LE CAMP DE POMPÉE
LES HAUTEURS OCCUPÉES PAR L'ARMÉE DE POMPÉE, PRÈS DE DYRRACHIUM, EN ÉP1RE
PISON et MURÉNA, jeunes cavaliers de l'armée de Pompée, ensuite CICÉKON.
PISON
Ces nouveaux corps venus grossir l'infanterie Ont manœuvré très-mal.
MURÉNA
Mais la cavalerie Avec ses housses d'or, ses armes dont l'éclat Donne un air de triomphe et de fête au combat, C'est autre chose ; ici nous comptons par centaines, Des jeunes gens la fleur des familles romaines. Et rester dans ces forts ! c'est à désespérer. Ne pourrons-nous bientôt au grand jour nous montrer Briller sur nos chevaux ainsi que nous de race, Et non ici languir à défendre une place?
PISOX.
Elle est forte, et je vois les plus vieux persister A croire que Pompée a raison d'y rester.
Ils sont vieux et Pompée aussi Test.
PISON
Du moins l'agi N'a pas brisé sa force et glacé son courage. Le premier aux travaux, donnant l'exemple à tous; El ce matin encore, en ce lieu, devant nous, Son cheval au galop lancé, le vieux Pompée Tirait adroitement, remettait son épée Au fourreau; lui, plus loin que les plus vigoureux, Jetait son javelot.
MLT.ÉXA.
Oui, c'est vraiment heureux Qu'il ait pour cette fois, au bout de sa carrière, Retrouvé quelque élan de sa valeur guerrière : Sur ses anciens succès on le crut endormi.
PISOX.
Ah ! le nom de César réveille un ennemi.
El vois-tu Cicéron paraître? un homme sage,
Qui juge des partis la force et l'avantage.
Il annonce toujours qu'il viendra, ne vient point.
Il parait qu'il nous blâme et raille au dernier point;
Car il est très-railleur.