi-comateux dure trois se- | maines. HER
« La malade se réveille alors peu à peu ; on constate qu'il y a : une stase sanguine dans les vaisseaux rétiniens. l
- « La céphalalgie persiste avec périodes d’accalmie, mais la
4e Ps
malade est aphasique ; elle ne gâle plus. L'amélioration est lente à se produire ; trois mois après elle est à peu près complètement guérie. : S
« 20 Dans ce cas, il s'agit d’une jeune fille de 17 ans qui, traitée pour l’anémie est prise de grippe ; bientôt survient du coma, stertor, paralysie faciale, chute de la paupière, gâtisme. Tempé-
rature 390 qui après deux jours, revient à la normale. Cet état
soporeux dure quatre jours, puis elle se remet peu à peu.
« 3° Femme de 36 ans, nerveuse, fut prise de douleurs générales avec contracture, paralysie faciale, puis paralysie motrice vague, paralysie des sphincters, hémi-anesthésie, inégalité pupillaire.
« Ces accidents graves durèrent pendant cinq semaines puis finirent par disparaître. | |
« En somme ces accidents auraient pu être confondus avec de
vraies méningites, mais leur guérison démontre que celle assimilation ne peut être soutenue. Malgré leur ressemblance avec ‘des accidents hystériques, les troubles des sphineters, les alté-
rations papillaires démontrant que les méninges ont dù ètre tou-
chées. EE = i
« En somme ces accidents peuvent être imputés à la grippe et nous avons pensé qu'il pouvait y avoir intérêt à les signaler. »