‹ CésarChapitre 168 sur 223 · AUTRE · texte numérisé non relu

AUTRE

0 ma femme, Mes enfants ruinés !

UN SÉNATEUR

Veux-tu te taire, infâme !

C \ TON aux trois cents marcha:

Je vous rends grâce à tous d'avoir, jusqu'aujourd'hui.

A Rome, en ces périls, conservé votre appui,

Et d'avoir constamment, durant ce temps critique,

De votre or, vos conseils, servi la république.

Le service en ce jour que je viens implorer,

C'est d'attendre et ne pas encor vous séparer...

Si vous vous dispersez, votre fuite isolée

Sera facilement par César accablée,

Si vous restez ensemble unis et résignés,

Vous aurez plus d'espoir de vous voir épargnés.

UN MARCHAND

Quelle douceur!

IN AUTRE

Caton sait tempérer sa bile.

I i SAR.

r\ SÉNATEUR.

Parce qu'on est bonnet si pas malhabile.

I N AUTRE

il esl homme de sens et point présomptueux.

l \ MARCHAND.

Biais César le dit fou.

UN SÉNATEUR

C'est qu'il est vertueux.

CATON

De se rendre à César si le conseil l'emporte,

C'est la nécessité qui sera la plus forte,

Me dirai-je... Mais si vous aviez arrêté

De livrer un combat pour votre liberté,

Je dirais : Voulez-vous essayer la fortune

De la vieille patrie à tout Romain commune,

La fortune de Rome; elle a vu les Gaulois

Dans ses murs, Annibal à ses portes; vingt fois

Alors qu'on la croyait perdue, anéantie,

De périls qui semblaient plus grands elle est sortie.

Tous les cœurs ne sont pas avilis, abattus.

L'Ibérie est encore au pouvoir de Sextus,

Et là tiennent toujours les deux fils de Pompée.

!• n'est pas le maître; oui, Rome est usurpée. Mais Rome est frémissante et n'a point accepté Tout à fait la bassesse et la servilité. Et nous, ne soyons pas des lâches qu'on méprise, Faisons comme César qui, pour son entreprise Perverse, chaque jour expose hardiment Ses jouis que doit des dieux frapper Le châtiment.

I R01SIÊM l PART] I..

Consultez-vous d'ailleurs, décidez par rous-ménu Et priez les grands dieux, ces conseillers suprêmes, Pour que d'un désir droit vous obteniez le prix, Au parti le meilleur d'incliner ros esprits.

UN Si'. \ \ II! !!.

Les dieux sonl avec toi, Caton.

i \ m \i;cii WD.

.Noble l;ni ige!

I ii discours à la fois el si ferme et si sage! Entre César et lui comment donc hésiter?

UN AUTRE

A cet appel, pour moi, je ne puis résister.

UN AUTRE

Pour la première fois je me sens héroïque.

DM AUTRE.

Caton, contre César nous défendrons Utique.

UN AUTRE

Mais c'est bien périlleux. Je ne sais si je dois...

UN AUTRE

Les autres le font bien, on ne meurt qu'une fois.

PLUSIEURS VOIX

Oui, dispose de nous.

D'AUTRES VOIX

Oui, oui, nous serons braves.

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