CHAPITRE I
En temps d’épidémie, le praticien a toujours tendance à faire rentrer chaque état pathologique pour lequel ilest consulté dans l’épidémie régnante, et cela” d'autant plus facilement que certains symptômes s’en
- rapprochent davantage. S'il a à faire à une infection dont la séméiologie soit aussi variée et polymorphe que celle de la grippe, on comprend combien il lui sera facile de suivre ce penchant, et de qualifier grippe ou influenza quantités d'états morbides différents.
Si l’on consulte les statistiques de la mortalité pendant les épidémies de grippe, il est un fait qui frappe tout d’abord, c'est que la mortalité a augmenté (ceci n'a rien qui doit nous étonner), mais c’est aussi que. la mortalité dûe aux autres maladies a beaucoup diminué. Peut-on eroire que la présence de la grippe empêche le développement des autres maladies ? Certes non, car généralement elle se rencontre à une époque de l’année où les états pathologiques d’origine microbienne sont nombreux, mais ce que l'on doit croire,
. ce qui est en réalité, c’est que l'on attribue à la \ grippe quantité de décès dûs à d’autres maladies.
Voyons done ce qu'on enténd généralement par :
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> grippe. Si on S'en rdpportait aux anciennes descrip- = tions, la grippe serait une maladie bénigne ayant pour Æ symptômes principaux le coryza et une laryngo-bron- > chite. « La grippe ou fièvre catarrhale est une affec- - tion catarrhale essentiellement épidémique qui in- téresse surtout lappareil respiratoire, et qui présente en outre des sÿmptômes dont les caractères et l'intensité sont variables suivant es épidémies ». (Dieulafoy, Traité de Pathologie interne).
Ah début de l'épidémie de 1889, les symptômes res- semblaient tellement peu aux syptômes de la grippe décrits par ous les auteurs classiques, ils revêtaient des allurestellément particulières que l'on se demanda à quelle maladie on avait à faire. On parla d’abord de la dengue, puis les idées se-modifièrent, et en fin de compte, ce fut non pas le nom de grippe qui resta, mais le nomitalien d’influenza. Puis on discuta sa con- . tagiosité ; des cliniciens éminents regardaient la grippe comme non contagieuse, d’autres non moins éminents # soutinrent qu’elle passait avec la plus grande facilité d’un individu à un autre.
. Si nous rappelons brièvement toutes ces ro sions, c'est pour bien mettre en évidence l'embarras dans lequel se trouvèrent les médecins en présence de cette nouvelle maladie.
Lorsqu'on connut mieux le polymorphisme de la + grippe, on donna le nom d’influenza à un grand nom- 4: bre d'états pathologiques quelque peu obscurs. Puis, : toujours pendant le >s épidémies, chaque maladie surve-
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nant soit pendant le cours dela grippe chez un malade, soit à la suite de cette affection, fut qualifiée de grip- : pale ; on vit alors des pneumonies grippales, des bronchites, des endocardites, des néphrites grippales, ete.
« Les affections secondaires de la grippe n'ont rien de spécial ni de spécifique. À ne considérer que les pneumonies, c'est par abus qu'on dit d'elles qu'elles sont de nature grippale. Elles sont d'espèces diverses, en rapport avec la diversité des agents pathogènes qui les provoquent ; elles ne sont, par exemple que des pneumonies vulgaires, comme la plupart des autres preumonies, parce que leurs agents pathogènes dans la grippe, comme en dehors de la grippe, ne sont que des microbes familiers, des commensaux habituels de notre organisme. | |
.« La grippe comme tant d’autres circonstances étiologiques, ouvre la porte à ces microbes ; alors la pneumonie par aulo-infection naît d’une cause vulgaire. Mais, dans des ciréonstances encore mal déterminées, ces microbes, en provoquant la pneumonie, peuvent acquérir une virulence qui ne leur: appartenait pas, ou exaller une virulence restée obscure jusque là. Déve- | loppée ou non au cours de la grippe, la pneumonie devient alors contagieuse, et la virulence que son microbe a Te peut se renforcer par son passage d'individu à individu. » (BOUCHARD, — Académie de N Médecine, 28 janvier 1890). +, ..
N'ya-t-il pas une exagération évidente à qualifier
de grippales toutes sortes de complications ? Et c'est
ce
Ent rr SENS
ES
- Justement contre celte exagération que nous désirons -.appeler l'attention, en montrant par des observations
que beaucoup de ces maladies ne sont très probable- + ment que des affections banales, mais revêtant pour
des causes inconnues une allure spéciale. Car il est
PR un fait certain, pas plus qu'on ne connaît exactement
A1 agent pathogène de la grippe, on ne-connaît les causes
climatériqnes de cette maladie. On a voulu expliquer
son développement par les variations de la pression
barométrique, la direction des vents, l'état hygromé-
trique de l'atmosphère, les changements brusques,
detempérature, eté,, mais ce ne sont là que des hypo-
thèses. Néanmoins, il n'est pas téméraire de supposer que des causes cosmiques absolument inconnues à l'heure actuelle augmentent la réceptivité de l’organisme humain, ou exaltent la virulence des innombrables microbes qui nous entourent, que nous portons en nous et sur nous.
Surviennent ces causes inconnues, alors on voit éclater de grandes pandémies; on constate des élats pathologiques différents comme symptômes et comme pronosties. Est-ce bien toujours la même maladie ? Nous ne le croyons pas. « Quant à la grippe en elle-
. même, les bizarreries run ee de son évolution, ses aspects multiples et si divers dans une même épi-
démie nous forcent à la considérer comme la moins
connue des maladies infectieuses qui nous atteignent et permettent même de se demander s'il faut toujours
Dans
une. appellation unique
es si différents dans leurs allures el Les
PR PNR | LR CU En le RU médecine el chirurgie pratiques.