UN AUTRE POINT D'UTIQUE
CÉSAR entouré do ses lieutenants.
PANSA
Oui, César, ce Caton que rien n'a corrigé, Il a voulu mourir.
Et j'en suis affligé!
Je regrette beaucoup, dans cette circonstance, De n'avoir pas pour lui pu montrer ma clémence. Je t'envie, ù Caton, ce trépas, noble sort, Qui m'a ravi l'honneur de prévenir ta mort. Qu'on épargne son fils; je le veux, par Hercule! Mais quant à ces Trois-Cents, ce conseil ridicule, A mes francs ennemis timidement lié, A ceux qu'on trouvera la mort et sans pitié.
L'EXPÊDl dON DE CÉSAR KN ESPAGN CONTRE LES \\\> DE POMPÉE
ANTOINE
Jamais tant de grandeur ne fut le lot d'un homme; Te voilà presque roi.
Je suis consul de Rome.
ANTOINE
Mais Rome t'appartient, 0 consul tout puissant, Elle adore ton front de gloire «'Mollissant, Elle >uit en chantant tes pompes triomphales. Qui lit voir aux Romains des batailles naval El quan I, dans un seul jour, ont les gladiateurs Répandu lanl de sang pour plaire aux spectateurs 1
rKOISIÊME PARTIE. 33Î
Qui jamais invita, l'on croit lire des fables,
Les citoyens romains h vingt-deux mille tables? .
Au degré le plus haut ton pouvoir est monté; Enfin, jouis en paix de ta prospérité.
Rien nV>i fait tant qu'à faire il me reste. En Espagne Maintenant. Ce sera ma troisième campagne En ce pays. . .
ANTOINE
Pourquoi cette expédition En Espagne? Il n'est plus de roi, de nation Que n'ait à ta merci fait tomber ton épée. . .
Il faut soumettre encor les deux fils de Pompée.
ANTOINE
Qu'en crains-tu ? Laisse-les dans ce pays lointain Lutter contre la force et contre le destin; Ici, triomphe en paix, et vainqueur de la terre, Fais par des lieutenants terminer cette guerre.
Non, César ne croira son pouvoir affermi
Que lorsqu'il n'aura plus au monde un ennemi.
332 I ÉSAB
I!" I WIP DE CÉSAR hl \ \M LA VILLE DE MCNDA 1 \ 1 5PAGN1
C'est nitni dernier combal que je livre en Espagne;
Si je le perds, tout esl perdu; si je le Liliane,
L'univers esl à moi. — Ce jour cm important,—
Le destin de César de cetle heure dépend.
Et vaincre, ce n'est pas une petite affaire,
Je n'avais pas compté sur une telle guerre;
Cest le dernier effort de tous les Pompéiens,
Puis un peuple vaillant, les Celtibériens.
Le soldat se mutine, on parle de se rendre;
Ce matin, traversant les rang-, je viens d'entendre
Des cris séditieux que j'ai feint d'ignorer;
Je soupçonne quelqu'un ici de conspirer
En propageant tout bas tjes rumeurs mensongères.
Peut-être ces terreurs sont-. 'lie- passagères
Kl les verrai-je fuir à l'heure où l'on se bat.
Je ne saurai cela bien que par le combat. —
Cette guerre qui va faire ma destinée,
C'est mi.' guerre atroce, implacable, acharnée.
Au siège de Cordoue on a fait des remparts
De corps amoncelés, et planté sur les dards
Des têtes. Mon armée aux horreurs s'habitue.
J'aime encor mieux cela que la voir abattue,
Comme elle est maintenant, sans élan, sans ressort...
Si Sextusest vainqueur, je me donne la mort
KOISIÈM i: P \ i; I I I
i m: TENTE.
CIMBER, CASCA, servant tousdetn dans l'armé
Cl M bei;.
Ce jour enfin verra, César, ootre vengeance '
CASCA
Avec les ennemis être d'intelligence, Ce D'est pas d'un Romain.
CIMBER
Qu'importent les moyens Lorsque le but est bon !
CASCA
Mais de vrais citoyens Doivent-ils en secret, effrayant une armée D'une sourde rumeur habilement semée, Préparer un désastre ?
CIMBER
A qui? Moi je pensais Qu'il était un tyran, que tu le haïssais.
CASCA
Oui, je hais le tyran, je voudrais le combattre Les armes à la main.
CIMBER
Je ne veux que l'abattre ; Qu'il meure, et tout est bien. Qu'importent ses soldats, Complices achetés, aidant ses attentats, Qui fondent sa puissance en servant à sa gloire El qui le feront roi du droit de la victoire.
I ÊSAR.