LA MAISON DE CRASSUS
CRASSl S.
Te voilà revenu, César, de ta campagne. Comment as-tu trouvé la province d'Espagne?
L'Espagne est un pays très-riche, un vrai trésor.
CRASSUS
Où les lleuves, dit-on, à plein flot roulent l'or. CÉSAR.
Pas tout à fait. Pourtant, dans l'heureuse Bétique, Et, bien qu'elle ait perdu de sa richesse antique, J'en ai trouvé du moins assez pour m'acquitter, Et recueillir ceci que je viens l'apporter.
Quatre esclaves courbes sous un coffre le déposent aux pieds <!<■ CrMMM CRASSUS avec Jote.
Ce coflïe est bien pesant
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C'est qu'il contient peut-être
\ part.
Tu peu plus, l'intérêt, tu sens... Il D'est pas maître De sa joie.
I > César, je l'ai toujours prédit, Tu seras grand, plus grand que Magnas, comme on dit, Tu seras Maximus. Tu sais que je m'emploie
Regardant !e coffre.
A le faire nommer consul. Ah !
CÉSAR A part.
De sa proie
liant.
Son regard ne saurait se détacher... Crassus, Je viens de voir celui qu'on appelle Magnus. Il grandit en effet, chaque jour, sa puissance S'est encor, je le vois, accrue en mon absence.
CRASSUS
Hon ! c'est un glorieux.
Oui, mais sa faction Est forte, il a gagné plus d'une légion, Et nous devons de lui tous les deux tenir compte.
CRASSUS
Si nous nous entendons, sa chute sera prompte.
Non, Crassus, et crois bien qu'il faut en ce moment Le ménager, sans quoi, demain, certainement
Je ne suis pas consul : en ce cas que deviennent
\ i projets d'an pouvoir futur? d'autres l'obtiennent.
Impossible.
Crois-moi, j'y suis Intéressé.
De n'allier à lui je n'étais pas pn J'aurai.» avec toi seul bien préféré m'entendra. A la nécessité le sage doit se rendre,
Et j'entends par le sage un homme de bon sens Qui sait s'accommoder aux faits, les tout-puissants Les vrais dieux de ce monde. Il faut avec Pompée Etre d'intelligence; il nous faut son épée, De son autorité savoir armer nos mains, Il nous faut avec lui gouverner les Romains.
CltASSUS.
Il voudra qu'on l'admire et toujours qu'on le loue.
De louanges il est avide, je l'avoue.
Soit, nous l'admirerons et le louerons si bien Qu'à deux nous ferons tout et qu'il ne fera rien. Et puis, il aime à vaincre, à briller dans la guerre ; On pourra l'envoyer jusqu'au bout de la terre Chercher pour sa valeur un théâtre très- loin. D'enflammer ce désir de vaincre j'aurai soin, Et pendant qu'il ira là-bas, tous deux ensemble Nous resterons à Rome, au pouvoir, que t'en semble9
CHASSUS.
Ah I je préférerais qu'il en fût autrement.
Moi de même, il le faut.
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ç n\ p g i - Tu crois ''
ÇfiS \ i;.
Absolument.
Ci; kSSUS.
Allons, je me soumets ou plutôl je m'immole
Au bien publie, an tien.
RÉ8 in.
Ain s i j'ai ta parole, Et tu verras Pompée.
crassis.
Eh! sans Moule.
Demain?
CRASSUS
Demain.
Il sort.
Je tiens Pompée et Crassus Mans ma main.
CÉSAR seul.
Me voilà donc, consul. Dès ce moment mon rôle Est très-simple; obtenir la province de Gaule.
i. Gaule a conquérir, théâtre glorieux,
Où sur moi des humains seront fixés les yeux.
i 'est près de l'Italie une vaste conta
A peine découverte, encor presque ignon
Des peuples belliqueux, les enfants «le Brennus
Seuls de nos ennemis dans Rome un jour venus.
Plus que de l'orient les nations célèbres,
Ces nations du Nord dans leurs bois, leurs ténèbres,
Les vaincre, excitera l'imagination
I» s Romains, fera naître une admiration
Plein»' d'êtonnement, par l'effroi redoublée,
D'étrange, d'inconnu, de merveilleux mêlée.
h'1 plus, je serai proche, à portée et suivant
Sans peine du regard ce théâtre mouvant,
Ou du monde le sort s'agite et se consomme,
Kt s'il est Décessaire... en quelques jours à Rome !
nui, la Gaule... il me faut, si je veux l'obtenir,
Le peuple, de lui seul dépend cet avenir.
Eh bien ! j'aurai le peuple et ferai pour lui plaire
Ce que jamais consul encore n'osa faire,
Plutôt que de flatter des grands ambitieux,
Des -eus qui peinent moins et ne valent pas mieux.
LE FORUM
CÉSAR consul à la tribune— Dans la foule, VATIMI'S. tribun Itftoné à César, LE vu i.i.ï \u;r. c\i< v u Cl LLOS, I N AMI DE U Cl I.l.lS. ensuite POMPÉE et BIBILLS.