I.A MAISON DE POMPÉE
POMPÉE
Dans Rome! et le triomphe? as-tu donc obtenu D'entrer auparavant?
Caton n'a pas voulu Qu'avant de triompher je misse un pied dans Rome. Il a cité des lois.
POMPÉE
Ah ! je reconnais l'homme, Il en a fait autant pour moi-même autrefois. Caton est odieux, des lois, toujours des lois !
Nous en sommes bien là.
POMPÉE
Tu perds donc l'espérance Du triomphe, c'est dur.
L,n»versi£j-
3I3UOTHECA
• riens'v*
10J « ÊSAR.
raime mieui la puissance.
Comme il s'agil pour moi du consulat, que j'ai Besoin d'être présent, je me rois obligé D'abandonner l'éclat pour saisir le solide.
POMPÉE
Le triomphe est pourtant bieo beau, pQmpe splendide, Quand le triomphateur debout et radieui
Sur un char éclatant s*a?ance, égal aux dieux, Que chacun l'applaudit, que chacun le regarde, Quand, suivi des soldats, il a pour avant-garde
iptifs, quand les rois suppliants, enchaînés, Courbent devant son char leurs fronts découronnéf Quand les trésors d'Asie et les marbres de Grèce , Tout ce que l'univers enferme de richesse, Tout ce qu'ont d'inconnu les plus lointains pays, Rehausse encor sa gloire aux regards éblouis. Ainsi dans mon premier triomphe... car j'en compte Déjà trois.
CÉSAR I |>arf.
Il est long Magnus, quand il raconte Ses hauts faits.
POMPÉE
Je voulais, de l'Afrique vainqueur,
Avec quatre éléphants, entrer, quand, sort moqueur-
La porte de la ville, û porte maladroite!
Pour tout cet attelage elle était trop étroite.
Eh ! bien, tant de succès, tant d'exploits triomphants
Ne m'ont pas consolé de mes quatre éléphant.-.
Cependant, ton dernier triomphe était de sorte A te faire oublier cette lâcheuse porte.
PREMIÈRE PAR l IK l'»l
l'OMl'KK.
il est Miii. l'on voyait là vingt fois répétés, Les noms dr> mis vaincus el des peuples domptés. C'était Ponl et Colchide et .Mésopotamie, El puis la Cappadoce el la Paphlagonie, Ciliciens, Phéniciens, Ibériens, Albaniens, Médes, Arabes, Juifs, Syriens, Arméniens.
Pour moi j'avais fait choix, aux lois de la patrie Ayant rapidement enchaîné l'Ibérie, De trois mots que je compte employer derechef : Je suis venu, j'ai vu, j'ai vaincu.
POMPÉE
C'est hien bref
Laissons l'amusement des foules curieuses, Le triomphe, et parlons de choses sérieuses. C'est demain des consuls la nomination.
Serai-je élu0
POMPÉE
Je dis, sans hésitation, Oui, car tous mes amis sont pour toi, — chose faite
Il nous faudrait Crassus.
POMPÉE
Ah! Crassus, pauvre tête.
Nous n'avons pas besoin de ce riche intrigant. Un triste général.