DEUX SOLDATS DANS LE RETRANCHEMENT
1» REM 1ER SOLDAT
De ce double combat le péril fut extrême.
DEUXIÈME SOLDAT
Il n'est pas de péril quand César nous conduit.
Di:i XIKMi: PARTIE 175
i' M. M 1ER SOLDAT.
Pourtant, deux ennemis, de deux eûtes, la nuit.
DEUXIÈME SOLDAT
i était partout, du côté de la ville, Du côté de l'attaque.
PREMIER SOLDAT
Os riaient deux cent mille, Disent les prisonniers, outre Les assié
DEUXIÈME SOLDAT
Tous ceux qui n'ont pas fui, pris ou bien égorgés. Et puis, le second jour encor plus formidable Que le premier.
PREMIER SOLDAT
Alors, mêlée épouvantable ; Bataille générale et l'ennemi partout.
Ah! César, ce jour-là, s'est montré grand sur tout. Moi, j'étais dans la plaine, et toi?
DEUXIÈME SOLDAT
Sur la montagne.
C'est là qu'on s'est battu ; — dans aucune campagne, Je ne vis, crois-le bien, coup de main si hardi. Nous étions dans un camp retranchés... à midi, Soixante mille...
PREMIER SOLDAT
Bah !
DEUXIÈME SOLDAT
Vrai, soixante mille hommes D'élite, sur le camp viennent fondre et nous sommes Cernés.
PREMIER SOLDAT
En même temps les cavaliers Gaulois, Tombaient sur nous la-bas, encore je les vois, El tonte leur armée en bataille :
Se déployer au loin sur sa ligne alun-
DEUXIÈME SOLDAT
Et Yercingétorix, que lit-il?
PREMIER SOLDAT
Il descend De la ville d'Alise et vers non- .-'élançant Avec ses appareils d'attaque, ses macbin
Des perches de vingt pied.-, des faux...
DEUXIÈME SOLDAT
Sur nos collines, C'était bien autre ebos
PREMIER SOLDAT
Oh ! ne crois pas cela.
ins d'ici venaient et les antres de là. 11 nous eût fallu tous sur tous les points combattre, Les ennemis étaient quatre-vingt contre quatre;
Nos ouvrages, mon cher, beaucoup trop étendus, Pour que dans leur entier ils fussent défendus : Et tandis qu'en avant nous couvrait la poussière, Des hurlements affreux s'élevaient par denrk
DEUXIÈME SOLDAT
Mais nous sur les hauteurs ce n'étaient pas des cris Qu'il fallait repousser; notre camp fut surpris Par Vercingétorii et nus lentes plac Dans un lieu difficile a défendre, fon
DE1 \i i:mi: i'.\i; ri E. 177
Heureusement César n'abandonne jamais-
Ses soldais en péril; lui, sur l'un i\r* soinnicls
Debout, de son coup d'œil embrassant tout, envoie
Vers nous Labiénus, six cohortes. La joie
Fut grande à cel aspect, — ce n'était pas assez;
De vos retranchements les Gaulois repoussés,
Se retournent vers nous en masse; leur courage
Tu le sais, par moments, devient comme une rage.
Pressés, ceux-ci tombant, ceux-là marchant toujours,
Ils montent; les soldats qui défendaient nos tours
Sont tués, les Gaulois remplissent de fascines
Le fossé ; parapets et tours sont en ruines.
Nous élions envahis, perdus, on le croyait,
Les ennemis aussi. Mais César nous voyait.
Il nous envoie encor du secours, vingt cohortes;
Toutes pour résister n'étaient pas assez fortes.
César arrive enfin lui-même, et pour renfort
Fait sortir sur-le-champ trois cohortes d'un fort
Qui se trouvait tout près. Labiénus arrive:
Il en était allé chercher trente. On dit : vive
César, vive César. César qu'on reconnaît
Au paludamentum, à leur tête se met.
Les ennemis avaient gravi jusqu'à la cime
Des hauteurs et voulaient nous pousser dans l'abîme.
Sous les yeux de César on tient bon. Nous tenons;
Ceux qui viennent à nous, nous les exterminons.
Mais leur nombre croissait toujours et leur furie,
Quand nous apercevons notre cavalerie
Que César (est-il fin, César, est-il adroit!)
Avait fait prudemment par un certain endroit,
Filer sans être vue et qui prend par derrière
Mes Gaulois bien surpris ; — la déroute est entière.
Ils veulent fuir; oui, oui, mais nos bons cavaliers
Les égorgent. La troupe alors des alliés,
178 CfSlfL
De la solidité des nôtres convaincue
6 retranchements - eue
Son camp, tout e>t lini par la laveur des dieux.
PREMIER SOLDAT
Dis plutôt de César toujours \ictorieux.
DEUXIÈME SOLDAT
Tien-, regarde la-bas aux | 4nt -
! - {lieux, dans Leurs corps profondément entrées,
La file de Gaulois drôlement accroc!.
PREMIER SOLDAT
On dirait, par Junon, de grands b eufs embrochés.
Us rient
DEUXIÈME SOLDAT
C'est une invention de César
PREMIER SOLDAT
Dieux ! quel homme !
DEUXIÈME SOLDAT
i - >r, quand il voudra, sera lu maître à Rom .
CÉSAR sur son tribunal, DÉPOTÉS de la ville d'Alise, ensuite VERCIXGÈTORIX.
Que me demandez-vou> .;
on Di.i'i
Nous m utés
Par la ville d'Alise, en ces extrémités,