‹ CésarChapitre 115 sur 223 · I \ VIEUX CENTURION, UN JEUNE SOLDAT · texte numérisé non relu

I \ VIEUX CENTURION, UN JEUNE SOLDAT

LE VIEUX CENTURION

Triste expédition ! que n'allons-nous en Gaule !

LE SOLDAT

Par les dieux ! conviens-en, ta préférence est drôle. Au lieu d'un ciel brumeux et de noires forêts, Un clair soleil, des bois où murmure un vent frais.

LE VIEUX CENTURION

Mais nous marchons sur Rome.

LE SOLDAT

Eh bien ! tant mieux, j'espère Revoir dans peu de jours mon épouse et ma mère.

LE VIEUX CENTURION

Ma mère est la patrie et je vais l'égorger.

LE SOLDAT

Bah ! nous suivons César.

LE VIEUX CENTURION

César va se venger D'ennemis qui tramaient sa perte en son absence, Puis, va dans Rome esclave établir sa puissance.

LE SOLDAT

Il faut bien que quelqu'un commande, et je ne vois Personne de plus fait pour commander,

LE VIEUX CENTURION

I 3 lois.

LE SOLDAT

Pour moi, je ne connais d'autres lois que la sienne.

LE VIEUX CENTURION

Ce n'était pas ainsi jadis, dans Rome ancienne. Un général sortait, par ordre du .-ruât,

De son commandement, même un jour de combat.

LE SOLDAT

Cela ne se fait plus.

LE VIEUX CENTURION

Je m'en souviens, mon père, Enfant, me racontait ce que de son grand-père Il avait entendu ; c'était dans les vieux temps : Il me disait qu'alors toujours les mécontents Avaient flatté le peuple et que la république Les punissait de mort. Eli bien ! leur politique Fut celle de César.

LE SOLDAT

Je suis un plébéien, Et cette politique, à moi, me va très-bien.

LE VIEUX CENTURION

Les miens l'étaient aussi; mon père et mon grand-père

Etaient fort attachés au parti populaire,

Mais ils ne pensaient pas que l'on dût menacer

Le sénat, et bien moins le sénat renverser.

LE SOLDAT

Ah ! le sénat n'est plus qu'un vieillard qui bavarde.

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